Comme des bibliothèques aux multiples rayons que l'on classe, déplace, aménage, lentement nos identités se recomposent.
Nous sommes à la fois tentés par l'hominisation des animaux, qui révèle souvent nos projections fantasmatiques, et par la bestialisation des hommes, autre manière pour nous de figer l'autre dans une animalité indigne.
Nous réaffirmons que des jours comme celui-ci, il n'y a ni républicains ni démocrates. Nous sommes des Américains, unis dans le souci de nos concitoyens.
L'Angleterre, c'est un pays extraordinaire. Tandis qu'en France nous donnons à nos rues des noms de victoires : Wagram, Austerlitz..., là-bas on leur colle des noms de défaites : Trafalgar Square, Waterloo Place.
Nous préférons être battus sur nos idées qu'élus avec celles de nos adversaires.
Nous autres Anglais sommes toujours prêts à pardonner à nos ennemis ; ce qui nous dispense du devoir d'aimer nos amis.
Nous percevons toujours ce qui est nouveau chaussé de nos lunettes du passé et notre vue s'y déforme.
S'il y a quelqu'un qui doute encore que l'Amérique est l'endroit où tout est possible, qui se demande si le rêve de nos pères est encore vivant, qui s'interroge sur le pouvoir de notre démocratie, ce soir vous lui avez répondu.
On ne peut pas réparer la chair qui a été blessée, on ne se console pas de l'absence de nos morts.
De nos jours, la parole est devenue flottante tout comme les devises.
Nos ancêtres aimaient la campagne : ils s'y promenaient et ne la regardaient pas.
Grâce à la fiction, au cinéma, au théâtre, nos propres vies s'éclairent et prennent une richesse colossale.
Nous attendions notre plaisir de ses péripéties enchaînée, campés hors du temps, dans la fumée des pipes et les relents du marc brutal dont les femmes remplissaient nos verres.
Que de symphonies, que d'extases en puissance pour un artiste devant la gamme merveilleuse de nos sens !
Des gens se mêlent de nos vies pour nous empêcher au travail, pour nous empêcher à l'amour, pour nous empêcher au bonheur et même à nos droits.
Quelles vies seraient nos vies si elles n'étaient pas pécheresses ?...
Éloigner nos jouissances, souvent c'est nous servir ; faire attendre le bonheur, c'est ménager à son ami une perspective agréable.
Les gens ne s'embrassent guère, de nos jours. On veut le corps tout de suite, on le veut tout entier et, quand on l'a eu, on n'a plus que faire d'un baiser.
Comme avec des ciseaux, la femme, avec ses cuisses qui s'ouvrent, coupe les gerbes de nos désirs. Nous sommes las d'avoir fauché tant de désirs dans le beau champ de notre amour.
La solitude m'a toujours accompagnée, de près ou de loin, comme elle accompagne tous ceux qui, seuls, tentent de voir et d'entendre, là où d'aucuns ne font que regarder et écouter. Ami inestimable, ennemi mortelle - solitude qui ressource, solitude qui détruit, elle nous pousse à atteindre et à dépasser nos limites.
Le rêve américain fonctionne lorsque notre humanité commune importe plus que nos intérêts particuliers, et lorsque, ensemble, nous créons des possibilités infinies.
Il est facile de juger combien nos connaissances seraient bornées si nous étions réduits à nos observations et méditations personnelles.
De nos jours, l'homme du monde est celui qui a assez d'argent pour faire ce que feraient tous les sots, s'ils en avaient les moyens : c'est-à-dire consommer sans produire.
La nature, le soleil, l'enfance poursuivent leur chemin sans se soucier de nos souffrances.
Quand nous tombons dans un puits, ce ne sont pas nos oreilles qui arrêtent la chute.
Le beau exprime l'accord entre nos facultés sensibles et nos facultés intellectuelles.
Tout le monde sait qu'il n'y a pas de chose normale. Il n'y a pas de définition en noir et blanc de la normale. La normale est subjective. Il n'y a qu'une version désordonnée, incohérente, stupide et pleine d'espoir de ce que nous nous sentons le plus à l'aise dans nos vies.
J'appartiens à une génération qui était, entre guillemets, "rebelle sans raison". Nous rêvions de nous éloigner de nos parents, mener notre vie en toute indépendance.
Cette fragilité face aux coups que l'on nous porte est le fruit de tous nos reniements, nos renoncements, nos lâchetés collectives.
Grande est certainement notre faute, si la misère de nos pauvres découle non pas des lois naturelles, mais de nos institutions.
Les Allemands nous ont pris nos Juifs, ils nous rendent des Arabes.
Quant à ces féroces soldats, je le dis, ce n'est pas pour cafter, mais y font rien qu'à mugir dans nos campagnes.
Sans le pardon de nos fautes et de celles de nos proches autant que de celles de nos ennemis, l'avenir n'a pas la moindre chance d'approcher l'idée du bonheur véritable, à jamais perdu parmi tant d'autres illusions.
Couvrez-nous de fleurs maintenant et vous n'aurez pas à le faire à nos funérailles.
Avez-vous remarqué comme nos proches nous en veulent quand on est heureux à l'écart d'eux ?
La réalité de nos itinéraires est rarement rectiligne.
Les enfants réalisent ce miracle adorable de demeurer des enfants et de voir par nos yeux.
L'oeuvre juste et nécessaire s'accomplira. Si jamais les misères et les vilénies du temps présent jetaient le trouble dans nos coeurs, eh bien, projetons nos regards au-delà de notre moment circonscrit de la durée vers le passé et l'avenir ; [...] ► Lire la suite
Quand nos ennemis vont mal, c'est que nos affaires sont sur le point de mieux aller.
Nos problèmes viennent tous de rien; ils sont tous basés sur un malentendu qui n'existe même pas.
Nos élus ne cessent de pondre des lois burlesques et une pléthore de fonctionnaires sont commis à la mise en application de règlements abscons, incohérents, souvent courtelinesques.
Quand le guignon est à nos trousses, on se noie dans un crachat.
Nos fautes sont vouées à l'oubli et c'est ce qu'elles méritent.
Nos pensées sont les ombres de nos actions.
Les vrais mobiles de nos actes ne sont-ils pas souvent dissimulés derrière une façade d'autant plus facile à ériger qu'elle répond à une nécessité instinctive ?
Face aux montagnes,Qui surplombent nos saisons passagères,Nous sommes ces nuages,Entre gouffres et sommet.
Nous sommes des mots dans une phrase commencée par nos pères qui sera terminée par nos fils.
Le rire pour défendre joyeusement ces notions qu'on ne doit jamais perdre de vue et qui sont sur les frontons de nos bâtiments officiels.
La critique : elle s'enrichit à nos dépens et se nourrit de petits fours.
Chacun sait qu'il y a, de nos jours, deux littératures : la mauvaise, qui est proprement illisible (on la lit beaucoup). Et la bonne qui ne se lit pas.