C'est de la folie que d'entreprendre quelque chose au-dessus de ses forces.
Il n'est nul besoin d'apparence pour aimer. C'est une foi qui accepte de ne pas interroger.
Un écrivain n'existe pas tant qu'il n'a pas écrit, et à la limite on ne sait jamais si c'est vraiment un écrivain.
Les êtres ne se rencontrent à peu près jamais, sauf quelques heures ici et là dans toute existence ; c'est ça le drame.
Ce qui demeure le plus difficile à pardonner, c'est la charité qu'on a reçue.
Il n'est qu'une façon de vaincre assurément la mort, c'est encore de mourir.
L'amour ne pèse pas, cette branche ne casse que si l'oiseau posé sur elle s'envole, "ce qui peut me briser, ce n'est pas que tu t'appuies trop sur moi, c'est que tu m'abandonnes."
L'amour, c'est quand on ne dit rien - qu'est-ce qu'on pourrait dire qui vaille ?
Le théâtre, c'est le temps que chacun s'octroie pour se mesurer à l'aune de l'autre.
Le flirt avec l'avenir est le pire des conformismes, la lâche flatterie du plus fort. Car l'avenir est toujours plus fort que le présent. C'est bien lui, en effet, qui nous jugera. Et certainement sans aucune compétence.
Travailler en ne faisant rien, c'est une approche du bonheur de notre époque.
L'important c'est de se sentir heureux, d'extérieure, la vie devient intérieure, son intensité reste la même et vous savez, c'est bizarre où le bonheur de vivre va parfois se nicher.
Il faut que nos jeunes gens apprennent à vivre dans un univers devenu étrangement mobile. Ils n'y sont pas préparés et c'est une des raisons de leur malaise.
La nuit je vois parfois la silhouette d'un homme qui, sur une route vide et dans un paysage désert, marche derrière un corbillard. Je suis cet homme. C'est toi que le corbillard emporte. Je ne veux pas assister à ta crémation ; je ne veux pas recevoir un bocal avec tes cendres.
C'est dans notre oisiveté, dans nos rêves, que la vérité submergée prend parfois le dessus.
Peindre, ce n'est pas copier l'objet servilement, c'est saisir une harmonie entre de nombreuses relations.
Le passé n'est jamais tout à fait révolu quand il a duré ; c'est le présent qui parfois se dissipe sous nos yeux, faute de prises.
On dit que les chats noirs portent malheur ; en réalité, c'est un faux bruit que les blondes font courir.
C'est l'âme qui fait tout ici-bas ; le reste n'est qu'illusion.
Ecrire, c'est une liaison d'amour avec soi et les choses, et les moments et les gens. Ecrire, c'est comme vivre une vie parallèle à sa vie de chaque jour ; c'est le vase purificateur de l'âme et de ses mouvances.
C'est ça, être vieux. C'est d'avoir un seul endroit où aller, et d'être obligé d'y aller.
Ecrire, c'est transformer des abîmes de banalités en sommets mythologiques.
On prend les portiers de boîtes pour des cerbères mais c'est faux : ils descendent directement du Sphinx de Thèbes. Leurs énigmes soulèvent de vrais problèmes existentiels.
Comme dit mon père : de nos jours, c'est l'horloge qui mène le monde, les aiguilles tournent plus vite qu'autrefois.
Je vis toujours pour le présent. J'accepte ce risque. Je ne renie pas le passé, mais c'est une page à tourner.
- [En prenant un sachet de carotte] Qu'est-ce que c'est que ça ? - Un en-cas sain et nutritif. - Je vais mourir.
Je ne suis pas monsieur Lebowski. C'est vous monsieur Lebowski. Moi je suis le Duc, c'est comme ça qu'il faut m'appeler. Ou alors... ça ou... j'sais pas, le grand Duc ou... l'Archiduc ou... Votre Altesse si vous êtes porté sur les titres.
La réalité, c'est maintenant, là, tout de suite et elle est pas belle à voir alors bouge toi le cul !
C'est un grand danger d'aimer Dieu comme un joueur aime le jeu.
Nous sommes tous résignés à la mort ; c'est à la vie que nous n'arrivons pas à nous résigner.
Mourir, c'est passer du côté du plus fort.
La caractéristique des inventeurs, c'est justement de ne rien trouver.
N'écrivez jamais l'histoire des autres. Contentez-vous d'écrire la vôtre. Vous trouverez que c'est déjà trop.
Dans l'usage ordinaire, la première question que l'on fait sur une femme que l'on ne connaît point, c'est, est-elle belle ? La seconde, a-t-elle de l'esprit ? Il arrive rarement que l'on fasse une troisième question.
La démolition c'est comme la morale, ça fout tout par terre.
On peut fort bien vivre sans âme, il n'y a pas de quoi en faire une histoire, cela arrive très souvent. Le seul problème, c'est que les choses ne viennent plus vers vous, quand vous les appelez par leur nom.
La principale différence entre le boucher et le banquier c'est qu'il y en a un des deux qui ne dira jamais : "Il y en a un peu plus, je vous le mets ?"
L'amour est un art, une acrobatie, c'est parfois de l'héroïsme.
Si on veut se mettre en couple, l'important c'est d'être réaliste. Une fille mettable, qui fait à bouffer, qui n'a aucune habitude dégoûtante et te supporte tel que tu es, sans chercher à te mettre au pas et te faire aimer les légumes verts, on ne peut pas en demander beaucoup plus à l'amour.
La poésie, c'est quand le silence prend la parole.
Qu'est-ce que la démocratie sinon une invention mathématique ? C'est la politique par le calcul de la majorité.
Quand les problèmes arrivent, c'est votre famille qui vous soutient.
C'est bien qu'en démocratie chacun veuille jouer sa partition.
Dès que vous commencez à entrer dans la peau d'un personnage, c'est là qu'il vous apparaît vraiment.
Au fond quand on y pense, un type qui doit être vachement frustré, c'est le type qui a réalisé le plancher de la chapelle Sixtine...
S'emparer de ce qui ne peut se défendre, c'est une lâcheté.
La vie ne se fait pas par morceau, c'est un tout qu'il faut bien commencer, si l'on veut bien continuer et bien finir.
Mourir, ce n'est rien. Commence donc par vivre. C'est moins drôle et c'est plus long.
Etre jeune, c'est être spontané, rester proche des sources de la vie, pouvoir se dresser et secouer les chaînes d'une civilisation périmée, oser ce que d'autres n'ont pas eu le courage d'entreprendre ; en somme, se replonger dans l'élémentaire.
On fait toujours semblant de confondre les juges avec la justice, comme les prêtres avec Dieu. C'est ainsi qu'on habitue les hommes à se défier de la justice et de Dieu.