On n'est pas homme si on n'est pas libre et pas libre si on ne jouit pas de sa liberté, si on ne s'en sert pas, pour décider, se constituer, puis lutter pour se garder et pour grandir.
Comment se fait-il que le sage soit devant nous sur son âne, et nous loin derrière sur nos pur-sang ?
La crainte et l'espérance se partagent la vie ; le plaisir et la douleur n'occupent que des moments.
Presque tous les hommes, frappés par l'attrait d'un faux bien ou d'une vaine gloire, se laissent séduire, volontairement ou par ignorance, à l'éclat trompeur de ceux qui méritent le mépris plutôt que la louange.
L'homme se sent tellement passager qu'il a toujours de l'émotion en présence de ce qui est immuable.
Dieu n'est pas trouvé. Il se trouve.
Plus on est chiant, plus on se fait respecter.
Des passions qui entraînent les êtres, seul se libère l'homme qui se maîtrise.
Il n'y eut pas d'opposition officielle à l'entrée de Jésus à Jérusalem. Les soldats postés parmi la petite foule qui le guettait s'attendaient à voir surgir une poignée de farouches rebelles juifs, décidés à fêler quelques crânes romains avant de se faire fendre le leur.
Si l'on se forme soi-même suivant les conseils qu'on donne aux autres, alors, bien dirigé, on peut diriger autrui. En effet, il est difficile de se maîtriser.
On se construit sur ce qu'on a vécu, en reproduisant ou en exorcisant.
Le métier de soldat est l'art du lâche ; c'est l'art d'attaquer sans merci quand on est fort, et de se tenir loin du danger quand on est faible ; voilà tout le secret de la victoire.
La raison d'état est une raison mystérieuse inventée par la politique pour autoriser ce qui se fait sans raisons.
Il y aurait de quoi faire bien des heureux avec tout le bonheur qui se perd en ce monde.
Pendant l'accouchement, Serge était derrière la porte à quatre pattes avec un stéthoscope pour entendre tout ce qui se passait dans la salle.
Se rouler dans la fange n'est pas le meilleur moyen de se nettoyer.
Se sentir solitaire, tant d'esprit que de corps, incline vers la solitude, et la solitude elle-même incline à plus de solitude encore.
Les êtres ne se possèdent pas, ils se reconnaissent.
Qu'est-ce que la vie ? C'est le scintillement d'une luciole dans la nuit. C'est le souffle d'un buffle en hiver. C'est comme la petite ombre qui traverse les champs et va se perdre dans le coucher du soleil.
Les mères peuvent tout pardonner ! Dis-moi tout, et sois sûr que je ne te laisserai jamais partir, quand bien même le monde entier se détournerait de toi.
Lorsqu'on tortille trop le saule, tout pliant qu'il est, il finit par se casser.
Demain est la chose la plus importante dans la vie. C'est parfait quand il arrive et il se met entre nos mains. Il espère que nous avons appris quelque chose d'hier.
Le spectacle insolent d'un couple qui se connaît à vingt ans, s'aime, se l'avoue, se le répète et meurt heureux, remplit d'aigreur la plupart des gens.
Toutes les fois que les conditions d'un phénomène se trouvent réalisées, il ne manque jamais de se produire.
Se marier : donner dans l'amour permis.
C'est savoir ce qu'on peut faire qui donne aux gens le courage de se battre.
Nous tirâmes de ses draps un malheureux atteint de cette affection bizarre que l'on appelle hémophilie. Ce mauvais jeu de mots signifie que le blessé aime le sang, alors que réellement il se contente de le perdre.
La politesse est d'abord un cadeau qu'on se fait à soi-même.
La paix peut se vendre, mais qui achète ?
Mais, justement, c'est parce que le désespoir est un terreau fertile qu'il faut être plus vigilant que jamais et se conformer avec une implacable vigueur à une exigence de vérité.
J'ai découvert qu'une histoire laisse une impression plus profonde lorsqu'il est impossible de dire de quel côté se trouve l'auteur.
La bizarrerie est une folie plus ou moins avancée, elle est presque toujours incurable, parce que de tels malades se croient toujours en bonne santé.
Des savants luttent chaque jour pour nous préserver de la tuberculose, du cancer. Et la guerre, l'horrible guerre serait le seul mal contre lequel l'humanité se déclarerait impuissante ? Je ne veux pas le croire.
Les chanteurs juifs emploient un art et une méthode particulière de chanter. Ils sont inégalés dans l'art de couvrir la voix, de saisir une nouvelle clé, dans le traitement du chant rituel, et de surmonter les difficultés vocales qui se trouvent dans les mots plutôt que dans la musique.
Tout le monde a des droits maintenant. Rectification, tout le monde revendique la suprématie de "ses" droits sur ceux des autres. Résultat, ce sont toujours les mêmes qui se tapent le sale boulot des devoirs.
Quand on souffre, il faut se consoler de ce dont on ne souffre pas.
La tête, le coeur font mille bêtises. Les mains se trompent rarement.
La vie se passe tout entière à désirer...
Franchement, il y a pas plus stupide qu'une mort dans un stade. Moi, mon rêve le plus cher serait que les supporters de foot du monde entier se donnent la main... et se jettent dans le vide.
La supériorité d'un examinateur, c'est qu'il se tient du bon côté de la table.
Il me semble que toute ma vie avant ce jour capital est infiniment lointaine, souvenir estompé d'une jeunesse au coeur léger, de quelque chose qui se cache de l'autre côté d'une ombre.
Les voyageurs des autobus ne sont qu'une bande de couillons à la bouche cousue. Un train, y a que ça de vrai pour pouvoir se déboutonner un peu !
L'homme qui joue au jeu de l'art se mêle de ce qui le regarde avec le risque d'ouvrir une brèche sur ce qui ne le regarde pas.
- A quoi reconnaît-on un vrai fakir ?- Tu lui demandes de se torcher avec un hérisson. S'il le fait dans le sens du poil, c'est un faux.
Nous sommes justes après l'août glorieux 44. Ca se grade, se décore à tout va. Ca pousse à pleine manche, épaulettes, plastrons, képis...lieutenants, capitaines, commandants...Et les colonels, encore plus nombreux. Plus les Fritz s'éloignent, plus çà brille. La grande quinzaine du galon, la vraie foire de la médaille.
Rien que de penser à ces années de carême, il se force à engouffrer le maximum de nourriture dans la panse. Ça se conçoit, mais ça présente un danger plus ou moins lointain. Trop ou trop peu, au finish on en crève.
Travaillez comme si quelqu'un vous regardait. Ensuite, vous serez prêt lorsqu'une opportunité se présentera. Et vous aurez les réponses.
Il est toujours arrivé que des tyrans, pour affermir leur pouvoir, se sont efforcés d'éduquer leur peuple non seulement à l'obéissance et à la servilité envers lui-même, mais aussi à l'adoration.
Quand un bossu se réjouit-il ? Quand il en voit un avec une plus grosse bosse.
Pour moi, l'action est la manière la plus logique pour que les névroses des gens se manifestent, dans ce grand besoin, nous devons tous nous exprimer.