Et la larme de l'oeil rit du bruit de la bouche.
L'homme d'aujourd'hui est colossal par l'énormité des responsabilités qui pèsent sur lui, et minuscule devant l'immensité des taches qui de toute part l'appellent.
L'épreuve, c'est l'absence, pas la blessure de vanité.
La prison : une caserne un peu stricte, une école sans indulgence, un sombre atelier, mais, à la limite, rien de qualitativement différent.
Il faut toujours se méfier des femmes, elles dissimulent tout le temps.
Chaque mot poétique est ainsi un objet inattendu, une boite de Pandore d'où s'envolent toues les virtualités du langage; il est donc produit et consommé avec une curiosité particulière, une sorte de gourmandise sacrée. Cette Faim du mot, commune à toute la poésie moderne, fait de la parole poétique une parole terrible et inhumaine.
Je couche toute nue pour me faire croire que vous êtes là mais quand je me réveille, ce n'est plus la même chose.
Avec un sourire, nous devrions instruire notre jeunesse.
Je garderai la blessureAu fond de moi, tout au fondMais au dessus je te jureQue j'effacerai ton nom
La vie moderne exige et attend un nouveau type de plan, tant pour la maison que pour la ville.
La véritable irrévérence aujourd'hui, c'est faire du lien dans une époque qui sépare les êtres.
Sans la moindre métaphore et dans toute l'acceptation du mot, vivre, c'est brûler.
En réalité, ce qu'on entend par avoir du coeur, c'est avoir une faiblesse des glandes lacrymales en même temps qu'une légère paralysie du cervelet.
La fin du monde... Dieu se retourne et dit : "J'ai fait un rêve".
La voix de la conscience et de l'honneur est bien faible quand les boyaux crient.
Un parapluie ouvert est un beau ciel fermé.
Un égoïste est incapable d'aimer un ami ; mais il ne peut se passer d'amis : il ne s'aimerait jamais assez à lui tout seul.
Le meilleur moyen de renverser un gouvernement, c'est d'en faire partie.
Les femmes ne sont guère changeantes ; elles restent elles-mêmes, jusque dans leur contradictions.
La prière, croyez-moi, n'est souvent pour beaucoup que le besoin, quand on se sent seul, de parler à la seconde personne.
L'indulgence est la forme la plus polie du détachement.
J'aime à lire comme une poule boit, en relevant fréquemment la tête, pour faire couler.
Le boeuf mironton et le droit d'asile sont deux névroses typiquement françaises.
Dire que Dieu n'existe pas, c'est déjà de la prétention, c'est prétendre connaître son absence.
La France a toujours cru que l'égalité consiste à trancher ce qui dépasse.
Encore une fois, penser à soi avec abstraction des choses naturelles, c'est ne penser à rien.
D'une mère en fureur épargne-moi les cris.
Le but du monde est que la raison règne. L'organisation de la raison est le devoir de l'humanité.
Le seul profond désir que l'on garde est la plus profonde prison.
Le jour où la pitié devient moquerie commence un âge barbare.
La culture engendre la monstruosité.
Il n'existe pas de bouclier contre le mensonge. Ni la crainte des dieux ni la damnation n'ont jamais empêché le mensonge ou le parjure.
Le jour où la France coupa la tête à son roi, elle commit un suicide.
On ne peut vaincre sa destinée.
En France il y a deux sortes de gens : ceux qui cachent leurs feuilles de salaire et ceux qui ont honte de la montrer.
Nous sommes si peu capables d'effort pour comprendre les autres.
Toute femme contient une belle-mère.
Faut-il que les hommes soient bêtes de fabriquer des machines pour se tuer... comme si on ne claquait pas assez vite tout seul !
Qu'est notre imagination, comparée à celle d'un enfant qui veut faire un chemin de fer avec des asperges ?
Ceux qui lèchent à longueur de journée ne se doutent de rien lorsque leur tour advient.
Il y a des gens qui donnent un conseil comme on donne un coup de poing. On en saigne un peu, et on riposte en ne le suivant pas.
Par la constitution de la justice de cette vie, l'amour de Dieu ne parvient jamais à l'entière extinction de l'amour-propre.
Il y a la vie qu'on rêve et la vie qu'on vit, c'est la première qui est la vraie.
La vie est humiliante de simplicité : on fait tout pour échapper à ses parents, et puis on devient eux.
Ce qui fait kiffer le mâle alpha, c'est le pouvoir.
Personne ne sait dire aujourd'hui pendant combien de temps il faudra aller vers cette réduction des contacts sociaux et ces pratiques (confinement).
Le nombre se révèle à l'art par le rythme, qui est le battement du cÏur de l'infini.
L'érotisme est dans l'approbation de la vie jusque dans la mort.
Hélas ! On voit que de tout temps les petits ont pâti des sottises des grands.
Je croyais qu'un savant c'était toujours un homme qui cherche une vérité, alors que c'est souvent un homme qui vise une place.