Quand on se comprend, c'est qu'on a rien à se dire.
La vision que l'on a de soi est toujours approximative : même si l'on a plus ou moins apprivoisé son physique, même si l'on veut bien se reconnaître quelques défauts et quelques qualités.
L'âge ne sépare pas les êtres qui se ressemblent.
Les heures de bonheur, on les a pour la vie, mais les heures perdues ne se rattrapent jamais.
Il faut, à certaines heures, que l'homme soucieux, anxieux, tourmenté, se retire dans la solitude et qu'il ouvre un livre pour y chercher un principe d'intérêt, un thème de divertissement, une raison de réconfort et d'oubli.
L'homme cultivé croit toujours qu'il se doit de protéger la nature alors qu'en fait, il est totalement dominé par cette dernière.
C'est assez facile de se perdre. Avoir des enfants est vraiment utile. Ils vous désabusent assez rapidement de la notion de votre grandeur.
- Le Thessalien que vous affronterez, jamais je n'ai vu quelqu'un d'aussi grand. Moi je refuserais de le combattre. - C'est pourquoi personne ne se rappellera ton nom.
- Ton prix inclut les baffles ? - Pas question d'inclure les baffles, pas question d'inclure l'ampli et il n'est pas non plus inclus dans le prix que tu me gonfles avec tes questions à la con. Tu la veux, tu [...] ► Lire la suite
La souffrance en soi est une absurdité, c'est seulement l'homme dans la souffrance qui peut prendre de la valeur ou se défaire.
Quand la bourse se rétrécit, la conscience s'élargit.
Les poèmes se font à peu près comme les canons : on prend un trou, et on met quelque chose autour.
Se marier c'est être aussi bien avec elle que si on était tout seul.
Il y a un mystère dans les voies qu'empruntent nos enfants pour se séparer de nous. Elles passent souvent par un moment d'effondrement individuel, un peu comme s'il fallait mourir pour vivre.
Dans la vie, on se tire souvent des situations compliquées en ne disant rien.
C'est le lot des mal-aimées de se raccrocher des heures voire des jours à des bouts de phrases écervelées.
Pour celui qui bosse sur un chantier, le troquet est un havre, une gourmandise, un endroit où l'on se réchauffe et où l'on discute.
Se venger d'un faquin, c'est se déshonorer. Mépriser sa lâche insolence, c'est toute la vengeance qu'un noble coeur en doit tirer.
D'autres jouaient à se laisser tomber la tête la première d'en haut d'une échelle, et celui qui, tombant de la plus grande hauteur, arrivait à se relever dans les dix secondes, recevait le titre de champion et beaucoup d'applaudissements.
Mais aujourd'hui encore je pardonne difficilement, aux intellectuels surtout, la complaisance, sinon la complicité devant l'erreur. Ils ont le droit de se tromper, pas de tromper les autres, même par prudence ou tactique, par solidarité ou par discipline. Par discipline ! Un intellectuel discipliné est-il un intellectuel ?
Plus on change, plus on a de chance de se tromper.
Bien des coeurs se brisent sans pouvoir verser aucune larme.
Rien n'enhardit à commettre une faute, à courir un risque, comme la pensée de se savoir absous d'avance...
Mal inspiré celui qui se crierait son propre contemporain.
Nous vivons dans un monde où des activités de plus en plus nombreuses et pressantes concurrencent toujours plus durement celle qui consiste à se préoccuper de la poésie, que ce soit dans les livres ou dans le rapport à soi.
Elle pleure pour tellement de raisons qu'elle n'a pas envie d'y penser. C'est toute sa vie qui lui revient dans la figure. Alors, pour se protéger un peu, elle se qu'elle pleure pour le plaisir de pleurer et c'est tout.
La richesse est un épais matelas, elle amortit les chutes, permet de se relever.
Je crois que Berlioz a trop aimé Shakespeare, Byron et Goethe ; lui-même l'a avoué sans en avoir conscience. Il appelle Goethe et Shakespeare les « explicateurs de vie ». Ce mot, quand on y réfléchit, est terrible. On assiste [...] ► Lire la suite
Le moteur qui reçoit et accepte tous les coups de pilon finit par se trouer un jour.
La vie se prête, ne se rend pas. Elle se perd comme un livre que l'on confie et que l'on ne revoit jamais.
Les oeuvres d'art se divisent en deux catégories : celles qui me plaisent et celles qui ne me plaisent pas. Je ne connais aucun autre critère.
Lorsque l'on se défait d'un vice, on s'éprend d'un autre.
Dieu se choisit : il n'est pas ce qu'il est, il est ce qu'il veut.
Les imbéciles ne pensent qu'à partager leurs merveilles avec la multitude, ce qui est le plus sûr moyen de perdre son butin, et surtout de le voir se muer en une chose vulgaire.
Le sage se réfugie dans les livres des Anciens et n'y apprend que de froides abstractions ; le fou, en abordant les réalités et les périls, acquiert à mon avis le vrai bon sens.
Le corps électoral se réduit de plus en plus. Ca frôle le foetus !
Je crois que pour vivre vieux, il faut se résoudre à ne jamais faire debout quelque chose que l'on peut faire assis et à ne jamais faire assis quelque chose que l'on peut faire couché.
J'ai compris avec toi que le plaisir n'est pas quelque chose qu'on prend ou qu'on donne. Il est manière de se donner et d'appeler le don de soi de l'autre. Nous nous sommes donnés l'un à l'autre entièrement.
Les morts n'ont pas de noms. Et nous ne devrions pas non plus. Sans nom ni passé, ceux d'entre nous qui sont assez forts pour être encore vivants ici peuvent se connaître à un niveau primitif.
Si Chuck Norris se prend une balle, c'est la balle qui meurt.
Une civilisation me paraît se définir à la fois par des questions qu'elle pose et par celles qu'elle ne pose pas.
C'est le miroir qui se mire dans la femme.
Dans ce monde, l'on n'a que la terreur pour se défendre contre l'angoisse.
Il n'est pas difficile de parler avec un être humain, d'embrasser un être humain, de se marier avec un être humain, de mettre au monde un être humain. Ce qui est difficile et seul intéressant, c'est d'avoir un être humain.
L'on croit se libérer (et de quoi ?) en écrivant et à écrire, on s'emprisonne. L'on crée des personnages qui nous enchaînent et l'on a peur de revivre leur destinée.
L'idée du combat échappe à ceux qui le font. Ils sont condamnés à se battre. Ils se cherchent, ombres et silhouettes ; ils ont besoin de l'autre, pour éteindre une haine, comme le feu a besoin d'eau.
Qu'est-ce que le monde deviendrait s'il pouvait un jour donner une réponse à toutes les questions qu'il se pose ? Aussi longtemps qu'il faudra chercher, la vie sera supportable...
Les jeunes gens surtout devraient se mettre en tête cette maxime véritable que plus on lit, plus on a d'esprit.
Dès que les hommes de lettres se mettent à écrire, ils cessent de lire les oeuvres de leurs confrères.
Le temps n'est pas un jeu, c'est un verdict auquel nul ne peut se soustraire.