Les dieux sont nos métaphores, et nos métaphores sont nos pensées.
Est-ce significatif ? Nous n'avons pas en français l'équivalent de to love, to like. Il nous faut avec le même verbe aimer notre femme et la tarte aux pommes, notre pays ou seulement le paysage, nos enfants ou les jeux de cartes.
Nous n'avons de respect que pour les catastrophes, signe infaillible de la fadeur de nos existences et de l'épuisement de nos instincts.
Nos espoirs sont grands. Notre foi dans le peuple est grande. Notre courage est fort. Et nos rêves pour ce beau pays ne mourront jamais.
La photographie a ouvert des horizons illimités à la pathologie du progrès, puisqu'elle nous a incités à déléguer à la multitude de nos machines de vision le pouvoir exorbitant de regarder le monde, de le représenter, de le contrôler.
Le bois était triste aussi,Et du feuillage obscurci,Goutte à goutte,La tristesse de la nuit,Dans nos coeurs noyés d'ennui,Tombait toute...
La morale et les lumières sont nos premières nécessités.
Pourquoi les mots, cette précision brutale qui maltraite nos complications ?
La paix est attaquée de toute part, dans nos régions, nos pays et nos communautés et le poison de la guerre infecte notre monde.
Nos destinées et nos volontés jouent presque toujours à contretemps.
On avait souhaité qu'un sang impur abreuve nos sillons sans savoir qu'un jour un déluge de sons impurs abreuverait nos microsillons.
Le monde est notre cahier d'écolier, sur ses pages nous faisons nos exercices.
Ceux qui ont vécu plus longtemps que nous ont toujours quelque chose à nous apprendre, que nous pouvons prendre avec nous pour le reste de nos vies.
Ce que nous appelons mouvements du coeur n'est que le bousculement irraisonnable de nos pensées.
La mort vient figer nos traits ; elle crée, pour nous seuls, une patrie de silence et de repos.
Nos haines valent mieux lorsqu'elles ne quittent pas nos bouches.
Nous avons tous les moyens d'être prospères. Nous devons trouver l'équilibre entre notre richesse et nos besoins.
En parlant de nos affaires, nous n'apprenons pas seulement beaucoup d'autrui ; mais aussi de nous-mêmes. L'esprit achève ses propres pensées en les mettant au-dehors.
Personne ne vous oblige à voir ce que vous ne voulez pas voir, on filtre suffisamment de choses comme ça, de nos jours.
Nous percevons toujours ce qui est nouveau chaussé de nos lunettes du passé et notre vue s'y déforme.
Si la prière ne change pas notre destin, elle change nos sentiments, utilité qui n'est pas moindre.
Il y a un mystère dans les voies qu'empruntent nos enfants pour se séparer de nous. Elles passent souvent par un moment d'effondrement individuel, un peu comme s'il fallait mourir pour vivre.
Les réalités de la nature dépassent nos rêves les plus ambitieux.
Comme des bibliothèques aux multiples rayons que l'on classe, déplace, aménage, lentement nos identités se recomposent.
Nous devrions sécréter une gomme spéciale effaçant au fur-et-à-mesure nos oeuvres et leur souvenir.
Nos sommes des puritains, c'est l'histoire qui l'a voulu. C'est pour ça qu'une petite pipe au président tourne à l'affaire d' État
Aimer c'est, finalement, faire don de nos préférences à ceux que nous préférons.
L'Angleterre, c'est un pays extraordinaire. Tandis qu'en France nous donnons à nos rues des noms de victoires : Wagram, Austerlitz..., là-bas on leur colle des noms de défaites : Trafalgar Square, Waterloo Place.
D'ailleurs, de nos jours, presque toutes les personnes capables ont terriblement peur d'être ridicules, et en sont malheureuses.
Ne nous épuisons pas à contrarier nos instincts, ils sont plus forts que nous.
Nous réaffirmons que des jours comme celui-ci, il n'y a ni républicains ni démocrates. Nous sommes des Américains, unis dans le souci de nos concitoyens.
Nous sommes à la fois tentés par l'hominisation des animaux, qui révèle souvent nos projections fantasmatiques, et par la bestialisation des hommes, autre manière pour nous de figer l'autre dans une animalité indigne.
Ce sont nos passions qui esquissent nos livres, le repos d'intervalle qui les écrit.
S'il y a un Dieu, il est caché, il est ailleurs, il est hors du temps, il n'obéit pas à nos lois et nous ne pouvons rien dire de lui. Nous ne pouvons décréter ni qu'il existe ni qu'il n'existe pas.
Presque tous les humains, au fond, sont nos amis, pourvu qu'on leur laisse la chance, qu'on se remette entre leurs mains et qu'on leur laisse voir le moindre signe d'amitié.
Nous préférons être battus sur nos idées qu'élus avec celles de nos adversaires.
Comme dit mon père : de nos jours, c'est l'horloge qui mène le monde, les aiguilles tournent plus vite qu'autrefois.
Grâce à la fiction, au cinéma, au théâtre, nos propres vies s'éclairent et prennent une richesse colossale.
Les gens ne s'embrassent guère, de nos jours. On veut le corps tout de suite, on le veut tout entier et, quand on l'a eu, on n'a plus que faire d'un baiser.
Que de symphonies, que d'extases en puissance pour un artiste devant la gamme merveilleuse de nos sens !
La source de nos chagrins est d'ordinaire dans nos erreurs.
Nos fautes sont vouées à l'oubli et c'est ce qu'elles méritent.
On ne peut pas réparer la chair qui a été blessée, on ne se console pas de l'absence de nos morts.
Je serai un président solidaire de nos alliés et amis, et le dirais clairement à nos adversaires : le temps des flirts avec les dictateurs est révolu.
Nos vies ne sont que d'obscures intermèdes dans les grands jeux électriques de Dieu Le Père.
De nos jours, la parole est devenue flottante tout comme les devises.
Toutes nos phrases sont dictées par les nécessités et les illusions de notre situation concrète.
Nous attendions notre plaisir de ses péripéties enchaînée, campés hors du temps, dans la fumée des pipes et les relents du marc brutal dont les femmes remplissaient nos verres.
Essayer coûte que coûte de n'être qu'un, c'est ignorer nos propres contradictions et vivre dans le mensonge. Alors qu'en exprimant nos contradictions, nous ne nous en portons que mieux !
Quelles vies seraient nos vies si elles n'étaient pas pécheresses ?...