Quand on est un artiste, on capte certaines choses qui sont dans l'air. Vous le ressentez simplement. Ce n'est pas comme si on s'asseyait et qu'on se disait : "Que puis-je faire pour tout chambouler ?" Vous avez des idées, et puis les idées alimentent une histoire, et l'histoire prend forme.
Un pays plus grand que l'Europe et peuplé deux fois comme elle, assez arriéré pour qu'une grande partie de sa population se contente d'un bol de riz par jour, mais assez avancé pour avoir fait exploser des engins thermonucléaires, suscite toujours la même fascination anxieuse.
Le paradis se trouve autour de nous dans notre enfance.
C'était un vain profit que celui qui ne requérait ni art, ni amour, ni temps, industrie et patience : un tel profit était voué à se perdre sans utilité ; né d'un gâchis, en gâchis il retournerait.
Ce désert est fermé par des rochers de grès crayeux absolument nus. Quand on se rapproche de ces masses arénacées, on découvre...
Les différentes voix s'unissent dans la mélodie : l'une résonne gaie, vivante, sûre de la victoire, tandis que l'autre paraît encore se débattre dans les ténèbres au milieu d'un combat plein de mélancolie... c'est l'expression la plus nette et la plus parfaite de la vie intérieure.
Il n'existe point en ce monde, ni dans l'air, au milieu de l'océan, ni dans les profondeurs des montagnes, d'endroit où l'on puisse se débarrasser du mal qu'on a fait.
Je plaisante de ne posséder que quelques dollars. Il se pourrait que j'en ai davantage.
Ça se passe mal. Ça s'est vraisemblablement toujours mal passé sur notre planète. Peut-être que dans un avenir proche, des millions de gens vont s'installer sur une autre planète et que, dès lors, c'est sur cette autre planète que ça va mal se passer.
Un critique de rock, journaliste mondain, doit se choisir un look pour devenir quelqu'un. On peut aller à droite, les cheveux demi-longs, avec une cravate et des complets-veston. On peut aller à gauche, avec les cheveux courts et des allures de super de vrai conquistador.
Vous savez qu'on peut être hanté par le remords toute sa vie, non pas pour avoir choisi l'erreur, dont au moins on peut se repentir, mais pour s'être trouvé dans l'impossibilité de se prouver à soi-même qu'on n'aurait pas choisi l'erreur.
Jacques se met à border le lit activement, avec un soin de vieille fille.
Je ne me considère pas comme un symbole même si je sais que certaines personnes se sentent représentées à travers moi. J'en suis très flattée et j'espère ne pas les décevoir.
Qui ne se contrôle pas face aux dangers est plutôt fougueux que brave.
Si on a le bon Dieu avec soi, les inspirations se cristallisent en créations heureuses. Si c'est le contraire, ça ne devient plus que de l'effort et de l'agitation stériles.
Ainsi pris fin l'épisode le plus glorieux de la Campagne de Russie. Glorieux mon cul. C'est de l'assassinat, oui. Le Génie en particuliers et les pontonniers se couvrivrent de gloire. De merde oui.
Lorsqu'une opportunité se présente à vous, il s'agit de vous assurer que vous êtes prêt à être celui qui peut franchir la porte et livrer les marchandises. Et j'ai eu beaucoup de chance de mon côté et je me suis préparé à cette chance.
Je suis malade à mourrir des personnes célèbres qui utilisent leur célébrité pour promouvoir une cause. Si je vois un besoin particulier, j'essaie d'aider. Mais il y a beaucoup à faire en mettant un chèque au bon endroit et en se taisant à ce sujet.
L'incrédule se trompe sur l'autre vie, le croyant se trompe souvent sur celle-ci.
Ceux qui se tiennent debout et qui ont une dignité de comportement, passent pour être de redoutables savonaroles, alors que nous ne sommes que des Français qui voulons rester fidèles à leurs traditions nationales et spirituelles.
Avec les années les relations conflictuelles avec les parents se sont effacées, de même que les reproches que l'on se fait à soi-même une fois qu'ils ne sont plus. Alors vient le temps de la douceur.
Quels choix, à l'opposé, les hommes de la liberté ont-ils à proposer aux Français guettés par la résignation ou la révolte ? N'est-il pas temps de passer du malentendu à l'espoir, en permettant que ce peuple, purgé de ses fantasmes, se réconcilie avec lui-même ?
Les quatre premiers mois de l'écriture du livre, mon image mentale se gratte avec mes mains à travers le granit. Mon autre image pousse un train dans la montagne, elle est glacée et je suis pieds nus.
Je dirige certainement avec confiance même si je ne suis pas confiant. J'ai appris très tôt en tant qu'acteur que la confiance peut être truquée, et ce n'est pas toujours une chose terrible à faire. Souvent, si les gens se sentent en confiance, ils sont confiants.
Il avait oublié à quel point on se sent vivant, exactement à ce moment-là : quand on sait que c'est en route, et que chaque geste vient confirmer cette impression. Il avait senti ses veines se gonfler d'une euphorie étrange, et caractéristique : la délicieuse ivresse d'avant le premier baiser.
J'éprouvai de la satisfaction à ressentir du mépris Surtout quand celui-ci se changea en fureur.
Si l'on veut se débarrasser du capital, il faut aussi se débarrasser du travail.
Désormais, les prisonniers libérés se définiraient en fonction du camp où ils avaient été, et plus de leur ville natale.
On peut dire du monde que c'est en se désintégrant qu'il s'organise. Voici une idée typiquement complexe. Dans quel sens ? Dans le sens que nous devons unir ensemble deux notions qui, logiquement, semblent s'exclure : ordre et désordre.
Au moment où vous écrivez les derniers paragraphes, le livre vous témoigne une certaine hostilité dans sa hâte de se libérer de vous.
Il faudrait se voir avec l'oeil de son voisin.
On se fait à tout... Même au bonheur...
Celui qui se laisse façonner par la société, qui adopte pour règle de ses jugements l'opinion, pour limité de ses actes la coutume, se maintient à mi côte des grandes vertus et des grandes fautes, et se préserve de ces pénibles vertiges de la conscience.
Il n'y a qu'un moyen de ne pas détrousser les autres, c'est de se dépouiller soi-même.
Je ressens toujours d'une façon poignante, le fait que souvent j'écris pour être aimé. Au fond, peut-être même parfois de tel ou tel. Et en même temps, je sais très bien que cela ne se produit jamais, qu'on n'est jamais vraiment aimé pour son écriture.
Le bonheur est une chose qu'il faut savoir se faire pardonner.
Peut-être que le dessin est un moyen de me montrer que je suis vachement courageux. On n'hésite pas dans ce métier à se fritter parfois avec des gens très méchants et dangereux.
Qui perd la mémoire se ruine.
On ne se repent bien des fautes que l'on n'est plus en état de commettre.
Il se livrait au trafic d'opinions : il était professeur de philosophie.
Les garçons ont toujours besoin d'inspiration. Ils se tournent vers leur père, mais souvent cela n'est pas suffisant - justement parce qu'il s'agit de leur père. Alors ils se tournent vers d'autres hommes. C'est en réalité une bonne chose.
La laide s'ingénie à se le faire pardonner après l'extinction des lampes.
Beaucoup se change en peu si l'on désire un peu plus.
Les hommes sont si différents. Peu importe ce qu'on en dit, c'est vraiment leur ambition qui passe au-dessus de tout le reste, alors que les femmes cherchent toujours le truc qui les fera se sentir un être complet, pas l'attribut de quelqu'un, pas un accessoire.
Une voix puissamment éloquente quand elle se tait, c'est le Mépris.
Dieu ne se prend pas, il se reçoit.
Si le corps se fortifie par des travaux modérés, c'est par de sages instructions que l'esprit se perfectionne.
Une chanson peut être comme une prière. Toutes les choses que l'on a vécues ou pas vécues, que l'on garde en soi, que d'habitude on retient, ces mémoires indicibles trouvent soudain un passage, une façon de se soulager.
On s'aperçoit qu'on a un estomac bien avant de se douter qu'on a une âme.
A partir d'un certain âge, les femmes se prennent toutes pour leur fille.