Le premier homme ne se sentait pas seul puisqu'il ne savait pas compter.
Si tous les économistes se tenaient par la main, ils n'arriveraient même pas à une conclusion.
Les amants en allés viennent à peine de se rencontrer, ils sont étrangers de s'être tant connus.
Un homme qui se connaît bien est nécessairement modeste.
Celui qui ne se soucie pas du but, ne demande pas où il va !
Le bonheur, c'est d'ouvrir le journal et de ne pas se voir dedans.
C'est quand il se retrouve pensif que l'on doit observer le technocrate.
Les biographies se terminent généralement par la mort du sujet étudié, conclusion naturelle dont ne bénéficient pas les autobiographies.
Autour de nous, les étoiles continuaient leur marche silencieuse, dociles comme un grand troupeau ; et par moments je me figurais qu'une de ces étoiles, la plus fines, la plus brillante, ayant perdu sa route, était venue se poser sur mon épaule pour dormir.
Ce qu'on ne dit pas n'en existe pas moins, et tout ce qui est se devine.
Que l'homme soit disposé à céder à la nature ou à s'opposer à elle, il ne peut se passer d'une compréhension correcte de son langage.
Je crois qu'on peut vivre plusieurs vies grâce à son style personnel. Chaque jour est une occasion de se réinventer.
Mon idée d'une vraie féministe est une femme qui se sent suffisamment libre pour faire ce qu'elle veut.
Se cultiver, c'est devenir ce qu'on est.
Les femmes n'iront pas au Paradis, car il est dit dans un verset de l'Apocalypse : "Et il se fera au ciel un silence d'une demi-heure".
Les gens qui ont le menton en galoche et dont les dents se déchaussent y mettent vraiment de la mauvaise volonté.
Il est plus facile que l'on croit de se haïr. La grâce est de s'oublier.
Rêver, c'est se désintéresser.
Nul ne peut apprendre aux autres à se libérer s'il n'a pas commencé à se libérer lui-même.
Si la destinée ne nous aide pas, nous l'aiderons nous-même à se réaliser.
Chez les Saxons, on pendait la femme adultère ou on la brûlait. Chez les Egyptiens, on lui coupait le nez. Chez les Romains, on lui coupait la tête. Aujourd'hui en France, on se moque du mari.
Oh quel bien-être, quel bien-être indicible que de se sentir en sécurité avec quelqu'un à l'abri de tout danger, sans avoir à peser ses pensées, à mesurer ses paroles.
La réalité se mesure à l'épreuve des faits et rend les hommes plus impitoyables.
Et meure Pâris ou Hélène,Quiconque meurt, meurt à douleur.Celui qui perd vent et haleine,Son fiel se crève sur son coeur.
Une mère qui annonce les temps modernes, qui pleure ses enfants morts, s'angoisse quand ils sont malades, se sent coupable de tout ce qui les concerne, et coupable aussi de toutes leurs difficultés.
J'ai appris à essayer de penser aussi sincèrement possible ce qu'on raconte et surtout à se passer du métier parce que "avoir du métier" dans notre profession n'existe pas.
Exister, c'est ne pas se confondre avec le milieu environnant, c'est être hétérogène, c'est être différent. Chaque couleur n'est elle-même que par le contraste avec la couleur qui lui fait face. Elle n'a de valeur que dans l'opposition.
Les disputes des seigneurs se lisent sur le dos des paysans.
On guérit comme on se console : on n'a pas dans le coeur de quoi toujours pleurer et toujours aimer.
Le temps est notre supplice. L'homme ne cherche qu'à y échapper, c'est-à-dire échapper au passé et à l'avenir en s'enfonçant dans le présent, ou se fabriquer un passé ou un avenir à sa guise.
L'homme est un gros sot pensant, mes amis ! Conscient de l'absurdité de son existence et de l'absence de toute finalité, il se couvre les yeux d'un voile anesthésique afin d'échapper à ses angoisses.
Les hommes ont inventé le langage pour leur satisfaire leur envie de se plaindre.
On n'a pas trop d'une vie pour se comprendre. Le défaut, c'est de vouloir descendre en profondeur.
Les malheurs humains ont des teintes multiples : jamais ne se retrouve même nuance de douleurs.
Un véritable réaliste, s'il est incrédule, trouve toujours en lui la force et la faculté de ne pas croire, même au miracle, et si ce dernier se présente comme un fait incontestable, il doutera de ses sens plutôt que d'admettre le fait.
Faire de la politique, ce n'est pas se contenter d'ouvrir le guichet des demandes et des supplications plus ou moins menaçantes.
Parfois le mensonge explique mieux que la vérité ce qui se passe dans l'âme.
Personne ne se peut dire heureux avant la fin de la journée.
Les hommes doivent être soit traités généreusement, soit détruits, car ils se vengent des blessures légères - pour les plus lourdes, ils ne le peuvent pas.
Les deux mille ans qui se sont écoulés n'étaient rien d'autre qu'un battement de cil à l'aune du temps long de l'évolution.
Mieux vaut se mettre sérieusement à quelque chose de médiocre que de rêver éternellement à la perfection.
L'univers peut se tromper. C'est à cela que l'on reconnaît l'erreur, elle est universelle.
Un rêve devenu réalité se couvre de l'âpreté du concret et perd son cachet fantasmagorique.
La fidélité, c'est une idée creuse, une vanité aveugle, comme si on tenait quelque chose, comme si on se croyait immortel, comme on l'était.
Croire en Dieu, c'est désirer qu'il existe, et c'est en outre se conduire comme s'il existait ; c'est vivre de ce désir et faire de lui notre ressort intime d'action.
La télévision privée se préoccupe d'abord du marché économique. La télévision publique se préoccupe quant à elle avant tout de la vie démocratique.
On ne peut pas mettre tout le monde à la porte sous peine de se retrouver seul.
Du moment que je vis le matin lumineux et fier se lever et briller au-dessus des déserts du Nouveau-Mexique, quelque chose se tut dans mon âme et se mit à l'écoute...
C'est dans le plaisir - mémoire du passé ou espoir en l'avenir - que le sage se régénère.
Faire le bien autour de soi. Question de périmètre. Moins il est étendu et plus on se fait de bien à soi-même.