Ce jour où l'on découvre que l'on n'est pas aimé de tout le monde. Qu'on ne le sera jamais, quelques efforts que l'on déploie, et même qu'on répugnera à certaines personnes. Qu'elles nous vomiront.
Dans la famille, paternelle comme maternelle nous étions bilingues dès le berceau : nous apprenions l'antisémitisme en même temps que le français.
Le travail est la plaie des classes qui boivent.
C'est agréable de voir des gens si heureux.
Il y a des femmes dont l'infidélité est le seul lien qui les attache encore à leur mari.
Comme il y a des fièvres qui viennent et partent au rythme du voyage, il y a des paroles et des pensées qui jugent et condamnent au rythme de la vie.
Dans un monde sans mélancolie, les rossignols se mettraient à roter.
Dans un monde où l'information est une arme et où elle constitue même le code de la vie, la rumeur agit comme un virus, le pire de tous car il détruit les défenses immunitaires de sa victime.
Le poète achemine la connaissance du monde dans son épaisseur et sa durée, l'envers lumineux de l'histoire qui a l'homme pour seul témoin.
Dans ce monde de misère le bonheur est vite enterré.
Il avait cet air las et épuisé des navires qui s'en reviennent du bout du monde, et non sans cause, car dans son court voyage il avait été très loin, jusqu'à entrevoir même les côtes de l'Au-delà, de ce grand [...] ► Lire la suite
Les interminables amours épistolaires des romantiques n'auraient pas eu cours s'il y avait eu le téléphone à cette époque.
Le doute modeste est appelé le phare des sages.
La photographie a ouvert des horizons illimités à la pathologie du progrès, puisqu'elle nous a incités à déléguer à la multitude de nos machines de vision le pouvoir exorbitant de regarder le monde, de le représenter, de le contrôler.
Un homme qui n'a rien à voir avec son propre temps n'a aucune conscience de son intrusion dans celui des autres.
L'exilé, ce n'est pas celui qui part, puisque celui qui part va toujours découvrir un autre monde qu'il ne connaît pas et qui pourrait apporter un certain excitant à sa vie ; l'exilé, c'est celui qui reste.
La tribu des il-n'y-a-qu'à est la plus redoutable.
Qu'est-ce que la vie, après tout ? La vie, c'est une série d'interruptions !... Dès que quelque chose va bien, il faut changer.
Juste semer quelques graines, et les abandonner au temps. Surtout ne rien précipiter. Se contenter du moindre signe. Devenir allié du silence, ami des jours perdus.
Ce n'est point le perfectionnement des machines qui est la vraie calamité ; c'est le partage injuste que nous faisons de leur produit.
Le monde ne peut pas passer son temps à regarder en arrière et à entretenir les haines du passé. On ne progresserait pas sinon.
- Toute ma vie est un labyrinthe, je fais toujours des hauts et des bas ! Tiens, le mois dernier je bouffais des nouilles pour m'en sortir et demain des femmes rempliront mes poches avec des diamants ! Aujourd'hui je suis l'idole [...] ► Lire la suite
Et comme si la nature, elle aussi, avait voulu ajouter à cette impression d'Islam, les toits de ces églises sont couverts des mêmes herbes folles et des mêmes pigeons qu'on voit partout sur les mosquées du Maroc.
Dans l'art, la rébellion se consume et se perpétue dans l'acte de création réelle, pas dans la critique ou le commentaire.
Mon objectif, ce n'est pas de construire la société de demain, c'est de montrer qu'elle ne doit pas ressembler à celle d'aujourd'hui.
J'ai été une star ! Ce qui ne veut absolument rien dire. Je suis comme les oiseaux, ce qui m'est tombé dessus, je l'ai pris, sans le refuser, ni faire des pieds et des mains pour l'obtenir.
On peut pas rester ici, c'est le pays des chauves-souris !
Crèches, écoles maternelles : dès que l'enfant commence à reconnaître des formes, il est façonné par une pensée politique. La première couleur qu'on lui fait aimer est le rouge. Les premiers gestes qu'il imite sont révolutionnaires - lever le poing, en frappant le sol du talon. Les premiers chants sont des hymnes guerriers.
La nature de notre esprit nous porte à chercher l'essence ou le pourquoi des choses.
Le bonheur vient de l'attention prêté aux petites choses, et le malheur de la négligence des petites choses.
L'homme qui s'attache à cueillir les plaisirs comme des fleurs, est saisi par la mort qui l'emportera comme un torrent débordé emporte un village endormi.