On croit que je compte les poissons. Non. Je scrute leur âme, je lis leurs rêves, et ils envahissent les miens. Les gens pensent que c'est con un poisson. C'est faux. Ils savent se taire. C'est les gens qui sont cons. Le poisson qui sait tout n'a pas besoin de penser...
La guerre, ce n'est pas l'acceptation du risque. Ce n'est pas l'acceptation du combat. C'est à certaines heures, pour le combattant, l'acceptation pure et simple de la mort.
C'est le propre de l'amour d'être forcé de croître, sous peine de diminuer.
La notion de liberté n'est pas une notion, c'est une nostalgie de la mémoire.
On dit communément : "La plus belle femme du monde ne peut donner que ce qu'elle a" ; ce qui est très faux : elle donne précisément ce qu'on croit recevoir, puisqu'en ce genre c'est l'imagination qui fait le prix de ce qu'on reçoit.
On regarde une femme savante comme on le fait d'une belle arme : c'est une pièce de cabinet, que l'on montre aux curieux.
Le mal secret qui nous ronge, c'est que nous ne croyons pas à ce que nous sommes !
Tirer vanité de son rang, c'est avertir qu'on est au-dessous.
On ne peut rien dire on ne peut que décrire notre façon de vivre et encore c'est trop les imbéciles pourraient croire qu'on la propose en modèle.
Le grave inconvénient d'être l'ami le plus intime d'un jeune auteur dramatique, c'est qu'il vous prie d'assister à la première dans la loge de sa mère.
La République, c'est le déploiement de la démocratie libérale et représentative à l'intérieur et par le moyen de l'autorité de l'Etat.
Dire je t'aime au lieu de dire je te désire, c'est se proposer une tâche infinie.
Le pire dans la vieillesse, ce n'est pas la diminution physique, c'est le dégoût de l'humanité. Combien commencent en subversifs pour finir en grincheux ?
Se rappeler que, bientôt, je serai mort, c'est l'outil le plus important que j'ai trouvé pour prendre de grandes décisions dans ma vie.
C'est l'idée fausse commune sur les contes de fées. Ils ont très rarement une fin heureuse.
Je voudrais écrire comme je fais mes peintures, c'est-à-dire, comme la fantaisie me prend, comme la lune le dicte.
Être gay n'est pas une invention occidentale. C'est une réalité humaine.
Je suis un artiste et mon oeuvre c'est moi.
La vie, c'est la minute où nous cherchons tous à être heureux.
Le cerveau de l'imbécile n'est pas un cerveau vide, c'est un cerveau encombré où les idées fermentent au lieu de s'assimiler, comme les résidus alimentaires dans un colon envahi par les toxines.
Pourquoi hésiter jamais sur notre devoir, quand il se reconnaît d'emblée à ce signe : le devoir c'est ce qui nous embête.
De tous les animaux qui s'élèvent dans l'air, Qui marchent sur la terre, ou nagent dans la mer, De Paris au Pérou, du Japon jusqu'à Rome, Le plus sot animal, à mon avis, c'est l'homme.
La femme idéale, c'est celle qu'on découvre quand on est déjà marié.
Un couple, à moins d'un très grand amour, cela devient deux fois soi-même, et c'est insupportable.
J'étends ces réflexions jusqu'au plaisir même : le définir, c'est le détruire ; il s'est couvert d'un voile brillant qui s'obscurcit dès qu'on cherche à le lever.
La presque totalité des hommes s'imagine qu'être jugé apte à quelque chose est un bien. En réalité, c'est être jugé inapte à tout ce qui est un avantage.
L'aristocratie n'existant plus, l'étrange pouvoir qui reste paradoxalement le sien, c'est le privilège de mesurer la hiérarchie des illusions.
Un homme couvert de crimes est toujours intéressant. C'est une cible pour la miséricorde.
C'est plus facile d'avoir chacun son dieu, ça permet d'être Dieu soi-même.
Briller comme une étoile filanteC'est l'aventure qui les tenteEt puis cet étrange pouvoirQui s'est glissé dans leur regardVivre plus vite que les autresAvoir un pied dans le futurVivre les rêves qui sont les nôtresEt obéir à sa naturePuisque rien ne dure vraiment.
Je deviens ce que les médias ont fait de moi, c'est à dire rien !
La campagne c'est cette musique, cette agitation de branches, de feuilles et de cris qui s'enfle et s'architecture quand on ferme les yeux.
Les footballeurs sont comme les prostituées. Leur boulot c'est de se détruire le corps pour le plaisir de gens qu'ils ne connaissent même pas.
Là ou est l'ordre, c'est le pain ; là où est le désordre, c'est la faim.
Nous savons au moins déja une chose, c'est que l'homme est merveilleux, et que les hommes sont pitoyables.
La sagesse suprême, c'est de regarder le monde comme un message publicitaire.
La fidélité, c'est une idée creuse, une vanité aveugle, comme si on tenait quelque chose, comme si on se croyait immortel, comme on l'était.
Le spectacle, c'est un monde de loups. C'est pire qu'un monde de loups. C'est un monde où les loups ne vous rappellent pas au téléphone.
Nous savons maintenant que rêver est une nécessité biologique. Je pense que c'est ce que font les artistes - ils rêvent pour les autres.
Vivre une expérience, un destin, c'est l'accepter pleinement.
Je ne m'intéresse pas vraiment à la beauté. Ce qui me touche, c'est quelqu'un qui se comprend lui même.
- « Chère Bree, je t'aimerais toujours, mais je n'ai plus la force de me battre, alors j'ai décidé... de quitter la vie comme je l'entends ». C'est une lettre de suicide ? - C'est plutôt un brouillon de suicide...
- Vous êtes une grande artiste ! - C'est parce que j'ai mis des talons.
J'aimais: c'est un état de folie qu'est l'amour.
La justice, c'est l'injustice équitablement partagée.
Un ami, c'est celui qui devine toujours quand on a besoin de lui.
C'est un devoir pour nous, les forts, de porter les faiblesses de ceux qui n'ont pas cette force et de ne point rechercher ce qui nous plaît.
Quand Paris se sent morveux, c'est la France tout entière qui se mouche.
C'est quelqu'un d'autre qui peut dire à l'escargot comment est sa coquille.
La guerre est donc divine en elle-même, puisque c'est une loi du monde.