Mais on finit toujours par s'inventer une manière de faire face à l'absence. Au début, on compte les jours puis les semaines, enfin les mois. Advient inévitablement le moment où l'on se résout à admettre que le décompte se fera en années; alors on commence à ne plus compter du tout.
La raison ne saurait tout expliquer... Il faut se servir de la raison avec prudence, comme d'un instrument admirable, mais exceptionnel dans la nature, et parfois même dangereux.
Les vieilles civilisations se reconnaissent à l'excellence de leur cuisine et au raffinement de leur politesse.
Un grand penseur est toujours des plus réservés quant à la valeur des vérités qu'il suggère, alors qu'un philosophe médiocre se reconnaît, entre autres choses, à ceci qu'il demeure toujours persuadé de la vérité des inepties qu'il énonce.
- Finalement, c'est quoi un homme ? C'est un chien qui se tient sur ses pattes arrière...- Mais qui dit « pardon » quand il pète !
Il est des hommes et des femmes qui tirent gloire de leurs pensées élevées ; toutefois, si celles-ci ne se traduisent jamais en actes, elles sont inutiles, car le pouvoir de la pensée se mesure à ses effets pratiques.
La mort est la destination que nous partageons tous, personne n'y a jamais échappé. Et c'est comme il se doit parce que la mort est très probablement la meilleure invention de la vie.
Le domestique est un français. Bavard comme l'est ce peuple, il ne pourra se retenir de parler.
Les gens se soucient des gens qui se soucient d'eux-mêmes.
Quand on a ce qu'on appelle joie, cela doit se voir sur le visage.On est plus beau. La joie rend beau. plus beau qu'on est, à coup sûr. Joie, moment de bonheur.
Quand deux connards parcourent un long trajet en volant, ce n'est pas toujours le plus lourd des deux qui demande à se poser le premier.
Feindre, c'est se connaître.
Penser à quoi ? A rien. Cela se nomme la sagesse.
Nous ne comprenons naturellement tout ce qui est étranger que par un se-rendre-étranger - une modification de soi.
Les premiers principes de la philosophie que j'ai appelée "consciencisme" ont donc deux aspects : tout d'abord j'affirme l'existence indépendante et absolue de la matière ; ensuite j'affirme qu'elle peut se mouvoir spontanément. En vertu de ces deux premiers principes, le consciencisme est une philosophie profondément matérialiste.
On vit avec l'idée qu'il peut se passer quelque chose de grave. On prend les transports en commun, on se met en terrasse pour fumer une clope, on va voir un concert. On va danser. Et on sait désormais que parfois, on ne reviendra jamais chez soi.
Mais Liszt, coeur généreux, toujours prêt, à se dévouer pour une belle cause, avait compté sans l'esprit envahissant de son colossal et dangereux protégé, incapable de partager l'empire du monde, fût-ce avec son meilleur ami. On sait maintenant, depuis la publication de la correspondance entre Liszt et Wagner, de quel côté fut l e dévouement.
Elle entendait au loin son mari qui jouait imperturbablement de son livre ; ses doigts ne se lassaient jamais des anciens chants. En secret, elle souhaita que revienne un jour où il passerait autant de temps à l'étreindre et à la caresser comme une petite harpe qu'il en consacrait à ses invraisemblables livres.
Je ne suis pas un exhibitionniste, je n'ai nullement besoin de la scène, si j'en ai besoin, c'est uniquement pour savoir si le dialogue, le contact, que j'essaie d'avoir avec le public se crée.
Je ne comprends pas comment des types comme Jeff Bezos peuvent se regarder dans le miroir.
Si on ne maîtrise pas la chanson, on se retrouve dans le syndrome du chanteur constipé.
Par les chevaux de bataille haletants qui font jaillir le feu de leurs sabots,Qui, le matin, se précipitent sur l'ennemiEn soulevant la poussière,Et qui pénètrent au milieu des troupes,En vérité, l'homme est ingrat envers son Seigneur...
Les académiciens se prétendent immortels et pourtant ne dépassent jamais la quarantaine.
Un livre, c'est pendant des semaines, pendant des mois, la pensée qui se recueille et se concentre : c'est ce corps qui fait converger ses muscles et ses nerfs vers un seul point... vers le bout de la plume.
Avec l'ère des machines, beaucoup d'esprits se croient robots.
Certains politiques vieillis se fixent enfin à une opinion, girouettes que l'hiver, en les rouillant, fait immobiles.
L'Europe devient tout autre chose que ce pour quoi elle a été conçue au départ, elle se transforme en laboratoire de la réalisation de l'utopie néolibérale dans son intégralité.
Même quand les enfants sont pressés de toucher leur part de pognon, c'est difficile de se débarrasser d'un parent encore en forme, surtout s'il a toute sa tête - il faut savoir prendre son mal en patience.
Une espèce d'ectoplasme translucide se formait tout autour, une espèce de visage, mon visage.
Sous le silence prodigieux du couvent, il est comme un malade qui, la nuit, à l'heure où les bruits de la rue se sont tus, perçoit les battements de son coeur.
Pendant que nous dormons, la reine des volontés, au collier d'étoiles éteintes, se mêle de choisir la couleur du temps.
La question aujourd'hui est la même qu'elle l'a été tout au long de l'histoire, si l'homme doit être autorisé à se gouverner lui-même ou être gouverné par une petite élite.
Un diplomate est un homme qui est payé pour tenter de résoudre les difficultés qui ne se seraient jamais présentées s'il n'y avait pas eu de diplomates.
Les malheureux devraient se réjouir de leur excellent estomac au lieu de se plaindre, quant il y a tant de millionnaires gastralgiques.
L'homme a créé Dieu pour se créer lui-même.
C'est une des questions les plus importantes qui se pose à l'humanité : qui garde les gardiens ?
Être de quelque part, ça se décide. Ca se décide assez tard.
Ne jamais se rendre à l'élan de la médiocrité.
Ma passion et mon énergie se confondent avec la colère.
Il faut se faire aussi des serments à soi-même - et, ceux-là les tenir.
Mes dents se déchaussent quand je visite une mosquée.
Celui qui se demande ce qu'il y a en haut ce qu'il y a en bas ce qu'il y avait avant ce qu'il y aura après mieux vaudrait pour lui n'avoir pas été créé.
Un gourmet ?... C'est un glouton qui se domine.
Les hommes ne se comprennent qu'à mesure qu'ils sont animés des mêmes passions.
L'homme se livre par sa démarche, sa bouche, sa voix et son regard.Ces quatre clés étant dans l'ordre d'importance.
L'Amour ne cherche pas à se plaire à Lui-même,Ni de lui-même n'a souci :C'est à autrui qu'il sacrifie son aise,Qu'il fait un Ciel malgré l'Enfer.
Comment se fait-il que, sous le despotisme le plus affreux, on puisse se résoudre à se reproduire? C'est que la nature a ses lois plus douces, mais plus impérieuses que celles des tyrans; c'est que l'enfant sourit à sa mère sous Domitien comme sous Titus.
N'est pas humble celui qui se hait.
Sans l'appui de l'égoïsme, l'animal humain ne se serait jamais développé. L'égoïsme est la liane après laquelle les hommes se sont hissés hors des marais croupissants pour sortir de la jungle.
Bien fou qui s'oublie, encore plus qui se lie.