La vie coule... On ne la sent pas. Elle glisse sur nous ; on se retourne : elle n'est plus là.
Les animaux se repaissent ; l'homme mange. L'homme d'esprit seul sait manger.
L'amour platonique : c'est l'amour qui se situe au-dessus du cou.
Dieu a eu besoin des hommes, et les hommes se sont servis de Dieu, cela dit tout.
La vie d'un peintre, c'est à rebours qu'elle se déroule : le peintre naît vieux.
Qui accepte de se frotter aux renards pouilleux consent déjà à se gratter.
C'est quand ils se conduisent comme tout le monde que les génies manifestent le mieux leur supériorité sur le commun des mortels.
L'homme pense pour retenir la pensée qui d'elle-même se dissout.
Une vieille dame qui s'amuse ne se déplace pas dans l'espace comme une vieille dame que la vie pousse sans raison, ainsi qu'un joueur blasé son pion sur l'échiquier.
Il y a des gens qui, toute leur vie, se contentent de dire : "Évidemment ! Parfaitement ! C'est horrible, admirable, extravagant, bien curieux." Par eux-mêmes ils n'ont aucune valeur, mais ils sont d'un grand secours à autrui : ils lui servent de verbes a
Les amis se reconnaissent dans leurs blessures.
Point besoin d'astrologues, de chiromanciens ni d'horoscopes pour entrevoir ce que notre vie sera. Elle se lit en nous.
Ses définitions de la tactique et de la stratégie reflètent cette approche. Les deux se caractérisent par une fin (victoire/but militaro-politique) et un moyen particulier (forces armées/combat).
Voir le jour se lever est plus utile que d'entendre la Symphonie Pastorale.
On ne se doit qu'à l'enfant qu'on a été.
Si la connerie était de l'essence, on pourrait se passer des Arabes.
Les fleuves et les femmes se livrent à des débordements : les premiers en sortant de leur lit, les secondes en y entrant.
La personne que nous aimons sans être aimé voit dans nos générosités une dépendance de plus qu'elle contracte envers nous et rien ne lui répugne davantage que de sentir se multiplier les liens la joignant à qui elle n'aime pas.
Comme si cela s'inventait, le bonheur ! Cela se trouve et se prend.
C'est horrible de se rendre compte que vous n'apprenez à vivre que lorsque vous êtes sur le point de mourir.
Si vous êtes sûr de comprendre tout ce qui se passe, vous êtes irrémédiablement à côté de vos pompes.
On ne se repose bien et on meurt content que là où l'on a vécu heureux.
Comme c'est difficile, dans le fond, de se prévaloir du vrai pour inventer la vérité même.
Les hommes s'aiment entre eux, quand ils ne se connaissent pas.
On acquiert rarement les qualités dont on peut se passer.
Discuter, c'est comme se faire des abdominaux dans la tête.
Mais ce qui est proprement insensé, c'est que le mental considère comme le monde véritable celui de sa fabrication, qui n'a, je ne le redirai jamais trop, aucune existence d'aucune sorte, et c'est par rapport à ce monde totalement chimérique qu'il se permet de juger le monde réel.
Les gens sont formés pour adorer les dirigeants. Alors que la liberté est oubliée par beaucoup, il y en a toujours qui ne se soumettront jamais.
Que celui qui doit venir, se casse la jambe en chemin !
Quand j'pense que des enfants se lève en France, seul. J'rente le ventre et j'affronte le vent.
- Il te faut un guide médical pour quoi foutre ? - Pour voir, j'ai jamais fait de piqûre d'adrénaline ! - Quoi, t'as jamais fait d'injection ? - Nan, j'en ai jamais fait, j'me défonce pas avec des Connasses, et mes amis [...] ► Lire la suite
Ici peut-être plus que nulle part ailleurs, les Français qui se trouvent occupés, qui s'y trouvent en activités, intellectuelle, économique, technique, scolaire, religieuse, tous ces Français là nous représentent.
Durant la vie, on reste assis sans se reposer. Une fois mort, on se repose sans s'asseoir.
L'artiste doit se faire regretter déjà de son vivant !
Ne pouvant se corriger de sa folie, il tentait de lui donner l'apparence de la raison.
Savoir se rendre antipathique, c'est bien ; savoir se rendre odieux, c'est mieux.
On appelle les comédiens des cabots, parce qu'ils se sauvent quand on les siffle.
Les Anglais ont appris au monde la façon de se tenir correctement à table. Mais ce sont les Français qui mangent.
Le génie est fait pour éclater dans une apothéose fertile ou destructive, qui se nichera un jour dans un tome poussiéreux d'une encyclopédie quelconque.
Une strip-teaseuse prouve que si les femmes n'ont jamais rien à se mettre, il leur faut toujours du temps pour l'enlever.
Le progrès, c'est la dégringolade. On s'éloigne de l'esprit pour se rapprocher de la terre.
En se plaignant du peu qu'on a on ne l'augmente pas. On se le gâte, on le perd.
On ne se méfie jamais assez des ambitieux qui gravitent autour d'un chef. Bien souvent, ce sont eux qui infléchissent ses actions et qui, à force de le protéger, finissent par l'isoler dangereusement.
Rien ne commence dans l'enfance, même si l'on se berce de premières fois. Tout a déjà pris racine avant, sans qu'on s'en aperçoive.
Rien d'assommant comme de s'entendre : on n'a plus rien à se dire.
Le soir seulement on peut se réjouir d'une journée qui fut bonne.
Le travail de l'esprit, pendant l'enfance, creuse dans l'âme des plaies si profondes que, parfois, elles ne peuvent plus se fermer.
On prend un croissant dans le sac. La pâte est tiède, presque molle. Cette petite gourmandise dans le froid, tout en marchant : c'est comme si le matin d'hiver se faisait croissant de l'intérieur, comme si l'on devenait soi-même four, maison, refuge.
Comme l'analyse l'écologiste Jean Zin, la norme du suffisant doit être appréhendée dans toute sa radicalité. Elle n'a rien d'une politique des « petits pas » ou d'un discours moralisateur qui viserait à responsabiliser le consommateur sans lui donner les [...] ► Lire la suite
Celui qui décide de vivre dans l'harmonie est le premier à profiter de cette harmonie, et celui qui se laisse aller à la colère, au désir de vengeance, se détruit d'abord lui-même.