Le Français est un paresseux qui travaille beaucoup. L'Anglais un paresseux qui ne fait rien. L'Allemand un travailleur qui se donne du mal. L'Américain, un travailleur qui sait s'arranger pour ne pas faire grand chose.
Pour agir, il faut se sentir observé.
De profession à profession, on se devine, et de vice à vice aussi.
Qui cherche plus que le nécessaire se livre à l'erreur.
A égalité d'esprit et de lumière, l'homme né riche ne doit jamais connaître, aussi bien que le pauvre, la nature, le coeur humain et la société. C'est que dans le moment où l'autre plaçait une jouissance, l'autre se consolait par une réflexion.
Jésus se fait entendre à l'âme qui sommeille, Et l'appelle à la vie, où son jour nous conduit.
Si l'Histoire était d'une quelconque utilité, si elle servait d'exemple aux générations futures, elle ne se répéterait pas inlassablement.
L'art ne peut se relever d'être devenu marchandise, cette perversion du sens est irrémédiable.
La solitude est à certains moments nécéssaire pour retrouver la cohérence de tous les matériaux qui se sont accumulés, pour renouer des fils, pour se préparer à de nouvelles rencontres.
La vie se prête, ne se rend pas. Elle se perd comme un livre que l'on confie et que l'on ne revoit jamais.
Se repentir du passé, s'ennuyer du présent, craindre l'avenir : telle est la vie.
Haïr, c'est se punir soi-même.
Les femmes préfèrent la brutalité à l'ironie. Le brutal se met nettement dans son tort à leur égard ; l'ironiste les met en méfiance vis-à-vis d'elles-mêmes et cela ne pardonne pas.
Si un livre et une tête se heurtent et que cela sonne creux, le son provient-il toujours du livre ?
On peut se demander si la politique ne favorise pas essentiellement des travers masculins chez les femmes.
Rien n'est plus dangereux que ces consciences endormies, satisfaites ! Ces consciences raisonnables dont la vie se retire peu à peu.
On ne se fait pas toujours une langue propre à son coeur.
On se cache d'être brave comme d'aimer.
Les morts n'ont pas de noms. Et nous ne devrions pas non plus. Sans nom ni passé, ceux d'entre nous qui sont assez forts pour être encore vivants ici peuvent se connaître à un niveau primitif.
Mon chien, je demanderai au vétérinaire qu'on parte ensemble. Il le piquera afin qu'il meure dans mes bras. Je préfère ça plutôt que savoir qu'il se laissera mourir sur ma tombe avec tant de souffrances.
Vous devez pouvoir vous moquer de vous. Ne prenez pas les choses trop au sérieux et lorsque les gens se moquent de vous, riez-en.
Les idées folles se prennent comme les maladies et celui qui en attrape une, les attrape généralement toutes.
Tous les objets sont pour les grands des miroirs où leur grandeur se réfléchit. Voilà pourquoi ils aiment souvent leurs inférieurs.
La mort, c'est ce qui permet à un homme de se retirer subitement du monde pour aller définitivement se mettre aux vers.
Il faut aller jusqu'à l'horreur quand on se connaît.
A la guerre, il y a des questions qui ne se posent pas.
Seule la marge d'erreur ou d'ignorance qui se glisse dans l'évaluation de deux individus l'un par l'autre détermine vraiment la marge d'absence qui s'établit entre eux.
Les juges et les politiques ne se lassent pas de rappeler les principes d'une morale qu'ils bafouent allègrement.
N'est-il pas évident qu'à chaque fois qu'on se force on s'affaiblit.
Les sous-marins atomiques ne font surface que tous les deux ans. Et uniquement pour que les marins puissent se réengager.
Un homme ne se bat pas pour gagner ; il vaut mieux se battre en vain.
Une conversation devrait toucher à tout, mais ne devrait se concentrer sur rien.
Vous savez quoi, Burke ? Je crois que vous êtes encore pire que ces créatures, parce qu'elles au moins ne se tuent pas entre elles pour tirer le plus gros paquet de fric !
Dans la condition où se trouve l'homme, Dieu se contente d'exiger de lui qu'il cherche la vérité le plus soigneusement qu'il pourra et que, croyant l'avoir trouvée, il l'aime et y règle sa vie.
L'amour est toujours secret, il ne se dit pas, il ne peut pas se dire.
C'est le chant des galets qui enseigne la manière de bâtir un mur... Et quand un galet ne se trouve pas bien dans un mur, le mur ne se trouve pas bien debout.
Que valent le silence, la contemplation ? Est-ce que ces valeurs peuvent encore être perçues ? Ou le silence et la contemplation sont-ils le fait de ceux qui se murent hors des souffrances d'autrui, de l'évolution du monde et de ses problèmes ?
Il y a sûrement beaucoup de honte à être heureux, non pas à la vue de certaines misères mais lorsque le bonheur semble narguer. Ce défaut les Kabyles ne l'ont pas. Par pudeur le riche se cache pour bien manger et le pauvre pour avoir faim à son aise.
C'est étrange comme on se sent tiré vers l'avant sans savoir d'abord où l'on va.
La pensée s'affaisse aussi bien que les chairs. Et l'esprit se grippe d'être repu. Il ne lui convient que d'être affamé.
Si tu deviens homme d'Etat, n'oublie pas que le grand secret de la politique est dans ces deux mots : savoir attendre. Si tu es ministre, souviens-toi qu'on se tire de tout avec ces deux mots : savoir agir.
Mes cheveux tombent. Mes poux n'ont plus rien pour se retenir.
Les maximes, bien entendu celles des autres, me font souvent l'effet des noisettes. Du dehors, toutes se ressemblent et, au-dedans, les trois quart sont creuses.
Qui se grise de rêverie est d'autant plus prêt au délire qu'il prolonge son extase.
Mal inspiré celui qui se crierait son propre contemporain.
L'important, ce n'est pas le lieu où l'on se trouve, c'est l'état d'esprit dans lequel on est.
Les hommes qui, dans les temps d'abondance, ne se préoccupent pas de l'avenir, tombent dans une misère extrême, lorsque les temps viennent à changer.
Prêtez-moi le coeur et l'oreille car la parole se perd si le coeur n'entend pas.
Plus nous aimons nos amis, moins nous les flattons ; c'est en n'excusant rien que l'amour pur se montre.
Deux hommes qui suivent des voies différentes ne peuvent se rencontrer.