Il n'y a jamais eu de créature. Il n'y a jamais eu que le couple. Dieu n'a pas créé l'homme et la femme l'un après l'autre. Il a créé deux corps jumeaux, unis par des lanières de chair qu'il a tranchées depuis, le jour où il a créé la tendresse.
L'homme ajoute à toute sensation une autre sensation aussitôt qu'il commence à penser.
Un projet de société se définit par la place qu'il attribue à l'homme, et par la relation qu'il établit entre l'individu et la collectivité.
La vie de l'homme ne dure pas même soixante-dix ans ; que le temps soit beau ou mauvais, les heures ne se ressemblent pas.
Les désirs de l'homme sont des flèches de lumière. Ils peuvent explorer les rêves, visiter le pays des âmes, guérir la maladie, chasser la peur et créer des soleils.
L'homme a beau être blasé, guéri de tous les enthousiasmes, revenu de tous les emportements, il reste en lui un fonds éternel de jeunesse. L'amour est une aventure qui garde son attirance.
Il a fallu que l'intelligence de l'homme fût obscurcie par l'amour pour qu'il ait appelé beau ce sexe de petite taille, aux épaules étroites, aux larges hanches et aux jambes courtes.
Sans contraintes il n'est pas de progrès. Attraction et Répulsion, Raison et Énergie, Amour et Haine, sont nécessaires à l'existence de l'homme.
Mais l'homme ne crée pas... il découvre.
On est l'homme d'un peuple, d'un sol, d'un passé. On peut ne pas le savoir. On peut essayer de l'oublier. Mais les événements se chargent vite de nous ramener aux sources de vie.
C'est à la poésie que tend l'homme ; il n'y a de poésie que du concret.
L'homme est le passé de la femme.
L'homme n'a qu'un mal réel : la crainte de la mort. Délivrez-le de cette crainte et vous le rendrez libre.
L'homme qui en a compris un autre est en état de le dominer.
La gaieté de l'homme conserve la beauté de la femme.
C'est là ce qu'on appelle l'âge mûr de l'homme : vivre des provisions amassées en route.
L'homme n'est pas une créature destinée au bonheur. Voilà. Il est confronté à cette angoisse qui n'existe pas chez l'animal : la conscience du futur. Et plus encore, celle de la mort.
Une femme qui n'est pas intelligente demande les mêmes droits que l'homme. Une femme intelligente y renonce.
L'homme prospère est comme l'arbre : les gens l'entourent tant qu'il est couvert de fruits ; mais sitôt les fruits tombés, les gens se dispersent à la recherche d'un arbre meilleur.
L'homme est un merveilleux phénomène qui semble tenir tout à la fois : d'un animal, d'un néant, d'un miracle, comme d'un Dieu.
L'homme qui médite sur lui même trouvera toujours mille raisons d'être malheureux.
Il y a des erreurs mêlées à toute vérité ; il n'y a encore rien dans la pensée de l'homme d'assez parfait pour être définitif.
Quand l'homme a voulu imiter la marche, il a créé la roue, qui ne ressemble pas à une jambe. Il a fait du surréalisme sans le savoir.
Ce n'est pas suffisant d'être l'amour de quelqu'un. Ça ne signifie pas que tout va bien, ça ne signifie pas que tu es l'homme de ma vie et que je suis la femme de ta vie.
La femme est le roman de l'homme.
Le raisonnement est aussi naturel à l'homme que le vol aux oiseaux.
Sous sa carapace de lâcheté, l'homme aspire à la bonté et veut être aimé. S'il prend le chemin du vice, c'est qu'il a cru prendre un raccourci qui le mènerait à l'amour.
Dès que l'homme est trop heureux, il reste seul ; et il reste seul, également, dès qu'il est trop malheureux.
Etudier la philosophie a plus de chances de changer l'homme en phylloxera qu'en philosophe.
Est vrai ce qui convient à l'homme.
La censure intérieure de l'homme est impitoyable : nous ne connaissons même pas les pensées que nous ne voulons pas enfanter.
La liberté, pour l'homme consiste à faire ce qu'il veut dans ce qu'il peut, comme sa raison consiste à ne pas vouloir tout ce qu'il peut.
Il semble bien difficile de vivre, parce qu'avec ou sans amour, le premier problème de l'homme demeure l'amour.
L'homme doit avoir juste assez de foi en lui-même pour avoir des aventures et juste assez de doute de lui-même pour en jouir.
N'étant jamais définitivement modelé, l'homme est receleur de son contraire.
Tandis que l'homme devient un être humain par l'affirmation de lui-même, la femme le devient en renonçant à elle-même.
Le monde des livres est le plus grand de tous les mondes que l'homme n'a pas reçus de la nature mais tirés de son propre esprit.
L'homme de qualité exige tout de soi. C'est un souverain. L'homme sans qualité exige tout des autres. C'est un despote.
Une nyphomane, c'est une femme qui est à peu près aussi obsédée par le sexe que l'est l'homme ordinaire.
Notre arrogance nous pousse à considérer que l'Homme est unique.
Ce n'est pas tellement un problème de reconnaissance du chanteur. Au bout de cinquante ans de carrière, je n'en suis plus là. C'est plutôt le manque de reconnaissance à l'homme qui me chagrine.
Une femme ne trouve jamais très intelligent l'homme qui l'aime.
Le bien et le mal naissent dans l'homme Tel le poussin qui naît dans l'oeuf.
Il semble que ce soit le sort inévitable de l'homme de ne pouvoir être libre nulle part.
L'homme est né pour vivre et non pour se préparer à vivre.
Sans doute l'homme ne mérite-t-il d'être intégralement ni un objet d'amour ni un objet de haine pour l'homme. Bien connaître quelqu'un, c'est l'avoir tour à tour aimé et haï. Aimer et haïr, ce n'est qu'éprouver avec passion l'être d'un être.
L'homme marié est à un garçon ce qu'est un volume relié à un volume broché.
Dieu a permis le malheur parce qu'il rend l'homme intelligent.
L'homme descend du singe, mais certains descendent plus vite que d'autres.
Depuis l'aube de la conscience jusqu'au milieu de notre siècle, l'homme a dû vivre avec la perspective de sa mort en tant qu'individu ; depuis Hiroshima, l'humanité doit vivre avec la perspective de son extinction en tant qu'espèce biologique.