Le temps scinde tout ce que l'homme tente de souder.
Le snob est un enfant des sociétés aristocratiques. Perché sur son barreau, il respecte l'homme du barreau supérieur, et méprise l'homme du barreau inférieur, uniquement sans s'informer de ce qu'ils valent.
Si dieu avait eu besoin d'être adoré, il n'eût créé que des chiens. Le chien est bien plus apte que l'homme à l'amour.
De toutes les activités auxquelles l'homme s'est jusqu'alors essayé - guerre, politique, religion, jeux violents, sadisme sans réciprocité - faire de l'argent reste socialement la moins dommageable.
Rien de meilleur à l'homme, que de se taire.
C'est grâce à l'héritage jazz que l'homme singe devient l'homme sage.
De nos jours, l'homme du monde est celui qui a assez d'argent pour faire ce que feraient tous les sots, s'ils en avaient les moyens : c'est-à-dire consommer sans produire.
Les serments qu'échangent deux amants sont aussi raisonnables que le seraient ceux qu'échangeraient un gigot et l'homme qui l'entame.
Les vers ajoutent de l'esprit à la pensée de l'homme qui en a quelquefois assez peu ; et c'est ce qu'on appelle talent.
L'homme tranquille ne parle pas ; l'eau tranquille ne coule pas.
J'aime l'homme incertain de ses fins comme l'est, en avril, l'arbre fruitier.
L'homme recommence toujours tout, même dans sa propre vie.
L'homme ne joue dans sa propre vie qu'un misérable petit rôle.
C'est le devoir de l'homme de lutter contre l'homme pour l'empêcher de devenir trop puissant, par conséquent dangereux.
Ce qu'il y a de plus impressionnant chez l'homme, probablement la seule chose qui excuse sa folie ou sa brutalité, est le fait qu'il ait inventé le concept de ce qui n'existe pas.
Il y a, entre l'homme d'esprit, méchant par caractère, et l'homme d'esprit, bon et honnête, la différence qui se trouve entre un assassin et un homme du monde qui fait bien des armes.
L'homme a beaucoup appris qui a beaucoup souffert.
La femme est le pense-bête de l'homme.
Le dictionnaire est la meilleure preuve qu'il est permis à l'homme de tout ignorer...
L'homme agit, la femme vit.
L'exercice des droits naturels de la femme n'a de bornes que la tyrannie perpétuelle que l'homme lui oppose.
Personne ne sortira d'ici, qui pourrait porter au monde, avec le signe imprimé dans la chair, la sinistre nouvelle de ce que l'homme, à Auschwitz, a pu faire d'un autre homme.
En réalisant ses désirs, autrement dit en se réalisant soi-même, l'homme réalise l'absolu.
L'homme ne croit pas ce qui est, il croit ce qu'il désire qui soit.
La charogne du plus immonde bourgeois se calant et se cantonnant dans sa bière, pour une sereine déliquescence, lui paraissait un témoignage surprenant de l'originelle dignité de l'homme.
Le sage, quoique appauvri, reste fort ; l'homme vulgaire, s'il est appauvri, aussitôt devient vicieux.
La main destructive de l'homme n'épargne rien ; il tue pour se nourrir, il tue pour se vêtir, il tue pour attaquer, il tue pour se défendre, il tue pour s'instruire, il tue pour s'amuser, il tue pour tuer ; il a besoin de tout, et rien ne lui résiste.
Prenez garde à l'homme dont le dieu est dans les cieux.
L'homme doit s'applaudir d'être frivole ; s'il ne l'était pas, il sécherait de douleur en pensant qu'il est né pour un jour, entre deux éternités, et pour souffrir onze heures au moins sur douze.
L'homme n'a été fait ni par lui-même, ni pour lui-même, mais par Dieu et pour Dieu.
L'esprit seul c'est le Dieu des hommes... La chair seule, c'est la brute. La chair et l'esprit, c'est l'homme, un dieu qui a des instincts de brute.
L'argent n'a jamais rendu l'homme heureux, et il ne le fera pas non plus, il n'y a rien dans sa nature pour produire le bonheur. Plus on en a, plus on en veut.
L'homme d'aujourd'hui a pris l'habitude d'être intelligent pour tout, sauf pour les choses de Dieu.
Dans cet éternel commerce qu'est l'existence, et dans cette chambre d'affaires qu'est la vie, Dieu est le client qu'on introduit le dernier, comme dans un bureau d'affaires l'homme de moindre importance.
A mesure que l'homme avance dans la vie, il arrive à une sorte de possession invétérée des idées et des objets, qui n'est autre chose qu'une profonde habitude de vivre. Il devient à lui-même sa propre tradition.
La grandeur de l'homme est qu'il peut trouver à peiner là où une fourmi se reposerait.
L'imagination a été donnée à l'homme pour compenser ce qu'il n'est pas. L'humour pour le consoler de ce qu'il est.
L'art abstrait témoigne que l'homme n'a rien à dire, rien à exprimer ni à fixer, s'il se coupe du monde tel que le capte le regard d'un enfant.
Le besoin de croire à quelque chose d'extraordinaire est inné dans l'homme.
L'homme serait probablement un animal assez supportable, s'il consentait un peu moins à se laisser emmerder par ceux qui veulent faire son bonheur.
Rien ne rapetisse l'homme comme les petits plaisirs.
Il est facile de dire qu'on est heureux et gênant d'avouer qu'on ne l'est pas. Peut-être parce qu'au fond, l'homme est fait pour le bonheur et que les malheurs viennent de lui-même.
Il y a loin de l'homme qui méprise l'argent à celui qui est véritablement honnête.
Sur les défauts d'autrui, l'homme a des yeux perçants.
Il y a un mode par lequel l'homme diffère de tous les autres êtres : c'est non pas par avoir, mais par connaître qu'il a.
La femme est plus apte que l'homme à faire des explorations et à prendre des mesures plus audacieuses dans l'ahimsa.
Pourquoi une femme travaille-t-elle dix ans pour changer les habitudes d'un homme et se plaint qu'il n'est pas l'homme avec qui elle s'est mariée?
Inconsciemment l'homme connaît son destin, il sait qu'un jour il l'atteindra.
Il a été donné à l'homme de penser pour savoir aimer. Le sait-il ? Il a été donné à l'homme de penser pour savoir survivre. Survit-il vraiment ?
L'opposition fondamentale qui constitue l'armature de toutes les oppositions binaires dont l'homme se sert pour exprimer ses pensées et ses raisonnements prend sa source dans la confrontation de l'identique au différent.