Un prophète est un homme qui se souvient de l'avenir.
Le moi n'est pas seulement haïssable : il n'a pas de place entre nous et rien.
Il n'y a pas que de doctrine vraie en art, parce qu'on se lasse de tout et que l'on finit par s'intéresser à tout.
Le véritable travail, c'est de savoir attendre.
Nous voulons un monde nouveau et original. Nous refusons un monde où la certitude de ne pas mourir de faim s'échange contre le risque de périr d'ennui.
Une heure de conversation vaut mieux que cinquante lettres.
La mode, c'est quelque chose au bord du suicide.
Avez-vous remarqué que, lorsqu'on fait rétablir une conversation téléphonique coupée, on s'aperçoit qu'on s'était tout dit.
Davantage d'avantages avantagent davantage.
Marcher, c'est retrouver son instinct primitif, sa place et sa vraie position, son équilibre mental et physique. C'est aller avec soi, sans autre recours que ses jambes et sa tête. Sans autre moteur que celui du coeur, celui du moral.
C'est la manie des jeunes de mettre toute l'humanité dans un derrière, un seul, le sacré rêve, la rage d'amour.
Aujourd'hui encore, le destin de la femme, dans la plupart des familles, c'est de ne pas bouger.
Nous sommes si peu capables d'effort pour comprendre les autres.
Le temps de l'enfance est court. Il ne se rattrape pas.
Média nomade par excellence, émancipée de toute contrainte spatiale, la radio bouge, la radio n'est que mouvement. Sa seule voie, la voix.
Il faut, pour soutenir une conversation en société, savoir une foule de choses inutiles.
Le but de l'art, c'est la délectation.
- Tu meurs, et après tout le monde t'oublie.- Là encore faut pas se plaindre, on peut t'oublier tout vivant.
La vérité s'avance toujours seule et fragile, le mensonge au contraire a beaucoup d'auxiliaires.
La poésie est naturelle. Elle est l'eau de notre seconde soif.
Lorsque les jeux olympiques furent rétablis en 1894, il fut stipulé qu'ils comprendraient autant que possible toutes les formes d'exercices en usage dans le monde moderne.
Et puis un soir, dans mon miroirJe verrai bien la fin du cheminPas une fleur et pas de pleursAu moment de l'adieu.
On ne conduit pas sans moteur, mais on ne peut pas non plus envisager de prendre la route sans freins.
Ce que je déteste le plus à l'étranger, c'est que les gens parlent pas français. Et selon les pays où l'on va, ils parlent pas le même étranger.
Pas de mots ... à part paix, unité, amour et toutes mes pensées pour les victimes et leurs familles.
Lorsqu'on dit d'une femme qu'elle n'a pas froid aux yeux, c'est qu'on pense qu'elle a le feu quelque part.
Vieillir, c'est passer de la passion à la compassion.
Il y a des oeuvres qui font passer le temps, et d'autres qui expliquent le temps.
N'éveillez pas le con qui dort, c'est toujours ça de pris.
Tout homme qui n'accepte pas les conditions de la vie, vend son âme.
Rien dans la vie n'exige plus d'attention que les choses qui paraissent naturelles ; on se défie toujours assez de l'extraordinaire.
La superstition est l'art de se mettre en règle avec les coïncidences.
Le ventre des femmes recèle toujours un enfant ou une maladie.
Il faut entretenir la vigueur du corps, pour conserver celle de l'esprit.
Peut-être le bonheur n'est-il que dans les gares ?
Dire que Dieu n'existe pas, c'est déjà de la prétention, c'est prétendre connaître son absence.
On vit avec beaucoup de mauvaises actions sur la conscience et quelques bonnes intentions dans le coeur.
Il faut tout de même voir qu'il y a des ordres apparents qui recouvrent, qui sont les pires désordres.
La justice n'est pas une vertu d'état.
Nul ne peut me nuire que moi-même.
Ne pouvoir vivre qu'une vie, c'est comme ne pas vivre du tout.
C'est l'observation de la différence des sexes qui est au fondement de toute pensée, aussi bien traditionnelle que scientifique.
Quand le réalisme s'impose comme la vision unique, qu'il brandit comme idéal de représentation la photographie, qu'il fait du roman sa chasse gardée, qu'est-ce qu'il reste à faire au poète ?
Un homme de caractère n'a pas bon caractère.
Tous les drapeaux ont été tellement souillés de sang et de merde qu'il est temps de n'en plus avoir, du tout.
Faire la charité, c'est bien. La faire faire par les autres, c'est mieux. On oblige ainsi son prochain, sans se gêner soi-même.
La justice, ça se rend, ça ne se vole pas.
Seuls comptent les actes.
Vers de mauves lointains d'une douceur fanéeMon âme s'est perdue ; et l'Heure enrubannéeSonne cent ans à la pendule surannée...
Vivre au rythme des saisons, s'organiser selon ses besoins, et parfois ses envies, est un luxe qu'aucun argent ne peut acquérir.