Ceux qui disent que la vie n'est qu'un assemblage de malheurs veulent dire que la vie même est un malheur. Si elle est un malheur, la mort est donc un bonheur.
Le malheur a un bord et un fond. On attend que nous soyons au fond pour nous demander comment nous sommes arrivés au bord.
Serait-ce cela l'amour, ce mélange d'angoisse et de bonheur à la fois ?
Que serait la justice sans la chance du bonheur ?
Ce que nous recherchons, c'est le fruit défendu. Sans lui, le Paradis n'est pas pour nous le paradis.
La mort est un bilan sans bénéfice ni perte.
Sème du bonheur dans le champ du voisin, tu seras surpris de constater ce que le vent fera produire au tien.
Le bonheur dépend plus du cadre interne de l'esprit d'une personne que des aspects externes du monde.
Les gens craignent plus la mort que la souffrance. Or, la vie est souffrance. La mort nous en délivre. N'est-elle pas alors notre meilleure alliée ?
Il faut bien rire de la mort qui se moque bien de nous enlever la vie.
La paix ! Sa recherche et sa rencontre sont dans la marche incessante vers la sagesse et le silence ; c'est une des plus grandes richesses que puisse posséder un être humain.
Chou : légume familier cultivé dans les jardins potagers et qui égale à peu près en grosseur et en sagesse la tête d'un homme.
Le paradis n'est pas sur la terre, mais il y a des morceaux. Il y a sur la terre un paradis brisé ?
Je porte bonheur aux filles.
La mort est quelquefois un châtiment ; souvent c'est un don ; pour plus d'un, c'est une grâce.
Peut-on assurer le bonheur de tous au détriment de chacun ?
Le courage est souvent l'effet d'une vue peu nette du danger qu'on affronte ou de l'ignorance entière du même danger.
La prétention est le deuil de la tête.
C'est l'ombre de la mort qui donne relief à la vie.
Soyez heureux pour être bons ! La bonté sans bonheur est un soleil d'hiver.
Si le paradis est un avant-goût d'éternité dans l'instant présent, alors l'enfer est une éternité de chagrin dans l'instant présent.
On peut allumer des dizaines de bougies à partir d'une seule sans en abréger la vie. On ne diminue pas le bonheur en le partageant.
L'orgueil fait partie de cette tendresse infinie que l'on doit avoir pour soi-même et sans laquelle tout bonheur me paraît improbable.
J'ai une éthique du travail. Si je dis que je vais faire quelque chose, je le fais.
On peut déclamer sa maladie ou réciter la mort des autres, mais sa mort propre, on la meurt toujours avec naturel.
Humour : pudeur, jeu d'esprit. C'est la propreté morale et quotidienne de l'esprit.
La connaissance intime est un danger épouvantable : on croit savoir, en fait on ne sait rien.
Mieux vaudrait encore un enfer intelligent qu'un paradis bête.
Je ne cessai d'adorer ma mère et de la vénérer comme une sainte. Cette vénération, j'admettais que je n'avais plus de raison de l'avoir, mais jamais je ne pus m'en défendre. Ainsi vivais-je en un tourment que rien ne pouvais apaiser, dont seul me sortiraient la mort et le malheur définitif.
Il paraît qu'on n'a pas toujours, ici-bas, le bonheur qu'on mérite, mais celui qui nous ressemble.
Y a-t-il une vie avant la mort ?