Seuls, les hommes chastes se connaissent en amour.
Tout ce qu'on ne comprend pas se résout avec l'amour.
Plus que sur les champs de bataille, la guerre se livre comme jamais autour de symboles.
Dans le passé nous nous sommes créés à travers la comédie de la tragédie humaine, maintenant il se peut que nous nous anéantissions dans la tragédie de la comédie humaine.
Quelques-uns dirigent le vaisseau de l'Etat sans savoir où ils vont, ne paraissant préoccupés que d'une chose : se procurer à bord tous les plaisirs.
Personne ne se repose jamais vraiment, on imagine qu'on se repose ou qu'on va se reposer mais c'est juste une petite espérance qu'on a, on sait bien que ça n'existe pas, ce n'est qu'une chose qu'on dit quand on est fatigué.
Le propre de l'esprit, c'est de se décrire constamment lui-même.
Qui ne se montre point ami des vices devient ennemi des hommes.
C'est que la sagesse est un travail, et que pour être seulement raisonnable, il faut se donner beaucoup de mal, tandis que pour faire des sottises, il n'y a qu'à se laisser aller.
Ecrire ses mémoires n'est cohérent que si l'on se tue à la fin.
Il y a une minute où toutes les femmes se ressemblent, c'est quand elles tombent.
L'information peut tout nous dire. Elle a toutes les réponses. Mais ce sont des réponses à des questions que nous n'avons pas posées, et qui ne se posent sans doute même pas.
Entre malheureux, la sympathie très vite se crée.
Il est difficile à des américains, même de bonne volonté, de ne pas se prendre pour le centre du monde !
J'étais un jeune homme fou qui se laissait aveugler par ses passions et n'obéissait qu'aux impulsions du moment.
En amour, on ne s'explique pas, on se fait comprendre.
Avoir une nouvelle maîtresse est un plaisir que surpasse seulement celui de se débarrasser d'une ancienne.
Nous tirâmes de ses draps un malheureux atteint de cette affection bizarre que l'on appelle hémophilie. Ce mauvais jeu de mots signifie que le blessé aime le sang, alors que réellement il se contente de le perdre.
Il fut un temps où les femmes portaient des costumes de bain descendant jusqu'aux chevilles puis jusqu'aux genoux et ensuite aux hanches. Il se pourrait bien cette année qu'elles ne les portent même pas jusqu'à la plage.
Quand l'amphore est à sec, les amis se dispersent.
Se noyer est une mort affreuse car on meurt à petit feu.
Quand l'Histoire se charge de faire du théâtre, elle en fait du bon.
Les simples ont quelque chose de plus que les docteurs, qui souvent se perdent à la recherche des lois les plus générales. Ils ont l'intuition de l'individuel.
Les sociétés modernes civilisées se définissent par un procès de décodage et de déterritorialisation. Mais, ce qu'elles déterritorialisent d'un côté, elles le reterritorialisent de l'autre.
Énorme, immobile, assis sur son train de derrière, il était là regardant la petite chèvre blanche, la dégustant par avance. Comme il savait bien qu'il la mangerait, il ne se pressait pas ; seulement quand elle se retourna, il se mit à rire méchamment.
Les gens médiocres cherchent à se faire valoir par une sévérité inexorable.
Si l'on se forme soi-même suivant les conseils qu'on donne aux autres, alors, bien dirigé, on peut diriger autrui. En effet, il est difficile de se maîtriser.
En somme, les plus purs chefs-d'oeuvre sont ceux où l'on ne trouve plus aucun déchet inexpressif de formes, de lignes et de couleurs, mais où tout, absolument tout se résout en pensée et en âme.
Les paroles que l'homme se dit à lui-même, le ciel les entend comme le tonnerre.
L'inspiration est largement surestimée. Si vous restez assis et attendez que les nuages se séparent, cela ne risque pas d'arriver. Le plus souvent, le travail est salvateur.
Le plus déroutant est d'enchaîner les films. À force, on se coupe d'un quotidien nécessaire.
C'est effarant d'observer que des centaines d'heures de débats se dévident sans que rien ne soit réellement dit.
Les nations étant inévitablement plus bêtes que les individus, toute pensée a le devoir de se sentir en révolte.
Les hommes commencent par l'amour, finissent par l'ambition, et ne se trouvent souvent dans une assiette plus tranquille que lorsqu'ils meurent.
Des passions qui entraînent les êtres, seul se libère l'homme qui se maîtrise.
Scobie va sur ses soixante-dix ans et il a toujours peur de mourir; il a peur de se réveiller un beau matin et de s'apercevoir qu'il est mort.
Votre étude sur la dépendance fait largement réfléchir. Comme toutes les choses très simples et qui, rappelées à l'esprit, soudain apparaissent évidente, on n'avait jamais pensé à y penser. Et voici que vous obligez à le faire et que s'ouvrent des horizons infinis. On se découvre soumis à un nombre de dépendances quasiment illimité.
La meilleure façon de réaliser un rêve est de se réveiller.
Tirez trop fort les vers du nez d'un homme, et ses secrets s'envolent comme un papillon craintif. Il faut les approcher doucement, attendre qu'ils viennent se poser délicatement sur le bord de votre ouïe.
J'ai personnellement toujours voté pour la peine de morte parce que je crois que les gens qui se préparent à prendre la vie des autres gens remettent en cause leur propre droit à la vie.
Avec le temps, les batailles se font de moins en moins nombreuses parce qu'avec le temps, nous acquérons la sagesse de les règler avant même qu'elles ne débutent.
L'humanité doit se donner un cerveau immortel qui puisse la guider sur la route où en ce moment elle chancelle.
L'équipe des académiciens est la seule qui ne se présente jamais au complet sur le terrain, dans le match contre le dictionnaire.
On se consacre pas à la poésie ; on s'y sacrifie.
Si les sots pouvaient se faire une idée des souffrances qu'ils nous font endurer, ils se tairaient.
On doit se consoler de ses fautes quand on a la force de les avouer.
On devrait se marier entre compagnons d'enfance.
Pendant l'accouchement, Serge était derrière la porte à quatre pattes avec un stéthoscope pour entendre tout ce qui se passait dans la salle.
Se sentir soi-même - se penser soi-même - sensation active. On place l'organe de la sensation, comme l'organe de la pensée, sous son emprise.
L'étonnant, avec la jeunesse, c'est qu'on croit dix fois qu'elle est achevée. Et dix fois on découvre qu'il nous en restait une parcelle, une bribe oubliée dont on ne profitait plus vraiment, mais encore suffisamment vivace pour que nous souffrions de la sentir se détacher.