Les récréations se passent maintenant derrière les buissons de prunelliers. Et, deux à deux, elles se fouettent mutuellement, bienheureuses quand le sang entoure leurs cuisses d'un mince et chaud reptile.
Soyez donc résolus à ne plus servir et vous serez libres.
On attend des femmes qu'elles soient "féminines", c'est-à-dire souriantes, sympathiques, attentionnées, soumises, discrètes, retenues, voire effacées. Et la prétendue "féminité" n'est souvent pas autre chose qu'une forme de complaisance.
L'esprit du savant se trouve en quelque sorte toujours placé entre deux observations : l'une qui sert de point de départ au raisonnement, et l'autre qui lui sert de conclusion.
C'est sur la confiance que repose toute l'existence de l'homme social.
Si les objets pleins étaient remplacés par l'intervalle qu'il y a entre ces objets, cet intervalle seul étant plein, les anciens objets servant d'intervalle ; personne n'arriverait à prendre quoi que ce soit.
Marchenoir méprisait, haïssait Paris, et cependant il ne concevait habitable aucune autre ville terrestre. C'est que l'indifférence de la multitude est un désert plus sûr que le désert même, pour ces coeurs altiers qu'offense la salissante sympathie des médiocres.
Un gourmet ? C'est un gourmand qui se domine.
Il est difficile pour un peuple d'effacer les habitudes créées par des traditions tri-millénaires de culte impérial.
Les vrais gentlemen pratiquent, certes, l'interruptus coïtus... le tout est de savoir qui est gentleman ? Rien ne s'affiche dans ce domaine au trombinoscope et à la vêture.
Si j'étais un créateur de mode qui ne faisait que suivre les tendances ou créer pour des célébrités, je ne serais pas comblé.
J'aime les bons mots forts qui signifient quelque chose.
Quelqu'un comme moi, a été sauvé par la spiritualité laique, sauvé par le génie français.
Paraphrasant Rimbaud, on peut alors admettre, non plus seulement comme lui, "Je est un autre", mais "Je suis une multitude".
Mais on supporte moins facilement pour autrui ce qu'on accepte assez convenablement pour soi-même.
L'atrocité des lois en empêche l'exécution.
Mon époux est un soutien essentiel.
Faut-il condamner Hugo parce qu'il s'est trompé ? Parce qu'il a cru que la connaissance donnée à tous assurerait la moralisation de tous ? Il faut aimer les illusions quand elles sont généreuses. Même si nous devons plus tard nous attrister quant à leur naïveté.
Des gens comme Charb ou Wolinski n'étaient jamais très loin pour m'envoyer un texto et dire « continue».
L'homme conserve dans l'amour ses traits particuliers. Une femme est toujours transformée par l'amour.
Les chefs-d'Ïuvre ont cela d'immense qu'ils sont éternellement présents aux actes de l'humanité.
Une pensée contient toujours deux sortes de choses, celles qui y sont venues par inspiration et celles qui y sont venues par alluvion.
Dans les milieux littéraires, quand on parle des poètes morts jeunes, ce sont les poètes morts vieux qui se mouchent.
Il faut pleurer, parce que c'est la seule réponse efficace à certaines contradictions plus féroces, à certaines incompatibilités essentielles de la vie, simplement enfin parce que l'injustice existe, et qu'il est vain de la nier.
Fouiller dans un grenier, c'est toujours très beau, même si on y trouve des chaussettes sales.
Dans les hôpitaux, ce sont plus les visiteurs que les malades qui font des gueules d'enterrement.
Le golf donne aux ratés l'occasion de faire leur trou.
Il faut que les endroits faibles d'un livre soient mieux écrits que les autres.
Plaignons les tourterelles qui ne baisent qu'au printemps !
Quand on a raison, il faut raisonner comme un homme. Et comme une femme quand on a tort.
Les partis ne posent de questions qu'au gouvernement. A eux-mêmes, jamais.
Les oeuvres qui ne survivent pas n'ont pas vécu.
Tout s'arrange, le plus souvent, en ne s'arrangeant pas.
Faites des heureux en commençant par vous-mêmes !
L'amour, c'est beaucoup plus que l'amour.
On ne saurait dire si c'était son goût de ce qui était rare qui lui avait donné celui de la justice, ou bien l'inverse.
La moitié de la journée on la passe à rien faire, c'est beaucoup dans une vie. On devrait être payé.
La tendresse n'existe qu'autant que l'amour-propre se néglige.
Tous, nous nous affublons de devoirs qui, un jour, sur un haussement d'épaules, tombent de nous et disparaissent.
Fais que je puisse atteindre la branche des oiseaux !
Quelqu'un habitait là pourtant. Une petite fumée bleuâtre, montant de la cheminée de brique qui dépassait un peu le mur, trahissait une existence cachée, discrète et triste, comme la fumée de ce feu de pauvre.
Mais pendant des siècles, parlant des musulmans, nous avons dit que leur guerre sainte est une infamie ! Et maintenant nous ferions de même ? Aucune guerre ne peut être sainte quand elle entraîne le massacre et l'esclavage.
Qui ne veut pas se défendre, s'offre à sa victime.
L'amour n'étend point son empire sur les vers du cercueil.
Le rôle du journalisme n'est pas de paraphraser l'évidente réalité, mais de nous expliquer ce qu'elle peut dissimuler.
Je vous écris ces mots pour que les maux s'évanouissent. Ma main vous caresse et s'encre parfois.
L'amour vient de beaucoup plus loin. Il est, dans notre maigre humanité, la seule chose qui fasse rêver de clartés éternelles.
Se faire peur pour apprivoiser la peur, telle est la volupté du roman noir, du film d'épouvante.
Tout ce qui oublie la mise en scène et la maîtrise de l'illusion pour verser dans la simple hypothèse et maîtrise du réel tombe dans l'obscène. Le mode d'apparition de l'illusion est celui de la scène, le mode d'apparition du réel est celui de l'obscène.
Se voir soi-même (autrement que dans un miroir).