Réussir sa vie, c'est trouver la mort avant qu'elle ne vous cherche.
Je voudrais être mort : c'est un souhait fréquent qui prouve, du moins quelques fois, qu'il y a des choses plus précieuses que la vie.
La mort est quelque chose d'inévitable. Lorsqu'un homme a fait ce qu'il considère comme son devoir envers son peuple et son pays, il peut reposer en paix. Je crois avoir fait cet effort et c'est pourquoi je dormirai pour l'éternité.
Les maux du corps donnent l'idée de la mort, les peines de l'âme celles de l'éternité.
L'homme n'est pas une créature destinée au bonheur. Voilà. Il est confronté à cette angoisse qui n'existe pas chez l'animal : la conscience du futur. Et plus encore, celle de la mort.
A son lit de mort, l'homme songe plutôt à élever son âme que des lapins.
Ô femmes sépharades ! À l'hypocrisie si forte qu'elles sont capables d'enlacer tendrement leur pire ennemie, juste après souhaité sa mort ! Ô étrange douceur sépharade, si proche de la douleur.
Le critique assassine l'auteur quand il est vivant, une fois mort le plus souvent il le ressuscite.
Et si l'on condamnait la Mort pour faux et usage de faux ?
Un croque-mort est un monsieur qui ne peut avoir que des indigestions.
Le temps n'est pas la limitation de l'être mais sa relation avec l'infini. La mort n'est pas anéantissement mais question nécessaire pour que cette relation avec l'infini ou temps se produise.
Chaque heure qui s'écoule dans l'attente épuise l'homme. Encore quelques jours, et il n'y aura plus à choisir : la mort seule, au terme d'une longue épreuve.
La mort rend tout d'un intérêt énorme, donne sa valeur à tout, ajoute une dimension à tout.
La mort de l'autre, c'est ça : ce mur, ce sens interdit contre lequel on se cogne tous les jours.
L'intelligence du monde n'est pas dans la naissance, elle est dans la mort. On sait ce qui naît ; on ne sait où va ce qui meurt.
Seule une bonne et belle vie, bien remplie, bien pleine, pas ratée, permet d'aborder sereinement la mort.
Le mort le plus chargé de couronnes immortelles aurait souvent tort de ressusciter.
Depuis l'aube de la conscience jusqu'au milieu de notre siècle, l'homme a dû vivre avec la perspective de sa mort en tant qu'individu ; depuis Hiroshima, l'humanité doit vivre avec la perspective de son extinction en tant qu'espèce biologique.
La mort ne vient qu'à l'heure choisie par l'âme.
On a toujours assez de philosophie pour supporter la mort d'un parent riche.
Le vrai sage ne craint pas la mort car il sait que la mort n'est rien. La conscience ne souffre pas puisqu'elle a disparu. Avec la chair qui pourrit, c'est l'esprit qui pourrit aussi, et les désirs, et l'angoisse.
Il y a deux attitudes possibles devant la mort. Ce sont les mêmes attitudes que devant la vie. On peut les fuir dans une carrière, une pensée, des projets. Et l'on peut laisser faire - favoriser leur venue, célébrer leur passage.
Qui n'a pas connu l'absence ne sait rien de l'amour. Qui a connu l'absence a pris connaissance de son néant - de cette connaissance lointaine qui fait trembler les bêtes à l'approche de leur mort.
Gabin est mort, Blier est mort, Dalban est mort, Carmet est mort, Simonin est mort, Ventura est mort : ils sont tous morts ! Mon carnet d'adresse, c'est un vrai cimetière !
La mort doit être délicieuse.
Si la mort physique est le prix que je dois payer pour libérer mes frères et soeurs blancs d'une mort permanente de l'esprit, rien ne peut être plus rédempteur.
La reproduction est le commencement de la mort.
La mort égalise toutes les conditions.
Les adultes craignent l'enfance, symbole de leur mort.
Le soleil c'est comme la mort, on ne peut le narguer trop longtemps, ça éteint les yeux.
La mort n'est qu'un rite de passage.
Le véritable office de toute foi est de donner à la vie un sens que la mort ne peut détruire.
La mort ? Je suis prêt.
La vraie communion est dans la mort.
La vie est un éclair, la beauté dure un jour ! Songe aux têtes de mort qui se ressemblent toutes.
Aller vers la solitude des grandes villes, c'est aussi aller vers la mort.
Je préfère ne pas penser à la mort, ou alors à celle des autres, c'est plus gai.
La condamnation à mort est un acte barbare... C'est le reflet de l'instinct animal encore présent chez l'être humain.
Il y a un langage pour la mort comme il y a un langage pour la vie.
Faire de la peinture, ou de la littérature, ce serait donc bien apprendre à mourir, trouver le moyen de ne pas mourir dans la sottise de cette mort que les autres avaient en réserve pour nous et qui ne nous convient nullement.
Vie de plaisir, et mort de saint, le diable y perd son latin.
La haine est la plus grande affaire de la vie. Les sages qui ne haïssent plus sont mûrs pour la stérilité et pour la mort.
L'affirmation de la vie ne va pas sans la pensée de la mort, sans l'attention la plus vigilante, responsable, voire assiégée, obsédée de cette fin qui n'arrive pas à arriver.
J'ai travaillé à mon travail,J'ai dormi à mon sommeil,Je suis mort à ma mort,Et maintenant je peux m'en aller.
Aller à travers le monde et parler aux hommes ? Les convaincre d'avoir pitié les uns des autres, les bourrer de leur mort prochaine ? Rien à faire, ils aiment être méchants.
Pour parler franchement, j'aime mieux avoir été moins heureux que d'être mort jeune.
Le vice et la vertu sont comme la vie et la mort, ou comme l'esprit et la matière : des choses qui ne sauraient exister sans être définies par leur contraire
Les soldats qui défilent sous les arcs de triomphe sont ceux qui ont déserté la mort.
Religion à part, le bonheur est de s'ignorer et d'arriver à la mort sans avoir senti la vie.
Un homme courtois doit, avant d'entrer dans la mort, faire passer sa femme avant lui.