Ecrire des vers à vingt ans, c'est avoir vingt ans. En écrire à quarante, c'est être poète.
Une gondole, c'est un cercueil avec une rame.
Une femme au début, c'est toujours un rêve.
Le hasard c'est "l'involontaire simulant le volontaire".
Attendre c'est être entre l'immobilité et l'espoir.
Les bons écrivains sont ceux qui utilisent un langage efficace. C'est-à-dire clair et précis.
On n'en revient pas de ce qui se passe dans le monde des adultes, finie l'indulgence attendrie, au casse-pipe il faut aller, et tout seuls, c'est comme ça que se fait le tri !
La nuit je vois parfois la silhouette d'un homme qui, sur une route vide et dans un paysage désert, marche derrière un corbillard. Je suis cet homme. C'est toi que le corbillard emporte. Je ne veux pas assister à ta crémation ; je ne veux pas recevoir un bocal avec tes cendres.
Les mystères du christianisme forment un tout indivisible. Si l'on se plonge dans l'un, on est conduit à tous les autres. C'est ainsi que le chemin qui commence à Bethléem mène immanquablement au Golgotha, de la crèche à la croix.
Un moyen sûr de perdre le bonheur, j'ai trouvé, c'est de le vouloir au détriment de tout le reste.
- Attends, je comprend pas ! C'est laquelle, ta vie ?! - Ça dépend ! La quelle rend ta vie plus supportable ? Je peux t'inventer des milliers d'histoires, mais la tienne sera toujours la même.
Pour le bouc, ce qu'il y a de plus beau, c'est la chèvre.
Dans une boîte de nuit, c'est la lumière qui baisse et les prix qui montent.
Qu'est-ce que la foi ? C'est de croire fermement ce que l'on ne comprend pas.
Bien que les pieds de l'homme n'occupent qu'un petit coin de la terre, c'est par tout l'espace qu'il n'occupe pas que l'homme peut marcher sur la terre immense.
Le meilleur coup de dés, c'est de les laisser dans le cornet.
La seule différence que je connaisse entre la mort et la vie, c'est qu'à présent vous vivez en masse, et que dissous, épars en molécules, dans vingt ans d'ici vous vivrez en détail.
A désinfecter de la vie ce qu'elle abrite de mort, c'est la vie même qui est frappée.
La première expérience de la vie, c'est l'imminence de la mort.
L'amour c'est le coeur qui s'émeut en même temps que l'intelligence.
C'est n'aimer qu'à demi qu'aimer avec réserve.
Qu'un auteur ait quelque chose à dire, et qu'il le dise sincèrement, ne suffit pas à justifier la naissance d'une oeuvre dramatique : ce qui la justifie, c'est que le public ait quelque chose à entendre.
La lecture, c'est sans fin. C'est comme l'amour, c'est comme l'espoir, c'est sans espoir.
Dévoiler les intrigues de la Bourse et des courtiers, c'est entreprendre un des travaux d'Hercule.
L'histoire d'un amour, c'est le drame de sa lutte contre le temps.
Demander la Légion d'honneur au gouvernement, c'est une politesse à lui faire.
Le comble de la célébrité, c'est de donner naissance à un adjectif. En employant "hugolien", "moliéresque" ou "brechtien", la postérité rend hommage à des écrivains et leur applique une petite couche d'immortalité.
Fumer l'opium, c'est quitter le train en marche ; c'est s'occuper d'autre chose que de la vie, de la mort.
L'intelligence met déjà à l'écart. Mais si la sensibilité s'y ajoute, alors là, c'est la solitude complète.
Quant à ces féroces soldats, je le dis, c'est pas pour cafter, mais y font rien qu'à mugir dans nos campagnes.
Faire un film, c'est d'abord raconter une histoire. Cette histoire peut être improbable, mais elle ne devrait jamais être banale. Ce doit être dramatique et humain. Qu'est-ce que le drame, après tout, si ce n'est la vie avec les éléments ternes coupés ?
C'est un fait: la recherche de la paix n'est pas un vice; l'isolement dans la recherche de la sécurité n'est pas une vertu.
Donner. Rappelez-vous de toujours donner. C'est la seule chose qui vous fera grandir.
Parfois ne plus voir la vie d'avant, c'est mieux.
Le communisme, c'est cette forme de démocratie où, périodiquement, les citoyens ont le droit d'aller voter "oui".
Le dix-huitième siècle, c'est là une partie de sa gloire, a aboli la torture ; le dix-neuvième siècle abolira la peine de mort.
Le plat du jour c'est bien, à condition de savoir à quel jour remonte sa préparation.
Le management, ce n'est pas un art, c'est une discipline.
Le cinéma, c'est l'opéra du vingtième siècle. On a tous les arts : les écrivains, les acteurs, les décorateurs, les chefs opérateurs, les musiciens, pour faire une oeuvre totale.
Ce n'est pas un crime de savoir plusieurs langues, c'est plutôt un malheur.
Devenir vieux, c'est être de plus en plus puni pour un crime que l'on n'a pas commis.
Une des malédictions de la solitude, c'est qu'elle vous contraint à penser excessivement à vous-même.
Un enfant dit toujours ce qu'il pense. C'est ce qui fait qu'il est enfant.
C'est à force de chasser pour obtenir de la nourriture que l'homme a éprouvé l'envie d'étendre son territoire tant et si bien qu'il a fini par fabriquer et envoyer des fusées au-delà de la planète.
Prendre connaissance de la vie, c'est savoir la supporter.
Sachons donc borner notre ambition : c'est un funeste délire que de soupirer après ce qu'on ne peut atteindre.
En matière politique, grimper, c'est ramper verticalement.
La vie, c'est un peu comme une pièce de théâtre, dont nous serions les acteurs... et les autres, le public. Mais à la fin, on ne vient pas saluer. On meurt sur scène comme Molière.
C'est seulement dans l'imagination des hommes que chaque vérité trouve une existence réelle et indéniable. L'imagination, et non l'invention, est le maître suprême de l'art, comme de la vie.
Un borgne, c'est un infirme qui n'a droit qu'à un demi-chien.