Si la mort paraît effroyable aux riches, elle doit bien consoler les malheureux.
Les biographies se terminent généralement par la mort du sujet étudié, conclusion naturelle dont ne bénéficient pas les autobiographies.
Et si la mort n'était qu'une infinie répétition du premier jour ?
La personne humaine, si dépendante qu'elle soit des moindres accidents de la matière, existe de l'existence même de son âme, qui domine le temps et la mort. C'est l'esprit qui est la racine de la personnalité.
Quand on est en péril de mort toutes les armes sont bonnes pour se défendre.
Les obsédés de la mort sont les ratés de l'amour physique.
Un homme qui réussit son suicide est bien au-delà de la mort car il s'est mesuré à Dieu, en choisissant son heure, et a eu le dernier mot.
Seule la mort est inutile.
Qui court après les souliers d'un mort risque fort d'aller nu-pieds.
Un nouveau-né, c'est un futur mort...
La mort naturelle est une amie, au fond, pourvu qu'elle ne soit pas trop pressée.
L'image est un accélérateur de violence, dans la mesure où elle affiche la somptuosité, la facilité du geste, y compris de celui qui donne la mort, mais aussi de l'argent.
On écrit pour tuer le temps, pour tuer la mort, pour se guérir d'être en vie.
Rien n'est dramatique puisque la vie comme la mort sont deux grandes solitaires.
Les livres de théâtre scellent la mort de la jouissance que procurent le spectacle.
La mort moud sans faire bouillir l'eau.
Nous voulons à tout prix être des conquérants et conquérants nous serons ; mais notre conquête, c'est la mort.
Lorsqu'on donne une heure à un condamné à mort, cette heure a la valeur d'une vie entière.
L'attrait du cinéma tient à la peur de la mort.
Chaque heure qui s'écoule dans l'attente épuise l'homme. Encore quelques jours, et il n'y aura plus à choisir : la mort seule, au terme d'une longue épreuve.
La femme ne s'exalte pas, comme l'homme, face à la mort. Parce qu'elle donne la vie, elle accepte aussi la mort.
La mort n'est qu'un mot, une sorte de signe dont le sens nous échappe.
Les Hommes n'aiment pas la vie et pourtant ils ont peur de la mort.
Le soleil c'est comme la mort, on ne peut le narguer trop longtemps, ça éteint les yeux.
La vie entrave l'âme. La mort dégage. C'est peut-être le seul temps d'amour.
La mort (ou son allusion) rend les hommes précieux et pathétiques.
À la place de leur offrir la liberté, je leur offre la mort.
Je voudrais être mort : c'est un souhait fréquent qui prouve, du moins quelques fois, qu'il y a des choses plus précieuses que la vie.
Ce qui s'en va à notre mort est le meilleur de nous-même : les débris de notre innocence, les bienfaits de nos larmes et de nos rires, les caresses que nous avons su offrir, l'amour qui a pu échapper aux griffes de notre égoïsme.
Si un homme de couleur découvre un mort, on dira qu'il l'a tué.
Vie : passage sur terre. Mort : passage sous terre.
Le temps n'est pas la limitation de l'être mais sa relation avec l'infini. La mort n'est pas anéantissement mais question nécessaire pour que cette relation avec l'infini ou temps se produise.
La mort n'est peut-être qu'une absence totale d'amour, qu'une sursaturation de haine.
Si la mort n'est rien, le "mourir" est difficile.
Ô femmes sépharades ! À l'hypocrisie si forte qu'elles sont capables d'enlacer tendrement leur pire ennemie, juste après souhaité sa mort ! Ô étrange douceur sépharade, si proche de la douleur.
La bureaucratie est la mort de tout travail sonore.
Désobéir, c'est franchir une ligne symbolique, assumer l'angoisse de la mort.
Autant le malheur est capable de frapper avec la rapidité de l'éclair, autant le bonheur est en général lent. Si lent, en fait que pour la plupart des gens la mort arrive bien avant.
L'imminence de la mort n'est pas seulement une obsession personnelle, c'est une manière de se rendre à la nécessité de ce qui se donne à penser, à savoir qu'il n'y a pas de présence sans trace et pas de trace sans disparition, donc sans mort.
Si nous avons bien aimé de notre vivant, il y a ici une vie après la mort - notre amour se poursuivra pendant des générations.
A son lit de mort, l'homme songe plutôt à élever son âme que des lapins.
La douceur de la gloire est si grande, qu'à quelque chose qu'on l'attache, même à la mort, on l'aime.
Une bataille est un drame en trois actes. On commence par s'ennuyer ferme, puis on est terrifié et pour finir on est mort.
La mort, c'est avec le temps qu'elle nous écrase, nous les survivants.
La mort se débite dans le monde à la machine. On fabrique des cadavres comme on fabrique des boulons.
La comédie est écrite pour triompher de la peur de la mort.
La vie n'est que la mort qui vibre.
La mort est affreuse quand on est dénué de tout ce qui peut nous consoler en cet état.
On ne meurt pas. La mort, c'est encore de la vie couvée.
La mort est un fait. Nous n'essayons pas de corriger les faits.