On dessine pour se trouver et on rencontre les autres.
Il faut avoir le courage de regarder la mort en face : elle est là aussi dans la bêtise, les faiblesses, la laideur des autres, mais si on insiste un peu, ces mauvaises apparences se lèvent et c'est la vie qui apparaît.
L'âge ne sépare pas les êtres qui se ressemblent.
Les juges et les politiques ne se lassent pas de rappeler les principes d'une morale qu'ils bafouent allègrement.
Pour celui qui bosse sur un chantier, le troquet est un havre, une gourmandise, un endroit où l'on se réchauffe et où l'on discute.
L'Elephant Man a quelque chose à l'intérieur de lui, qui pousse dans son corps. Il n'était pas un être humain parfaitement accompli mais il avait quand même des qualités très spirituelles. C'était comme si deux choses se passaient en lui, une dans son corps et l'autre qui gardait sa personnalité si innocente et bonne.
C'est une fourmilière heureuse, une famille dont tous les membres se congratulent, une espèce de victoire, une première revanche.
Bien fou est celui qui se laisse séparer de son argent.
Le mec il est là, les lunettes, le maillot de blond, les pieds au bord de la piscine, mais attention des pieds de blond nickels, pas des pieds où t'as 2 orteils qui se disent « Laisse moi tranquille !
Il se moque gentiment de moi. Il me surnomme Cosette
Quand se décidera-t-on à prendre au sérieux les comiques ?
La valeur d'une civilisation se mesure à ce qu'elle sait non créer, mais entretenir.
Mes cheveux tombent. Mes poux n'ont plus rien pour se retenir.
Les idées folles se prennent comme les maladies et celui qui en attrape une, les attrape généralement toutes.
Il faut se dégager soi-même de la prison des affaires quotidiennes et publiques.
L'envie qui parle et qui crie est toujours maladroite ; c'est l'envie qui se tait qu'on doit craindre.
Tous les objets sont pour les grands des miroirs où leur grandeur se réfléchit. Voilà pourquoi ils aiment souvent leurs inférieurs.
On fait tout ce qu'on veut. Cela se dit quand on l'a fait et qu'on vous a laissé faire.
La vie est essentiellement solitaire et les gens mariés et non mariés diffèrent seulement en ce que nous nous sentons seuls quand nous sommes avec nous-mêmes et qu'ils se sentent seuls quand ils sont ensemble.
Les maximes, bien entendu celles des autres, me font souvent l'effet des noisettes. Du dehors, toutes se ressemblent et, au-dedans, les trois quart sont creuses.
Lorsque l'on se défait d'un vice, on s'éprend d'un autre.
Les victoires ou les défaites des peuples se mesurent à la seule échelle des civilisations.
Les femmes, toutes pareilles, ne se ressemblent qu'imparfaitement.
Ce qui se passe dans les profondeurs de l'homme se passe également dans celles de Dieu.
Il y a toutes sortes de suicides. Se laisser mourir est sans doute le plus commun de tous. Se laisser vivre revient peut-être au même. Ça dépend du tempérament. Les gens actifs se tuent, les autres sont trop paresseux.
Quand on se comprend, c'est qu'on a rien à se dire.
En histoire, il faut se résoudre à beaucoup ignorer.
L'abondance ne serait un progrès que si elle s'accompagnait de la diversité et de la qualité. Or les programmes tendent de plus en plus à se ressembler. Abondance est progressivement synonyme d'uniformité.
L'homme parfait qui se trouve dans la misère, perd son habileté ; l'homme pervers n'est puissant que quand le sort lui est favorable.
Journal intime. Relation quotidienne de cette part de l'existence que l'on peut se confier à soi-même sans avoir à en rougir.
Pour trouver Dieu en réalité, il faut descendre jusqu'à cette profondeur de soi où l'homme n'est plus qu'image de Dieu ; là même où au jaillissement de soi, il ne se trouve plus que Dieu.
Se suicider, c'est peut-être vouloir se donner une réponse à des questions qui n'en comportent pas.
On n'apprend rien que par l'amour, on ne peut savoir qu'en se donnant.
Les enfances se ressemblent toutes, dans leur grandeur comme dans leur misère originelles. On ne connaît guère mieux son enfance que les enfances inconnues et secrètes des autres enfants.
Seule la marge d'erreur ou d'ignorance qui se glisse dans l'évaluation de deux individus l'un par l'autre détermine vraiment la marge d'absence qui s'établit entre eux.
A égalité d'esprit et de lumière, l'homme né riche ne doit jamais connaître, aussi bien que le pauvre, la nature, le coeur humain et la société. C'est que dans le moment où l'autre plaçait une jouissance, l'autre se consolait par une réflexion.
Quand les nuages se forment en cirrus, s'il ne pleut aujourd'hui, il pleuvra demain.
Le dépensier vole ses héritiers, l'avare se vole lui-même.
En football, tout se joue dans la tête. Il faut se croire le meilleur et tout faire pour prouver qu'on a raison. Quand j'étais à Anfield, je disais toujours que nous avions les deux meilleures équipes de la ville : Liverpool et la réserve de Liverpool.
Les hommes se marient parce qu'ils sont fatigués. Les femmes parce qu'elles sont curieuses. Les uns et les autres sont déçus.
L'humanité masculine se répartit en deux groupes : sable ou falaise. La femme est toujours l'océan.
Le jeune oiseau se laisse tirer deux ou trois fois, mais c'est en vain qu'on tend un filet ou qu'on tire l'arc devant ceux qui ont déjà des plumes.
Un baiser d'amour, ça ne se minute pas.
Quand on a tout perdu, on se console avec des riens.
Ce qu'on désapprend des autres, on le réapprend aussitôt par soi-même et l'on n'a plus à se donner de mal pour le retenir : on le possède.
Quand on se replie sur soi-même, on risque fort de ne plus voir où l'on va.
La route du passé se mesure par les morts qu'on a laissés tout au long.
La vision que l'on a de soi est toujours approximative : même si l'on a plus ou moins apprivoisé son physique, même si l'on veut bien se reconnaître quelques défauts et quelques qualités.
Un petit garçon n'a besoin ni de montre ni de calendrier. Il passe à table quand on l'appelle, va se coucher quand on lui dit. Les heures, les jours, les années ne portent pas de numéro.
À travers la perception d'un objet, quel qu'il soit, je sens comme une espèce de préjudice causé à ma pensée. Le monde où je vis est accablé par le poids de la lumière, de cette lumière dans laquelle je ne [...] ► Lire la suite