Il n'y a plus, de nos jours, que deux sortes de piétons : les rapides et les morts.
Dans la mort, les plus à plaindre sont ceux qui restent, dit-on. Bon, demandez leur donc de changer.
Préservatif : accessoire de l'amour masqué.
Les obus et les décorations tombent au hasard sur le juste et l'injuste.
Il n'est pas encore bien prouvé si le bonheur se compose des biens qu'on a ou de ceux qu'on croit avoir.
Confiez au passé sa propre défense, à l'avenir son propre accomplissement.
Vous partagez tout avec un être. Et vous diminuez de moitié.
C'est dans sa forme pure qu'un art frappe fort.
Si nous devions et si nous étions capables de partager les souffrances de chacun, nous ne pourrions pas vivre.
Peu de lectures, mais simples, fortes, qui laissent traces.
Quand je n'ai pas d'embêtements, je m'embête.
Mon orgueil a été brisé, carrière et coeur, il ne m'a pas donné ma chance parce qu'il n'a jamais cru en moi.
Un jour Mitterrand va pas se réveiller, et faudra le remplacer par un vieux tout neuf.
Voyait-il le matin poindre un sophisme protectionniste dans un journal un peu accrédité, aussitôt il prenait la plume, démolissait le sophisme avant même d'avoir songé à déjeuner, et notre langue comptait un petit chef-d'oeuvre de plus.
Nous disons que connaître, c'est pouvoir et c'est prévoir. Pour l'Hindou, c'est devenir et c'est transformer.
En un seul point la femme le cède à l'homme: l'esprit de synthèse. La femme est plus éparse et rassemble moins.
Je t'aime et tu feins de m'ignorer. Je veux croire que tu feins de m'ignorer ou plutôt non ta mimique est pleine d'allusions. La phrase la plus banale a des sous-entendus émouvants quand c'est toi qui m'adresses la parole.
Ce n'est pas ce que l'on dit qui compte, mais ce qu'on entend. C'est fou comme la voix seule peut dire d'une personne qu'on aime - de sa tristesse, de sa fatigue, de sa fragilité, de son intensité à vivre, de sa joie. Sans les gestes, c'est la pudeur qui disparaît, la transparence qui s'installe.
Ces vieux ! Ça n'a qu'une goutte de sang dans les veines, et à la moindre émotion elle leur saute au visage...
Il lui parla à l'oreille, lentement. Des mots usés, des mots neufs, des mots denses, chargés d'amour. Des mots inépuisables. Des mots simples, des mots vrais : Je t'aime. Tu es ce qui m'anime. Je n'ai aimé que toi.
Je viens de voir ma bien-aiméeEt vais au hasard, sans desseins,La bouche encor tout embauméeDu tiède contact de ses seins
Car par le nom connaît-on l'homme.
L'échelle est toujours là. Comme dit Hugo le premier rang est toujours libre.
J'suis pas heureux mais j'en ai l'airJ'ai perdu le sens de l'humourDepuis qu'j'ai le sens des affairesJ'ai réussi et j'en suis fierAu fond je n'ai qu'un seul regretJ'fais pas c'que j'aurais voulu faire...
Je connais ma leçon ; je dois dire : « J'existe ».Même si le pollen a remplacé mon coeur.Qui craint la mort ? La mort ne saurait être triste ;Grâce à elle ma peau se couvrira de fleurs.
À nul âge on ne philosophe mieux qu'à vingt ans, et surtout vers quatre heures du matin.
Nos coeurs gonflés de bonheur veulent conserver cette joie, en jouir longtemps.
Mais, en même temps que changeait son destin, son âme se trouva miraculeusement purifiée de l'escafignon des rues de Paris et de la gravéolence des banlieues infâmes où s'étaient pourries les tristes fleurs de sa misérable enfance. Assainissement et oubli complets.
Sans paysans pauvres, il ne saurait y avoir de révolution.
J'ai entendu un jour à la radio: "Je suis immensément fier d'être arménien!". L'écrivain qui parlait insistait sur cet "immensément", alors qu'il s'agit de l'une des appartenances les plus malheureuses de l'Histoire contemporaine.
Oh ! écoute la symphonie ;Rien n'est doux comme l'agonieDe la lèvre à la lèvre unieDans la musique indéfinie...
C'est un grand malheur pour un peuple ou une classe d'obtenir des droits avant d'en être digne.
Ce faisant, la télévision nous anesthésie plus le coeur qu'elle ne nous ouvre les yeux.
La pensée nous console de tous et guérit tout. Si parfois elle vous fait du mal, demandez-lui le remède à ce mal et elle vous le donnera.
La calomnie est comme la guêpe qui vous inquiète, et dont il ne vaut mieux chercher à se débarrasser que si vous êtes sûr de la tuer ; car autrement il revient à la charge plus furieux que jamais.
L'étiquette "gauche" est devenue une arnaque.
La création est d'abord une lutte contre soi, ensuite contre tous et contre tout.
We all share the same responsibility: make our planet great again.
J'ai un penchant naturel pour les mots et leur côté farce. J'en ai acquis une certaine technique, et ne sais m'empêcher de mettre cette farce à toutes les sauces. Ce n'est pas un métier, mais... ça sert d'os, et pour moi, c'est le squelette de toute expression du comique.
Je ne suis plus dans le coup.
Un acteur ne peut pas dire non, c'est contre son travail. S'il veut le rôle, il doit dire oui.
J'ai accepté mes maladresses, j'ai compris que ma patte était dans mes défauts.
Les photos, ça m'angoisse. J'ai l'impression qu'en un clic, on peut me prendre un moment de vie que je n'ai pas forcément voulu donner, on peut entrer dans mon intimité.
Je me suis senti habité par la haine.
La guerre constitue peut-être, dans l'activité générale, un inéluctable élément comme la naissance et comme la mort.
Les mariages, pendant quelque temps, sont soutenus par le désir ; une journée de scènes ou de silence est équilibrée par vingt minutes de nuit.
L'artiste contient l'intellectuel. La réciproque est rarement vraie.
Ce que le lecteur veut, c'est se lire. En lisant ce qu'il approuve, il pense qu'il pourrait l'avoir écrit. Il peut même en vouloir au livre de prendre sa place.
Dieu est le point tangent de zéro et de l'infini.
Il est bien peu de monstres qui méritent la peur que nous en avons.