La jeunesse c'est se révolter contre tout.
Les gens heureux meurent entiers ; ils se dissolvent d'un coup ; ils ont eu ce qu'ils voulaient.
Quand on va vraiment mal, se passer de docteur est parfois un remède insuffisant.
Le chagrin aiguise les sens ; il semble que tout se grave mieux dans les regards, après que les pleurs ont lavé les traces fanées des souvenirs.
Quand on sent qu'on n'a pas de quoi se faire estimer de quelqu'un, on est bien près de le haïr.
Il n'y a que les imbéciles qui se croient volés en donnant trop à une fille.
Etre jeune, c'est être spontané, rester proche des sources de la vie, pouvoir se dresser et secouer les chaînes d'une civilisation périmée, oser ce que d'autres n'ont pas eu le courage d'entreprendre ; en somme, se replonger dans l'élémentaire.
Un Etat qui n'a pas les moyens d'effectuer des changements n'a pas les moyens de se maintenir.
On fait toujours semblant de confondre les juges avec la justice, comme les prêtres avec Dieu. C'est ainsi qu'on habitue les hommes à se défier de la justice et de Dieu.
La psychanalyse est un examen où on est sûr de se faire étendre.
Les hommes ne se donnent la peine de se faire beaux que lorsqu'ils vont mourir. Comme s'ils voulaient être encore plus regrettés...
Une doctrine, quelle qu'elle soit, politique, religieuse ou sociale, ne se produit jamais sans trouver plus de contradicteurs que d'adeptes, et ne recrute quelques soldats qu'après avoir fait beaucoup de martyrs.
Il en est d'un lendemain de mariage comme de celui d'un enterrement ; après la cérémonie, chacun s'en retourne à son travail en se disant : je suis content que ce soit fini.
La philosophie, c'est toujours l'ignorance qui interprète le monde, quand immanquablement les cultes que célèbrent Les hommes se font les visions même que les dieux ont de nous
Au fond ceux qui se croient laborieux ne sont peut-être que des paresseux qui s'ignorent.
La renommée des grands hommes devrait toujours se mesurer aux moyens dont ils ont usé pour l'acquérir.
L'homme est un être difficile qui se crée ses propres tourments.
Remplir les journées, les soirées, occuper les jambes, les têtes, les mains, les ventres, les yeux ! Surtout ne pas se poser de questions. Rien qui puisse arrêter le va-et-vient général : consommer / produire, consommer / produire !
Les lois de l'humour sont très sévères : on ne peut pas se moquer des victimes, des noirs, des homos, des musulmans, des juifs, des handicapés... moi je dis : de qui se moque t-on ?
La plupart des golfeurs se préparent au désastre. Les bons golfeurs se préparent pour réussir.
Les liens se forment sur une première impression qui s'appelle l'image.
Le poète est passé : un remous dans l'argile se dresse en monument, avec soudain le bras qui se profile, la lèvre et l'oeil aimants.
Je crois que l'homme ne se contentera pas d'endurer, il l'emportera... parce qu'il a un esprit capable de compassion, de sacrifice et d'endurance.
Un musée ne peut être un lieu où on se contente de montrer.
Notre oeil trouve dans le monde sa raison d'être, et notre esprit s'éclaire en se mesurant avec lui.
Afin de se maintenir, l'économie est en permanence obligée de créer et de répandre davantage de technologie. C'est comme si l'enfant à naître dévorait sa mère dans le ventre de celle-ci.
Se méfier des penseurs dont l'esprit ne fonctionne qu'à partir d'une citation.
On se brise même quand on est jeune et on se refait, mais on ne se refait pas jusqu'à redevenir intact.
Tous les enfants se résorbent entre douze et treize ans.
Tout se passe comme si l'humanité se savait immortelle.
Il est toujours important de lever la tête quand tu marches. La vie, ça ne se passe pas par terre. Tu lèves les yeux et tu aperçois du linge aux balcons et des enfants aux fenêtres, un peu de joie, de la misère quelquefois...
Avec le temps, on ne vit plus que des sentiments mitigés : plus rien n'est plein, ni les bonheurs ni les malheurs ; toute chose à son ombre, qui s'allonge et où l'on pourra se reposer.
Marcher seul, sac au dos, c'est se livrer entièrement aux dangers et aux hommes. Il n'y a nulle possibilité de fuite comme à vélo, ou d'abri comme avec une voiture.
Ne dit-on pas que l'on aime davantage ce pour quoi on se bat ?
La douleur de vivre, c'est la conscience obscure de se sentir mourir.
L'amour n'est pas seulement une flamme, c'est une forge. Aimer, c'est brûler, certes ; c'est se consumer l'un l'autre, mais pour bâtir ensemble.
Si tu es lié d'amitié avec d'autres, cette amitié se changera à la longue en respect.
Pourquoi ne pas fouetter le professeur lorsque l'élève se comporte mal ?
Peut-on tromper les autres sans se tromper un peu ou beaucoup soi-même ?
Je suis à l'âge où, si l'on ne réalise pas tout de suite ses derniers rêves d'enfant, ils se transforment l'année d'après en regrets de vieillard.
Ceux qui tombent entraînent souvent dans leur chute ceux qui se portent à leur secours.
Naître, c'est se trouver dans une mauvaise passe.
Rien ne rend si aimable que de se croire aimé.
A la guerre, il y a des questions qui ne se posent pas.
Aux orgueilleux Dieu résiste et combat, et leur orgueil soudainement se rabat.
Le bonheur c'est ce qu'on cherche quand on s'aime beaucoup soi-même et qu'on ne sait plus quoi se faire pour se faire plaisir.
L'animal est ainsi le seul être animé dont l'existence se confonde avec l'existence, et avec l'existence seule. C'est pourquoi il peut, en un sens, être considéré comme le meilleur « témoin » de l'existence, le seul témoin qui soit à [...] ► Lire la suite
Que ceux déjà qui m'en veulent se représentent ce que fut la guerre pour tant de très jeunes garçons: quatre ans de grandes vacances.
Quand on se sent voyeur c'est qu'on n'est pas assez proche des gens.
Je crois que pour en faire une oeuvre littéraire, il faut tout simplement rêver sa vie - un rêve où la mémoire et l'imagination se confondent.