J'ai plusieurs vies. Dans la meilleure,Comète entre les crocs, je suis serpent.Et dans les autres, suivant l'heure.Fétiche en or, dieu qui se pend.
Avec quelle facilité la tendresse d'un père se rappelle, et avec quelle rapidité les offenses d'un fils s'évanouissent au moindre mot de repentir !
Je viens d'un pays ensoleillé où l'on ne se réveille que pour se reposer d'avoir dormi...
La femme libérée se veut libre de l'amour de l'homme, elle a pour seule ambition de devenir l'esclave d'un patron indifférent.
Le cerveau est un organe merveilleux qui se met en marche au moment où vous vous réveillez et s'arrête au moment précis où vous arrivez au bureau.
Les batailles se perdent dans la précipitation.
La femme : un être qui s'habille, babille et se déshabille.
Celui qui se marie se bride.
Il n'y a que deux partis entre lesquels il faut choisir dans la vie : se vendre ou se donner.
Si l'homme pense Dieu, c'est qu'il se trouve déjà à l'intérieur de la pensée divine, c'est que déjà Dieu se pense en lui.
Le couple, c'est autrui à bout portant. Choisir c'est se livrer.
Se rappeler quelque chose est encore le meilleur moyen de ne pas l'oublier.
Ce qui ne laisse rien à désirer touche à la perfection, laquelle se définit ainsi par son plus remarquable inconvénient.
Le bonheur, c'est d'ouvrir le journal et de ne pas se voir dedans.
Une minute vient toujours où le bon Dieu, qui est un brave homme, se met avec les honnêtes gens.
Sur cette terre, 450 millions d'hommes (sur 3 milliards) détiennent 85 % des produits mondiaux. Avec les poubelles des Etats-Unis, on pourrait nourrir toutes les villes d'Europe. Avec les poubelles d'Europe, on pourrait nourrir toutes les villes d'Extrême-Orient. En Asie, [...] ► Lire la suite
Le langage du colon, quand il parle du colonisé, est un langage zoologique. On fait allusion aux mouvements de reptation du Jaune, aux émanations de la ville indigène, aux hordes, à la puanteur, aux pullulements, aux grouillements, aux gesticulations. Le [...] ► Lire la suite
Autour de nous, les étoiles continuaient leur marche silencieuse, dociles comme un grand troupeau ; et par moments je me figurais qu'une de ces étoiles, la plus fines, la plus brillante, ayant perdu sa route, était venue se poser sur mon épaule pour dormir.
Qui se contente de peu n'est jamais pauvre.
Diriger, c'est se dévouer à une idée, à un rêve, à une vision de ce qui peut advenir.
On se souvient de choses parcellaires, même les souvenirs sont bouffés, rongés.... J'essaie de les retenir, les choses, les petites choses.
J'ai peine à admettre que l'univers, comme la conscience humaine, se soit fait tout seul par la vertu du "hasard".
Il est plus facile que l'on croit de se haïr. La grâce est de s'oublier.
La tragédie, c'est lorsqu'on se coupe le doigt. La comédie, c'est quand on tombe dans une bouche d'égout ouverte et que l'on meurt.
Il est indispensable de se sacrifier quelquefois. C'est l'hygiène de l'âme.
Il importe d'étouffer à temps les désirs du coeur. La vie se construit sur la raison, non sur la passion.
En chaque enfant, on l'ignore trop, naît et se développe le projet intuitif d'être considéré comme une (grande) personne. Aussi attend-il qu'on est à son égard le comportement et le respect que l'on a vis-à-vis d'un adulte. Il a raison.
On ne se jette pas dans des bras croisés: leur dédain me dispensait de toute formalité. Même assoiffé d'affection, on n'embrasse pas les oursins.
On ne peut mettre la main dans l'encre sans se noircir les doigts.
La zone grise, l'endroit entre le noir et le blanc - c'est l'endroit où la vie se passe.
Le lion et le veau devraient se coucher côte à côte mais le veau ne dormirait pas beaucoup.
Un remords vaut mieux qu'une hésitation qui se prolonge.
Les lourdes portes de l'oubli se referment mais des lambeaux de souvenirs s'agrippent aux battants.
Le monde ne se révèle plus au zappeur qu'en pointillés. Il fabrique chaque soir des puzzles dont il ne pourra jamais ordonner les pièces.
Il faut se servir des moyens qui sont familiers aux temps que vous vivez ; sans cela, vous n'êtes pas compris et vous ne vivez pas.
Que peut on faire à la beauté qui vous crève les yeux ? On lui coupe la tête. Ainsi se venge d'une rose l'imbécile qui la cueille.
L'arbre qui fait sa fleur doit être défendu,mais l'arbre couvert de ses fruits,qu'on y aille sans se gêner avec lui.
L'excès de sagesse devient fou, la sagesse n'évite la folie qu'en se mêlant à la folie de la poésie et de l'amour.
Il faut se méfier des couples idéaux : ils aiment trop être beaux ; ils se forcent à sourire, comme s'ils assuraient la promotion d'un nouveau film au Festival de Cannes.
Vouloir écarter de sa route toute souffrance, signifie se soustraire à une part essentielle de la vie humaine.
Il aimait tellement le son de sa propre voix que chaque fois qu'il sortait de chez lui, il se téléphonait pour s'entendre sur le répondeur.
Le style se juge comme le vin : il suffit d'avoir du goût.
Possible que l'individu trouve son profit et même son aise à se fondre dans la collectivité, mais ce ne serait qu'au détriment de celle-ci. Pour elle, et non pour lui, il doit se défendre contre elle.
Quand le salarié substitue des plaisirs dégradants à des travaux dégradants, qu'il s'évade de ses obligations pour se jeter à corps perdu dans la vitesse, le bruit, les distractions grossières, il dépose trop volontiers son bilan d'homme.
Toutes les rencontres se font par hasard.
Une culture naît au moment où une grande âme se réveille.
L'homme se fait ; il n'est pas tout fait d'abord, il se fait en choisissant sa morale, et la pression des circonstances est telle qu'il ne peut pas ne pas en choisir une.
Ceux qui font profession de mépriser la vaine gloire se glorifient souvent de ce mépris avec encore plus de vanité.
Ils abordaient l'Amérique avec espoir, détermination, et un peu de peur. On n'en renvoya que deux cent cinquante mille. Trois mille préférèrent se suicider en Amérique plutôt que de retourner vivre dans le pays qu'ils avaient fui.
Celui qui veut devenir un Maître se lève tôt.