L'éducation est une chose admirable, mais il est bon de se rappeler de temps en temps qu'on ne peut rien enseigner qui mérite d'être connu.
On ne vient pas au monde avec une personnalité, il faut se la faire.
Quand on se révèle capable en une chose et l'on comprend bien une question, on peut être sûr d'en comprendre beaucoup d'autres.
Il faut se méfier des couples idéaux : ils aiment trop être beaux ; ils se forcent à sourire, comme s'ils assuraient la promotion d'un nouveau film au Festival de Cannes.
Il n'y a que deux partis entre lesquels il faut choisir dans la vie : se vendre ou se donner.
Quand un politicien se touche le visage il dit la vérité, quand il se gratte l'oreille il dit la vérité, quand il lève le pouce il dit la vérité ; c'est quand il remue les lèvres qu'il ment.
A marcher sur une corde raide, on finit toujours un jour ou l'autre par se casser la figure.
En se conformant à la coutume on passera toujours pour un honnête homme. On appelle gens de bien ceux qui font comme les autres.
Le temps passe et panse. La vie grouille et débrouille. Les braises incandescentes se consument doucement sous le tas épais de cendres froides et grises. Et puis, un jour, il y a un petit souffle, quelques brindilles, et le feu repart.
Il y a longtemps qu'ils se din-din. Si vous m'avez compris, tant mieux ! Sinon, tant pis !
Je ne suis pas candidat au poste d'entraîneur, mais s'il se libère, je le prends !
Ne pas croire au hasard et s'administrer une gifle matin et soir, en se rappelant qu'on n'est jamais trop prudent et qu'abondance de biens peut nuire.
L'admiration est un sentiment qu'on éprouve quand on se regarde devant un miroir.
Il aimait tellement le son de sa propre voix que chaque fois qu'il sortait de chez lui, il se téléphonait pour s'entendre sur le répondeur.
Le cosmos est une pensée qui ne se pense pas, suspendue à une pensée qui se pense.
Pour se faire excuser ses bassesses, ou pour les justifier, l'homme a besoin de savoir qu'il y a pire que lui.
On n'a pas trop d'une vie pour se comprendre. Le défaut, c'est de vouloir descendre en profondeur.
Le bouddhisme place sur le même rang les êtres d'intelligence et de vertu égale, sans se préoccuper de leur sexe.
L'ancien doit-il s'effacer et donner du champ au nouveau ? Le nouveau se nourrit de l'ancien comme l'enfant du sein de sa mère.
Les livres peuvent se diviser en deux groupes : les livres du moment et les livres de toujours.
Quand on me dit qu'une personne est arrivée, je suis tentée de demander où, et par quels moyens, et dans quel but ! Seuls se félicitent ceux qui se savent incapables d'aller plus loin.
La flatterie n'émane jamais des grandes âmes, elle est l'apanage des petits esprits qui réussissent à se rapetisser encore pour mieux entrer dans la sphère vitale de la personne autour de laquelle ils gravitent.
La vraie liberté est celle qui se dérobe sans bruit au cours trop bien huilé des choses.
Les pressentiments, les signes, les affinités sont des choses étranges qui, en se combinant, forment un mystère dont l'humanité n'a pas encore trouvé la clé.
Dans la recommandation qu'une mère fait à sa fille de ne point se décolleter pour aller au bal, il y a peut-être moins de respect pour les convenances que de jalousie secrète : Les femmes ne consentent jamais de bon coeur à voir chez d'autres les attraits qu'elles ne possèdent plus.
Le mal est l'une de ces questions existentielles au contact de laquelle une philosophie se sait, s'éprouve.
Quand le rideau se lève, la question est : baiseront-ils ? S'ils baisent, c'est une comédie ; s'ils ne baisent pas, c'est un drame.
La richesse, le confort et, accessoirement, l'ineptie d'une nation se mesurent aux sujets de préoccupation de ses élites.
On se lasse de tout, sauf de l'argent.
Un homme se décrit toujours inconsciemment lui-même quand il décrit quelqu'un d'autre.
Peste soit de ces gens qui ne savent pas se priver de l'essentiel pour se payer le superflu.
Le monde ne se révèle plus au zappeur qu'en pointillés. Il fabrique chaque soir des puzzles dont il ne pourra jamais ordonner les pièces.
La possession des richesses a des filets invisibles où le coeur se prend insensiblement.
Je crois qu'on peut vivre plusieurs vies grâce à son style personnel. Chaque jour est une occasion de se réinventer.
La laïcité, c'est la disponibilité universelle du patrimoine humain, c'est la loi qui veut que chaque homme soit maître de son bien et que son bien se trouve partout où il y a des hommes.
Qui sait ce qui se passera demain ? Nous le saurons demain.
Je crois fermement que les choses se passent comme elles devraient. L'univers tourne comme il est censé le faire.
Tout l'intérêt de l'art se trouve dans le commencement. Après le commencement, c'est déjà la fin.
Lorsque la volonté se tait, l'instinct parle ; en l'absence de l'âme, le corps va son chemin.
On guérit comme on se console : on n'a pas dans le coeur de quoi toujours pleurer et toujours aimer.
C'est déjà être malade que de se croire malade.
Le pire, chez les militaires, c'est qu'on dirait des enfants, tout l'honneur que leur rapportent les guerres se résume en une chose : pouvoir les expliquer.
On peut aussi décider qu'après tout, pourquoi n'a-t-on le droit que de se marier avec un homme. Pourquoi pas avec plusieurs ? Pourquoi pas l'autorisation de la polygamie ?
La lune s'obscurcit en se rapprochant au soleil.
Les malheureux peuvent se résigner, mais les coupables ne connaissent aucune paix.
Beaucoup d'hommes ont un orgueil qui les pousse à cacher leurs combats et à ne se montrer que victorieux.
Vouloir écarter de sa route toute souffrance, signifie se soustraire à une part essentielle de la vie humaine.
Il est plus adroit de se tirer d'un mauvais pas qu'un coup de revolver au coeur.
On n'est jamais aussi vainqueur ni aussi vaincu qu'on se l'imagine.
Les batailles se perdent dans la précipitation.