Partout où l'homme veut se vendre, il trouve des acheteurs.
Les enfances se ressemblent toutes, dans leur grandeur comme dans leur misère originelles. On ne connaît guère mieux son enfance que les enfances inconnues et secrètes des autres enfants.
L'enfer n'est plus sous nos pieds mais dans nos têtes parce que l'imagination et le rêve se meurent.
Les hommes politiques finissent toujours par se convaincre plus ou moins de ce qu'ils veulent faire croire à leurs électeurs.
Le destin se moque des hommes.
De quelque superbe distinction que se flattent les hommes, ils ont tous une même origine, et cette origine est petite.
Dans les choses l'homme ne peut que se perdre et se disperser.
Tu es maladroite comme un enfant qui se précipite, mais je te pardonne car tu m'as sauvé de ce précipice.
On commence à se méfier des personnes très avisées dès qu'elles sont embarrassées.
C'est une souffrance de regarder le passé, de se dire inévitablement j'aurais pu faire plus, mieux, différemment...
Le sucre ne se borne pas à rendre agréables d'autres aliments qui ne le seraient point sans lui ; il les rend encore plus sains.
Quand une femme commence à faire remarquer qu'elle est honnête, il est temps de se méfier.
On se surprend à marcher sur le bord du trottoir comme on faisait enfant, comme si c'était la marge qui comptait, le bord des choses.
Juger autrui, c'est se juger.
Qu'il est bon de se dévêtir de soi jusqu'à ne plus se reconnaître pour aller vers celui qui vous aime !
L'espérance se trouve parfois mauvaise mine quand elle se regarde dans les miroirs.
C'est quand on a tout perdu qu'on se retrouve.
Pourtant, avant de prendre leur décision, rares sont les femmes (et les couples) qui se livrent lucidement au calcul des plaisirs et des peines, des bénéfices et des sacrifices.
J'adore la mode féminine, mais les femmes n'ont pas autant besoin de moi que les hommes. Ce sont les hommes qui n'ont rien à se mettre.
Le malheur commence quand les mots ne se suffisent pas à eux-mêmes.
La vie coule... On ne la sent pas. Elle glisse sur nous ; on se retourne : elle n'est plus là.
Quand le Christ fut ressuscité, il apparut d'abord à des femmes pour que la nouvelle se répande plus vite.
Il en va de l'érotisme comme de la danse : l'un des partenaires se charge toujours de conduire l'autre.
Pour trouver Dieu en réalité, il faut descendre jusqu'à cette profondeur de soi où l'homme n'est plus qu'image de Dieu ; là même où au jaillissement de soi, il ne se trouve plus que Dieu.
Quand on est vide d'amour on n'a qu'à se remplir de haine, comme ça tout va mieux.
L'orgueil que nous inspirent les enfants ne vient jamais du coeur, et se paie souvent cher.
En France l'argent est un vilain péché. C'est pourquoi de plus en plus de Français vont se confesser en Suisse.
Chaque poète se taille un langage dans le langage comme s'il découpait un étendard dans le parquet de l'univers, un tapis volant, un autre monde, un Mexique, un lexique. Mais c'est l'ensemble du langage ainsi, qu'il pervertit, déroute, exalte et restitue.
J'ai décidé d'affronter la réalité, alors dès qu'elle se présente bien, prévenez-moi.
Il faut le dire : il y a trop de grands hommes dans le monde ; il y a trop de législateurs, organisateurs, instituteurs de sociétés, conducteurs de peuples, pères des nations, etc. Trop de gens se placent au dessus de l'humanité pour la régenter, trop de gens font métier de s'occuper d'elle.
Nous disons souvent au Tibet qu'un homme qui est fort peut se permettre d'être doux tandis que les vantardises et les fanfaronnades sont le propre des faibles.
Le pardon fonctionne de deux manières, dans la plupart des cas. Les gens doivent aussi se pardonner. Les puissants doivent se pardonner leur comportement. Cela devrait être un processus sacré
Ils se marient, car tous les deux ne savent que faire d'eux-mêmes.
Epouser sa maîtresse, c'est à se demander s'il ne vaut pas mieux épouser celle des autres.
La plupart des hommes qui prospèrent en ce monde oublient ce faisant de vivre et de prendre du plaisir, se réservant pour le jour où ils seront suffisament riches, alors qu'ils ne seront plus en mesure d'en profiter.
Le bourgeois ne se dissipe pas, il se remplit. Il n'aime pas, il s'approprie. Il n'éjacule pas, il retient.
Les choses et les phénomènes se transforment, passent à leurs opposés, reviennent changés, mais ce qui fait que les choses sont les choses n'est pas une chose et reste fixe.
C'est contre le crime d'amour que se font tous les crimes.
Un artiste est quelqu'un qui se lève le matin et se couche le soir en pensant à l'art.
Derrière chaque nombre se trouve une personne, une victime, dont l'histoire individuelle est horrible.
Dans les maisons modernes, il y a deux sortes de voisins : ceux du dessus qui font toujours du bruit, et ceux du dessous qui se plaignent toujours pour rien.
Travailler sans en avoir envie, ça n'est pas un travail qu'on fait, c'est une besogne. Et c'est à ces moments-là qu'on se rend compte à quel point l'on a peu de mérite à faire les choses qui vous plaisent.
Il faut faire preuve d'une grande modestie et se garder de prendre pour argent comptant les affirmations des spécialistes pour qui chaque question a toujours une réponse.
Se marier à l'église et à la mairie, c'est ficeler un paquet avec un double noeud. On a tellement peur que ça ne tienne pas !
Cave : on y descend pour se remonter.
Bien des gens commentent les horreurs qui frappent les autres comme s'ils étaient très soucieux de les aider, alors qu'en réalité ils se complaisent à la souffrance d'autrui, par ce qu'elle leur permet de croire qu'ils sont heureux.
Nous avons beaucoup d'écrits où l'on se refuse à convenir qu'il existe un Dieu. Mais nul athée, tant que je sache, n'a réfuté de façon probante l'existence du diable.
Il y en a trois qui se partagent le monde de leurs sectes et de leurs doctrines : Moïse, Jésus, Mahomet ; Moïse, le premier rendit fous les juifs ; Jésus les chrétiens ; Mahomet les païens.
Rien n'est plus beau chez l'homme que le don de pitié, reçu dès l'enfance ; il lui permet de vivre et de vieillir sans se plaindre de ne pas pousser à la roue de l'univers.
En amour, il suffit de se plaire par ses qualités aimables et par ses agréments. Mais en mariage, pour être heureux, il faut s'aimer, ou du moins, se convenir par ses défauts.