Les gens se sentent obligés de coller une étiquette sur les différences, sinon ils perdent leurs repères.
Lorsqu'un gouvernement se prépare à la guerre, il décrit ses adversaires comme des monstres.
Je mets Dieu au pluriel, pour m'assurer de sa fragmentation. Je le mets aussi en mots. Il est ce qui en moi ne saurait se contenter du peu que je suis.
Le dictionnaire regorge de sentiers qui se croisent et s'entrecoupent. Un labyrinthe où il est agréable de se perdre, un dédale où l'on bute à chaque pas sur des pierres précieuses.
L'épopée de notre époque est la révolution mondiale, elle ne peut se terminer avant d'avoir englobé le monde entier.
Ce qui me manque, vous voyez, c'est cette complicité sur laquelle on ne se pose aucune question, qui ne suscite aucun doute.
On parle toujours bien quand on arrive à se faire comprendre.
Les conducteurs de taxi parfois se mettent en grève. Ce sont des moments difficiles où l'on n'en trouve pas. Comme d'habitude.
Mieux vaut entendre une corde qui se brise que de n'avoir jamais tendu un arc.
Tout le monde ment, mais personne ne dit : "je mens" ; tout le monde se réclame de la vérité, alors que dire "je mens" est la seule chose vraie que l'on puisse dire.
Quand on n'est pas assez fortuné pour se payer le bonheur, il ne faut pas s'en approcher de trop et le regarder...
Vus de face, le lièvre et l'âne se ressemblent, cependant ils n'ont aucun lien de parenté.
Chaque soir, pendant les représentations d'une pièce de théâtre, c'est sur la même réplique que les spectateurs enrhumés se mettent à se moucher ; c'est le moment où la pièce faiblit.
Au moment où vous arrêterez de vous inquiéter de ce qui va se passer, vous commencerez à profiter de ce qui se passe.
J'ai appris que vous ne pouvez pas avoir d'attentes avec la vie. Vous ne savez jamais ce qui va se passer.
Je sais qu'elle ouvre les yeux parfois. Elle ne se réveillera pas. Je le sais. Tu le sais, elle le sait, tout le monde le sait. Arrête de jouer la comédie, moi j'en peux plus. D'avoir des faux-espoirs, ça me fait mal ! Tu comprends ? Elle ne se réveillera pas !
L'amour ne se prédit pas, il se construit.
En se taisant, le sot est sage et le sage est sot.
Penser pouvoir vivre sans illusions, c'est comme se tenir devant un miroir sans reflet, c'est impossible.
Les femmes ont plus de jugement que les hommes, en général. Peut-être parce qu'elles ont plus de temps pour réfléchir, se trouvant rarement dans le feu de l'action.
Les premiers de classe qui se prennent au sérieux sont des cancres qui s'ignorent.
Il y a devant l'amour trois sortes de femmes : celles qu'on épouse, celles qu'on aime et celles que l'on paie. Ca peut très bien être la même : on commence par la payer, on se met à l'aimer, puis on finit par l'épouser.
A quoi cela sert-il de se faire couper les cheveux, puisqu'ils repoussent.
La vanité des femmes est telle que pour paraître aimées, elles se passeraient fort bien de l'être.
La vie mérite-t-elle tant de soins, vaut-elle tout le mal qu'on se donne pour la vivre ?
La plupart des gens passent leur vie en cherchant toujours quelque chose d'autre, ils traversent l'existence persuadés que leur objectif est fort lointain alors qu'autour d'eux se trouve tout ce dont ils ont besoin pour atteindre leur but.
Les uns font semblant de se ruiner ; c'est pour émouvoir la compassion des gens simples. Les autres font semblant de s'enrichir ; c'est pour surexciter les instincts d'envie et de cupidité des masses.
Un projet de société se définit par la place qu'il attribue à l'homme, et par la relation qu'il établit entre l'individu et la collectivité.
Plus on vieillit et plus on se persuade que Sa sacrée Majesté le Hasard fait les trois quarts de la besogne de ce misérable univers.
Je répète : la méditation, c'est tout ce qui se passe en soi pendant le temps où on est assis, immobile, silencieux.
L'océan ne demande rien mais ceux qui se tiennent près de ses rives s'accordent progressivement à son rythme.
Il n'y a pas d'étapes dans ma mode, juste des moments; je ne sais pas jouer de cette façon, je joue la femme. Pas de spectaculaire, pas de théâtre, sauf les défilés. J'écris au jour le jour l'histoire. La jupe, [...] ► Lire la suite
Le monde se divise en deux catégories : ceux qui passent par la porte et ceux qui passent par la fenêtre.
Dieu a créé un monde imparfait pour se divertir.
L'individu s'oppose à la collectivité, mais il s'en nourrit. Et l'important est bien moins de savoir à quoi il s'oppose que ce dont il se nourrit.
C'est un moyen de se consoler que de regarder sa douleur de près.
Une nation ne se fait connaître de l'étranger que par ses mauvais côtés.
Chaque fois qu'on observe un animal, on a l'impression qu'il y a là un être humain en train de se foutre de nous.
Peut-on survivre à la passion ? Quelle question ! Il faut se demander si on peut s'achever soi-même sans elle.
La mort se débite dans le monde à la machine. On fabrique des cadavres comme on fabrique des boulons.
On devrait bien enseigner aux enfants l'art d'être heureux quand les circonstances sont passables et que toute l'amertume de la vie se réduit à de petits ennuis et à de petits malaises.
Qui se mesure dure.
Mais ce que j'aime en vous surtout, c'est que vous n'êtes pas seulement un professeur, qui se grise à expliquer les choses mais vous les montrez, vous les faites voir, et pour cela vous devenez poète et visionnaire.
Pessimisme, signe d'impuissance : on est pessimiste parce qu'on se sent incapable de dominer la vie.
La sagesse devrait se trouver en abondance ; qui, en effet, l'utilise ?
On n'a même plus le temps d'être un enfant qu'il faut se dépêcher de devenir un homme.
A-t-on le droit de se considérer comme l'auteur de pensées qu'on n'a pas souhaitées ?
Magnifique et dangereux métier de l'acteur qui consiste à se perdre, puis à se retrouver.
Si l'on avait autant de soin d'être ce qu'on doit être que de tromper les autres en déguisant ce que l'on est, on pourrait se montrer tel qu'on est, sans avoir la peine de se déguiser.
Agiter le thème de l'exception culturelle française, c'est chercher à se réhabiliter comme on sauverait les meubles.