Dieu aurait pu se contenter de créer l'homme à son image. Mais, en bon schizophrène, il n'a pu s'empêcher de lui faire aussitôt un croche-pied en lui offrant ce foutu libre-arbitre.
Le meurtre, chez l'homme, c'est tout près, c'est juste sous la peau, frémissant, c'est au bord des yeux comme le désir, à fleur de tête. Le meurtre, en un sens, n'est qu'une figure du désir : c'est l'envie de vous le faire passer.
L'homme a inventé le pouvoir des choses absentes.
L'homme qui laisse après lui des fils n'est pas mort.
Les armes sont un facteur important dans la guerre, mais pas le facteur décisif ; c'est l'homme et non les matériaux qui compte.
Si vous voulez jouer votre rôle dans les affaires du monde, vous devez refuser de vous parer pour plaire à l'homme.
Le cri du pauvre monte jusqu'à Dieu, mais il n'arrive pas à l'oreille de l'homme.
La femme ne pardonne pas à l'homme de deviner ce qu'elle pense à travers ce qu'elle dit.
L'homme est une intelligence servie par des organes.
Si la femme, dit le poète, est l'avenir de l'homme, il arrive parfois, loin des chansons, que l'enfant soit le passé de la femme.
L'homme d'un jour n'aime qu'un jour.
L'une des plus curieuses spécialités de l'homme est de donner un pouvoir de torture à l'absence.
Electeur. Personne qui apprécie le distingué privilège de voter pour l'homme du choix d'un autre homme.
L'homme est à la fois le centre du mal et la source du bien.
La conscience de l'homme est une chose étrange, comme un feu que l'on croit éteint et qui se réveille.
La femme est de feu, l'homme est d'étoupe, le diable passe et souffle.
L'amour, naissance universelle, D'un coeur à l'autre se répand, La terre à l'homme, l'homme à elle.
Ce qui se passe dans les profondeurs de l'homme se passe également dans celles de Dieu.
La terre est un chef ; l'homme est son serviteur.
L'homme parfait qui se trouve dans la misère, perd son habileté ; l'homme pervers n'est puissant que quand le sort lui est favorable.
L'homme ne peut rester lui-même qu'en travaillant sans cesse à s'élever au-dessus de lui-même.
Je plains l'homme accablé du poids de son loisir.
Ce qui peut arriver de pire à Dieu, c'est que l'homme ne mette plus en doute son existence. C'est aussi ce qui peut arriver de pire à l'homme.
Pour trouver Dieu en réalité, il faut descendre jusqu'à cette profondeur de soi où l'homme n'est plus qu'image de Dieu ; là même où au jaillissement de soi, il ne se trouve plus que Dieu.
Nul ne sait si l'homme préhistorique était sensible aux senteurs des fleurs.
A égalité d'esprit et de lumière, l'homme né riche ne doit jamais connaître, aussi bien que le pauvre, la nature, le coeur humain et la société. C'est que dans le moment où l'autre plaçait une jouissance, l'autre se consolait par une réflexion.
Une seule pensée de l'homme vaut plus que l'univers tout entier.
La rudesse du combat contre les choses pousse l'homme vers lui-même.
L'homme est un enfant qui s'est bouché.
Les femmes polissent les manières, elles sont les vrais précepteurs du bon goût, les instigatrices de tous les dévouements. L'homme qui les chérit est rarement un barbare.
L'homme âgé sécrète la lucidité comme une vésicule malade trop de bile.
L'homme a appris à concentrer le temps.
La vérité n'est rien à l'homme sans sa découverte.
Et c'est là le grand reproche que j'adresse au pseudo-humanisme: d'avoir trop longtemps rapetissé les droits de l'homme, d'en avoir eu, d'en avoir encore une conception étroite et parcellaire, partielle et partiale et, tout compte fait, sordidement raciste.
Sachez que dans la vie l'homme doit traverser un pont très, très étroit, mais ce qui est essentiel, le plus essentiel, c'est qu'il n'ait pas peur. Pas peur du tout.
Si l'homme connaissait toutes ses passions et pouvait les contrôler, quel univers lugubre nous aurions ! La beauté de l'amour, de la jalousie, de la haine n'est due qu'à l'imprévisible...
Ce qui relève de la biologie : découvrir, si possible, des règles universelles d'évolution des espèces, mais aussi des règles universelles sur lesquelles sont fondées ces possibilités d'individuation, poussés au plus haut point chez l'homme.
Ce n'est qu'en se dépassant que l'homme est pleinement humain.
Il faut, à certaines heures, que l'homme soucieux, anxieux, tourmenté, se retire dans la solitude et qu'il ouvre un livre pour y chercher un principe d'intérêt, un thème de divertissement, une raison de réconfort et d'oubli.
Une femme ne doit pas trop aimer Dieu, se dit-il, car si elle l'aime plus que son mari, elle s'érige en conscience de l'homme, et le harcèle.
Il n'existe pas de race française. La France est une nation, c'est-à-dire une oeuvre humaine, une création de l'homme.
Ce qui différencie l'animal de l'homme, c'est que l'animal ne fait aucune place au futur.
Ayant créé le ciel et la terre, les étoiles et les plantes et les bêtes, l'homme et la femme, Dieu referme sa porte en disant : "Et maintenant je n'y suis pour personne".
L'homme a encore cette supériorité sur la machine qu'il sait se vendre lui-même.
Les jours sont faits pour sonner l'un après l'autre comme une volée de cloches. C'est le coeur de l'homme qui leur sert de battant. Si le coeur n'y est pas, les jours sont tristes.
Passé, avenir, pourquoi l'homme ne sait-il vraiment vivre que dans l'une ou dans l'autre, au mépris du présent ?
L'homme moderne a remplacé Dieu par la science, et le bien et le mal par le permis et l'interdit, mais quand la terre tremblera il reviendra à ses idoles.
Une mauvaise parole blesse l'homme comme six mois de froid.
De quoi vit l'homme ? De sans cesse Torturer, dépouiller, déchirer, égorger, dévorer l'homme. L'homme ne vit que d'oublier sans cesse. Qu'en fin de compte il est un homme. Choeur : Messieurs, vous ne pouvez pas l'empêcher, L'homme ne vit que de méfaits et de péchés !
L'art, avant d'être un instrument de volupté, est une affirmation des droits de l'homme.