Si nous sommes dans la joie, gardons-nous de porter nos pensées au-delà du présent.
On dirait que nos gestes nous cherchent lentement, partout.
Le stade le plus élevé possible de la culture morale est celui où nous reconnaissons que nous devons contrôler nos pensées.
De nos jours, la richesse, c'est le pouvoir.
Il en est de nos jugements comme de nos montres ; aucune ne dit comme l'autre, mais chacun se fie à la sienne.
Une de nos caractéristiques nationales est l'extrême susceptibilité à l'inégalité.
Il ne se passe pas de jours que nous menions à l'abattoir les plus purs de nos élans.
De nos jours, trois pointes et un mensonge font un écrivain.
C'est ignoble une collectivité, peu importe le nom que tu lui donnes : elle attend de nous des gestes, des actes. Elle nous impose le monde puis elle exige que nous fassions nos preuves.
Notre culture, nos artistes, nos créateurs, par leur génie, leur audace, insufflent partout dans le monde ce "désir de France".
Il faut surveiller nos ennemis, car ils voient les premiers nos défauts.
Quels que puissent être nos efforts, la plus longue vie bien employée ne nous permettra jamais de rendre qu'une portion imperceptible de ce que nous avons reçu. Ce ne serait pourtant qu'après une restitution complète que nous serions dignement autorisés à réclamer la réciprocité des nouveaux services. Tout droit humain est donc absurde autant qu'immoral.
Nous nous piquons à nos opinions avec d'autant plus de violence que nous les sentons plus discutées ou plus douteuses, les tenant ainsi pour certaines à proportion qu'elles ne le sont pas.
Une fois que nous connaissons nos faiblesses, elles cessent de nous faire du mal.
Nos besoins de haine sont satisfaits, mais nos besoins d'amour restent inoccupés.
Les sentiments purs et francs que nous portons dans nos coeurs sont les seules sources véridiques de l'art.
Une circonstance imaginaire qu'il nous plaît d'ajouter à nos afflictions, c'est de croire que nous serons inconsolables.
Quels misérables nous serions, si nous n'étions pas fiers de nos ancêtres !
De nos jours, on ne sait plus, on ne se rend plus compte de tout le bonheur de l'anthracite anglais ! Comment il nous réchauffait couilles et miches et pognes pendant ces hivers terribles. Aujourd'hui, rares ceux qui se souviennent... quelques édentés crachoteux en leur grabat.
On va mettre cela sur le compte de la fatigue mais je me suis surprise à patauger dans la guimauve. Grosse bouffée de tendresse pour ces trois-là et intuition que nous étions en train de vivre nos dernières tartines d'enfance...
La deuxième vague est là. Nos services de réanimation sont sous pression. Sans mobilisation collective, ils seront rapidement saturés. Préserver notre système de santé et nos soignants, protéger les Français : tel est le sens des mesures que nous prenons.
La nudité de nos pensées restera secrète le temps qu'il faut.
Un triomphe ne sied guère qu'aux morts. Vivant, il se trouve toujours quelqu'un pour nous reprocher nos faiblesses.
Tout est dans un flux continuel sur la terre. Rien n'y garde une forme constante et arrêtée, et nos affections qui s'attachent aux choses extérieures passent et changent nécessairement comme elles.
Les prostituées sont souvent, après les religieuses, nos meilleures patriotes.
Albert Cohen s'est trompé : ce ne sont pas les bruits de chasse d'eau qui tuent l'amour. C'est la crainte de l'ennui qui mue nos rêves flamboyants en cauchemars climatisés.
La télévision et le cinéma saturent et banalisent nos vies, ils banalisent de plus en plus notre théâtre.
La lumière de la chair dévoilée par le vent bourrasques change nos plans. Oh oui, vision brutale et brûlante d'un bout de corps en mouvement.
Toute saison embellit la maison de nos amours.
La faiblesse de notre raison et l'insuffisance de nos lois se font sentir tous les jours.
Le silence est la dernière joie des malheureux ; gardez-vous de mettre qui que ce soit sur la trace de vos douleurs, les curieux pompent nos larmes comme les mouches font du sang d'un daim blessé.
À partir d'un certain âge, nos parents sont des cadrants vivants qui nous indiquent l'heure de notre décrépitude. Les regarder c'est nous voir trente ans plus tard, anticiper des lendemains chagrins.
Il n'y a rien de plus confinant que les prisons de nos propres perceptions.
L'abîme de l'éternité nous hante. Ainsi, s'interroge-t-on : nos actes retentiront-ils à travers les siècles ? Des inconnus entendront-ils notre nom bien après notre mort et se demanderont-ils qui l'on était, si l'on bataillait avec bravoure, et si l'on aimait avec fougue ?
Nous sommes faits de l'étoffe de nos rêves.
On dit qu'il faut s'efforcer de retrancher tous les jours de nos besoins. C'est surtout aux besoins de l'amour-propre qu'il faut appliquer cette maxime. Ce sont les plus tyranniques, et qu'on doit le plus combattre.
Nos amis sont notre miroir, notre mémoire ; on n'exige rien d'eux, si ce n'est qu'ils astiquent de temps en temps ce miroir pour que l'on puisse s'y regarder.
Nos jours sont comptés : par des statisticiens.
Nous sommes tous des farceurs : nous survivons à nos problèmes.
Nous frapperons l'air neuf de nos têtes cuirasséesNous frapperons le soleil de nos paumes grandes ouvertesNous frapperons le sol du pied nu de nos voix.
Nous sommes capables d'aimer autrui, avec ses faiblesses, lorsque nous cessons de nous détester, pour nos faiblesses.
Nos politiciens, ils me paraissent tous comme des animateurs de jeux télévisés.
Nos mères sont nos enfants et nous voulons que nos enfants soient nos mères.
Nous nous concentrons tellement sur nos différences, et cela crée, je pense, beaucoup de chaos, de négativité et d'intimidation dans le monde. Et je pense que si tout le monde se concentrait sur ce que nous avons tous en commun - c'est-à-dire - nous voulons tous être heureux.
Téméraire : insensible à la valeur de nos conseils.
Nous serons un jour (mais qui de nous deux le premier ?) meurtris par notre cercueil, nos mains jointes seront opprimées par des planches clouées à grand bruit ; nos visages d'humoristes n'auront plus que les marques pénibles de cette [...] ► Lire la suite
Cette incapacité de nos sociétés à fonder une civilisation du temps libéré entraîne une distribution absurde et scandaleusement injuste du travail, du temps disponible et des richesses.
A quoi bon chercher à porter longtemps nos vêtements alors que la vie elle-même est courte ?
Le temps n'abîme pas nos premiers enthousiasmes, même s'ils prennent la poussière dans notre mémoire.
Un fragile qui marche va toujours plus loin qu'un fort qui reste assis. Ce moment est venu : nos résolutions sont prises. Il convient de boucler notre sac, de ne pas oublier la boussole et la carte.