On n'est pas d'accord avec la vie tant qu'on n'est pas d'accord avec la mort.
Un nouveau-né, c'est un futur mort...
L'image est un accélérateur de violence, dans la mesure où elle affiche la somptuosité, la facilité du geste, y compris de celui qui donne la mort, mais aussi de l'argent.
Lorsqu'on donne une heure à un condamné à mort, cette heure a la valeur d'une vie entière.
Les obsédés de la mort sont les ratés de l'amour physique.
La femme ne s'exalte pas, comme l'homme, face à la mort. Parce qu'elle donne la vie, elle accepte aussi la mort.
La folie ou la mort sont les deux termes familiers entre lesquels l'ignorance oscille d'habitude.
La mort naturelle est une amie, au fond, pourvu qu'elle ne soit pas trop pressée.
La mort moud sans faire bouillir l'eau.
On écrit pour tuer le temps, pour tuer la mort, pour se guérir d'être en vie.
Autant le malheur est capable de frapper avec la rapidité de l'éclair, autant le bonheur est en général lent. Si lent, en fait que pour la plupart des gens la mort arrive bien avant.
La mort se débite dans le monde à la machine. On fabrique des cadavres comme on fabrique des boulons.
À la place de leur offrir la liberté, je leur offre la mort.
La vie entrave l'âme. La mort dégage. C'est peut-être le seul temps d'amour.
Ce qui s'en va à notre mort est le meilleur de nous-même : les débris de notre innocence, les bienfaits de nos larmes et de nos rires, les caresses que nous avons su offrir, l'amour qui a pu échapper aux griffes de notre égoïsme.
Je voudrais être mort : c'est un souhait fréquent qui prouve, du moins quelques fois, qu'il y a des choses plus précieuses que la vie.
Qui court après les souliers d'un mort risque fort d'aller nu-pieds.
Rien n'est dramatique puisque la vie comme la mort sont deux grandes solitaires.
La bureaucratie est la mort de tout travail sonore.
La mort n'est qu'un mot, une sorte de signe dont le sens nous échappe.
Nous voulons à tout prix être des conquérants et conquérants nous serons ; mais notre conquête, c'est la mort.
La mort n'est peut-être qu'une absence totale d'amour, qu'une sursaturation de haine.
Vie : passage sur terre. Mort : passage sous terre.
Le temps n'est pas la limitation de l'être mais sa relation avec l'infini. La mort n'est pas anéantissement mais question nécessaire pour que cette relation avec l'infini ou temps se produise.
Chaque heure qui s'écoule dans l'attente épuise l'homme. Encore quelques jours, et il n'y aura plus à choisir : la mort seule, au terme d'une longue épreuve.
Ô femmes sépharades ! À l'hypocrisie si forte qu'elles sont capables d'enlacer tendrement leur pire ennemie, juste après souhaité sa mort ! Ô étrange douceur sépharade, si proche de la douleur.
La mort est un fait. Nous n'essayons pas de corriger les faits.
La mort, c'est avec le temps qu'elle nous écrase, nous les survivants.
L'imminence de la mort n'est pas seulement une obsession personnelle, c'est une manière de se rendre à la nécessité de ce qui se donne à penser, à savoir qu'il n'y a pas de présence sans trace et pas de trace sans disparition, donc sans mort.
La mort ronge tous les jours ce que nous appelons vivre, et la vie avale sans arrêt notre désir du néant.
Singulier monde, que celui du rêve ! Les pensées, les paroles intérieures, en dedans, se pressent, fourmillent. Tout ce petit monde se hâte de vivre avant le réveil, qui est sa fin, sa mort à lui.
Si un homme de couleur découvre un mort, on dira qu'il l'a tué.
Les païens ont divinisé la vie et les chrétiens ont divinisé la mort.
Si nous avons bien aimé de notre vivant, il y a ici une vie après la mort - notre amour se poursuivra pendant des générations.
La douceur de la gloire est si grande, qu'à quelque chose qu'on l'attache, même à la mort, on l'aime.
Une bataille est un drame en trois actes. On commence par s'ennuyer ferme, puis on est terrifié et pour finir on est mort.
Désobéir, c'est franchir une ligne symbolique, assumer l'angoisse de la mort.
Les livres de théâtre scellent la mort de la jouissance que procurent le spectacle.
La clémence ouvre le chemin à la vie, la recherche du mal conduit à la mort.
La comédie est écrite pour triompher de la peur de la mort.
Les Hommes n'aiment pas la vie et pourtant ils ont peur de la mort.
La personne humaine, si dépendante qu'elle soit des moindres accidents de la matière, existe de l'existence même de son âme, qui domine le temps et la mort. C'est l'esprit qui est la racine de la personnalité.
La vie n'est que la mort qui vibre.
La mort est une affaire très monotone et ennuyeuse, mon conseil est de ne jamais avoir affaire à elle.
On ne meurt pas. La mort, c'est encore de la vie couvée.
Etre mort, c'est être en proie aux vivants.
Si je n'ai point sur moi-même le droit de mort, qui l'a donné à la société ?
La mort est quelque chose d'inévitable. Lorsqu'un homme a fait ce qu'il considère comme son devoir envers son peuple et son pays, il peut reposer en paix. Je crois avoir fait cet effort et c'est pourquoi je dormirai pour l'éternité.
Les lâches meurent plusieurs fois avant leur mort; le vaillant n'a jamais goûté à la mort qu'une seule fois.
Si la mort n'est rien, le "mourir" est difficile.