C'est un mot obscur que celui de l'amour. Il résonne dans nos coeurs comme le nom d'un pays lointain dont, depuis l'enfance, on a entendu vanter les cieux et les marbres.
La réalité est presque toujours un démenti constant infligé à nos craintes comme à nos espoirs.
Parfois, nous avons la chance de savoir que nos vies ont changé, de jeter l'ancien, de prendre le nouveau et de suivre une trajectoire immuable.
Nos rêves semblent d'abord impossibles, puis improbables et enfin ils deviennent inévitables.
L'amibe n'a pratiquement pas contribué au développement de l'amour - si l'on excepte le dicton populaire : "Les amibes de nos amibes sont nos amibes."
Dieu n'existe que dans nos esprits. Et, si l'homme peut concevoir Dieu, Dieu lui est alors inférieur, n'étant qu'un aspect de sa conscience.
Disons nous et disons à nos enfants que tant qu'il restera un esclave sur la surface de la Terre, l'asservissement de cet homme est une injure permanente faite à la race humaine toute entière.
Est-il donc vrai que dans tout amour, il y a une souffrance en éclosion ? Pourquoi devons-nous toujours payer d'une incertitude, d'un doute, d'une angoisse même, nos plus petits bonheurs ?
Nous ne choisissons pas plus nos convictions que nous n'avons choisi notre sexe.
C'est notre amour-propre que l'amour nous séduit ; hé ! comment résister à un sentiment qui embellit à nos yeux ce que nous avons, nous rend ce que nous avons perdu et nous donne ce que nous n'avons pas ?
Le mépris doit être le plus mystérieux de nos sentiments.
Il n'y a que la littérature pour contourner, tout en les déplaçant, les interdits dont sont frappés nos rêves et nos désirs.
Les femmes de l'écran réalisent à leur manière délicieuse nos rêves de mâles jamais assouvis.
C'est dans notre oisiveté, dans nos rêves, que la vérité submergée prend parfois le dessus.
Rien ne vient à nous que falsifié et altéré par nos sens.
De quoi meurt cet enfant ? Dût la réponse troubler, il meurt aussi de nos silences.
Nos goûts et nos passions nous dégradent plus que nos opinions et nos erreurs.
Dieu nous jugera en fonction de nos pensées et actes, non selon ce que les autres peuvent dire de nous.
Nos défauts devraient nous donner une qualité : l'indulgence pour les défauts des autres.
Si nous y réfléchissions, nous élèverions sans cesse nos regards vers le ciel, notre véritable patrie. Mais nous nous laissons emporter çà et là par le monde et nous ne songeons pas à l'unique chose qui devrait nous occuper.
Les voyageurs parlent d'une espèce d'hommes sauvages, qui soufflent au passant des aiguilles empoisonnées. C'est l'image de nos critiques.
A-t-on bien vu que, lorsque le destin s'en mêle, il va comme le vent et jonche la route avec les coeurs - nos pauvres coeurs humains ? Ainsi se font les feuilles mortes.
Ne te fais pas d'illusion sur les illusions qui ne sont que l'enfer de nos rêves.
Les enfants peuvent être ici nos guides ; voyez chez eux le rire succède vite aux larmes.
La première partie de notre vie est gâchée par nos parents, et la seconde par nos enfants.
Nos idées morales naturelles et frustes, au lieu de fournir un remède à la partialité de nos affections, s'accordent plutôt avec cette partialité et lui donnent un supplément de force et d'influence.
L'image du corps est la synthèse vivante de nos expériences émotionnelles. Elle peut être considérée comme l'incarnation symbolique inconsciente du sujet désirant et ce, avant même que l'individu en question sache dire "Je".
On se plaint de la brièveté de la vie, et tous nos efforts tendent à la passer brièvement.
La mort, dit-on, nous acquitte de toutes nos obligations.
Et si tout n'existait que dans nos rêves ? Ou pire, s'il n'y avait que ce gros type à la rangée numéro 3 qui existait ?
Le Canada est un pays dont les principales exportations sont les joueurs de hockey et les fronts froids. Nos principales importations sont les joueurs de baseball et les pluies acides.
Que nos douleurs seraient supportables, s'il n'y avait pas les joies des voisins.
Ce sont toujours nos bons sentiments qui nous font faire de vilaines choses.
C'est toujours la même chose : nos amours sont sublimes ; celles des autres sont d'ignobles coucheries.
Aucun de nos instants qui ne soit éphémère ! La mort est une corde au cou de tout vivant.
L'autre côté de la vie c'est le printemps, il y fait Dieu comme il fait soleil sur nos printemps de la terre.
Jupiter nous a chargé de deux besaces : l'une, remplie de nos fautes, qu'il a placée sur le dos ; l'autre contenant celles d'autrui, qu'il a pendue devant.
Plus nous aimons nos amis, moins nous les flattons ; c'est en n'excusant rien que l'amour pur se montre.
Nos valeurs nous invitent à nous soucier de la vie de personnes que nous ne rencontrerons jamais.
Dieu a mis dans la créature ce sens infaillible du Bien. Rien de ce que nos désirs nous portent à faire n'est mauvais, si l'amour en est le guide.
Nous nous penchons volontiers sur les problèmes des autres pays afin d'oublier nos propres ennuis.
Tout nous prouve que de jour en jour nos moeurs s'adoucissent, les esprits s'éclairent, la raison gagne du terrain...
Pour inspecter notre propre cerveau, nous n'avons que nos propres cerveaux.
Aucun acte n'est raisonnable, s'il n'est pas suscité tout au fond de nous-mêmes par nos désirs cachés.
Nos réflexions. Elles sont le fruit de notre commerce avec les autres, du frottement de notre intelligence avec la leur et du travail souterrain que nos lectures et nos conversations effectuent en nous.
Un système de protection de la nature basé exclusivement sur l'intérêt économique est désespérément bancal. Il tend à ignorer, donc en fin de compte à éliminer beaucoup d'éléments qui manquent de valeur commerciale mais sont (dans l'état actuel de nos connaissances) essentiels à son bon fonctionnement.
La musique peut mesurer la largeur de nos horizons. Mon esprit veut voir à l'infini.
Les femmes d'aujourd'hui ne nous pardonnent plus nos fautes : elles ne nous pardonnent même pas les leurs.
Plus la situation est mythique, moins on accepte que les personnages de nos romans publics s'en tirent sans mystère.
Nos cauchemars, c'est notre âme qui balaye devant sa porte.