Qui livre un plus rude combat que celui qui s'efforce de se vaincre soi-même ?
Mieux vaut entendre une corde qui se brise que de n'avoir jamais tendu un arc.
Les femmes devinent tout ; elles ne se trompent que quand elles réfléchissent.
Tout état doit se créer une utopie lorsqu'il a perdu le contact avec le mythe.
Aller à l'opéra, comme se saouler, est un péché qui comprend sa propre punition.
Dieu se repose une fois l'an chez les riches, et les pauvres se reposent sur lui tout le reste du temps.
Dieu s'est fait homme : c'est là l'étalon de la perfection. La femme n'est qu'un lieu raté qui se souvient des dieux...
La vie se remplit de minuties et de soumissions qui l'étouffent à sa source et à son insu.
Se souvenir, c'est prouver qu'on est deux.
Ceux qui s'enferment dans la souffrance le font pour se protéger de la sympathie d'autrui.
Une culture naît au moment où une grande âme se réveille.
C'est le miroir qui se mue dans la femme.
Quand on ne sait pas, on ne se pose pas trop de questions, mais quand on commence à disposer d'un début d'explication, on veut à tout prix tout savoir, tout comprendre.
Si l'on va au fond des choses, on se rend compte que le monde n'a jamais été plus ou moins brutal qu'il ne l'est aujourd'hui ; tout cela dépend du regard que tu portes et de la vie que tu as choisi de vivre.
Que se passe t-il dans un immeuble quand il y a une formidable histoire d'amour ? Tous les voisins veulent en profiter. Comme d'un rayon de soleil dans des vies un peu grises !
Le blé demande du soleil, la betterave demande de la pluie. C'est pratique, ça permet au cultivateur, quel que soit le temps, de pouvoir se plaindre du temps.
Sans curé, maire, notaireOu avec, ça se défend,Il faut nous aimer sur terre,Il faut nous aimer vivants.
Il est vrai que l'âme n'a point de sexe... Le tempérament et l'éducation font toute la différence qui se remarque entre les sexes.
La grandeur d'un homme peut se mesurer à la grandeur des choses qui l'angoissent.
Les chefs d'orchestre se divisent en trois catégories : - ceux qui laissent jouer - ceux qui font jouer - ceux qui empêchent de jouer.
L'histoire ne se répète pas, mais elle se plagie.
La paresse ne peut se passer de travail ; on se repose voluptueusement que si l'on a pu se fatiguer.
Le cerveau est un organe merveilleux qui se met en marche au moment où vous vous réveillez et s'arrête au moment précis où vous arrivez au bureau.
Toute doctrine se présente nécessairement comme une affaire plus avantageuse que les autres. Elle dépend donc des autres.
Tous les hommes se ressemblent si fort qu'il n'y a point de peuple dont les sottises ne doivent nous faire trembler.
Peut-être la politique est-elle l'art de mettre les chimères à leur place ? On ne fait rien de sérieux si on se soumet aux chimères, mais que faire de grand sans elles.
C'est quand même étrange cette manie que nous avons tous de vouloir rompre en douceur alors que rien n'est plus violent qu'une rupture qui se déroule en douceur.
Un chercheur est celui qui risque sa vérité et qui se casse la figure.
Les hommes qui passent pour être durs sont de fait beaucoup plus sensibles que ceux dont on vante la sensibilité expansive. Ils se font durs parce que leur sensibilité, étant vraie, les fait souffrir.
La meilleure façon de se taire c'est de parler avec ses mains.
La nature fournit tout ce qui est nécessaire, mais elle ne donne rien ; il faut se servir soi-même.
Si nous avons bien aimé pendant notre vie, nous avons une vie après la mort - notre amour se poursuit sur des générations.
Au nom de la vérité, détrompez-vous, il y a de l'hypnose dans l'air et des gens qui se perdent à faire n'importe quoi.
La femme libérée se veut libre de l'amour de l'homme, elle a pour seule ambition de devenir l'esclave d'un patron indifférent.
On n'écoute plus ce que les gens disent. On se contente de regarder comment ils le disent, quel regard ils ont en le disant, et si leur cravate est assortie à leur pochette.
Quel est donc ce Dieu ? Un Dieu plein de bonté... Un Dieu plein de bonté trouverait-il du plaisir à se baigner dans les larmes?
A chaque sépulture, il y a un homme qui reçoit le fardeau de la main de l'homme qui va se reposer.
On se demande parfois pourquoi la mémoire s'acharne à retenir certaines histoires aussi anodines que banales.
Les discours racistes sont tous les mêmes : de la haine, de l'arrogance et un immense complexe d'infériorité qui cherche à se combler par la mort et les massacres.
La zone grise, l'endroit entre le noir et le blanc - c'est l'endroit où la vie se passe.
Entre deux individus, l'harmonie n'est jamais donnée, elle doit indéfiniment se conquérir.
Il est indispensable de se sacrifier quelquefois. C'est l'hygiène de l'âme.
L'homme, en se civilisant, n'a-t-il fait vraiment que compliquer sa barbarie et raffiner sa misère ?
Un agitateur, c'est un homme qui en ennuie d'autres en réclamant ce qu'on lui doit, quand il serait si simple de se taire.
Le silence n'est un outil de terreur que pour les gens qui sont incapables de se taire parce qu'ils ont l'obsession de la parole... Ce sont d'ailleurs des gens dont on peut se passer.
L'oraison funèbre est la prière avant que les asticots se mettent à table.
A Rome, les gens semblent aimer avec plus d'entrain, tuer avec plus d'imagination, se soummettre aux besoins créateurs plus souvent, et perdre le sens de la logique plus facilement que nulle part ailleurs.
Il n'y a ni événement absolu ni être providentiel. On est tous dans une sorte de vase à se débattre.
Celui qui a une cuillère ne se brûle pas.
Rien ne sert de courir si on ne sait où se cacher.