La mort, dit-on, nous acquitte de toutes nos obligations.
Consentir à autrui le pouvoir de vie et de mort sur soi, ou se croire si au-dessus de tout qu'on puisse décider du prix de telle ou telle vie, c'est quitter toute dignité et laisser le mal devenir une valeur.
La plupart des mécanismes de la vie connaissent des ratés, des failles. La mort jamais.
La conformité est la mort de l'âme.
La vie est un départ et la mort un retour.
Beauté de la littérature. Je perds une vache. J'écris sa mort et ça me rapporte de quoi acheter une autre vache.
Le christianisme a empoisonné Eros ; il n'en est pas mort mais il en est devenu vicieux.
La seule chose que nous apprend la mort est qu'il est urgent d'aimer.
Les hommes de coeur même si leurs opinions sont des plus antinomiques, sont toujours capables de dialogue, de compréhension mutuelle et de tolérance. Les hommes moins généreux sont, au contraire, prêts à se haïr à mort pour des futilités.
La vie est une apogée, l'apex, le déclin; la vie est la mort - et tout le reste est ouvert à la discussion.
La vie nous console de mourir, et la mort de vivre.
Les gens craignent plus la mort que la souffrance. Or, la vie est souffrance. La mort nous en délivre. N'est-elle pas alors notre meilleure alliée ?
Nous vivons la mort par intermittence et la vie comme un contrat que nous n'avons pas signé.
L'apprentissage de la modération devient plus aisé quand on sait que la mort viendra au moindre abus.
C'est dans la mort qu'on parle le mieux de la vie.
Au fond, il n'y a qu'un seul chrétien, et il est mort sur la croix.
- Et tu promets, que si je meurs d'une mort banale, embarrassante, tu diras à notre fille que son père a été assassiné par des soldats russes, dans un combat épique pour sauver la vie de 850 orphelins tchétchènes ? - Promis, des orphelins tchétchènes, promis.
La peine de mort est une amputation barbare.
Que les supplices des criminels soient utiles. Un homme pendu n'est bon à rien, et un homme condamné aux ouvrages publics sert encore la patrie et est une leçon vivante.
Je m'étonne toujours que des êtres également menacés par la mort se fassent la vie aussi difficile.
Si l'on devait vivre éternellement, tout deviendrait monotone. C'est l'idée de la mort qui nous talonne. C'est la hantise et le désir de l'homme de laisser une trace indélébile de son éphémère passage sur cette terre qui donnent naissance à l'art.
Il n'y a jamais eu de mort à crédit. La mort, on la paie en espèces.
L'esprit, souviens-t'en bien, est la mort du génie.
Si mourir pour son prince est un illustre sort, Quand on meurt pour son Dieu, quelle sera la mort !
Ce qui est effrayant dans la mort de l'être cher, ce n'est pas sa mort, c'est comment on en est consolé.
Peut-être est-ce justement le signe de la mort ; quand la pensée s'arrête.
La mort n'est pas une chose horrible, une chose à éviter, à différer, mais plutôt une compagne de chaque jour. De cette perception naît alors un sens extraordinaire de l'immensité.
Si nous avons bien aimé pendant notre vie, nous avons une vie après la mort - notre amour se poursuit sur des générations.
En apprenant à connaître les maux de la nature, on méprise la mort ; en apprenant à connaître ceux de la société, on méprise la vie.
La première faiblesse de la mort réside dans l'inacceptation spirituelle de cette mort par les vivants.
Si je touche la flamme d'une chandelle, je n'ai aucune douleur, si on m'enfonce un couteau je n'ai pas peur. Je sais qu'elle a un coeur qui bat et que tout est mort en moi. J'ai pourtant cette douleur, qui me dit que ce n'est qu'un leurre, qu'il me reste encore une larme à verser.