Au fond, dans le plus creux de soi-même, nous sommes tous pareils : nous ne varions les uns les autres qu'au niveau de modalités.
Aimer son prochain comme soi-même est le commandement unique de l'amour.
L'intelligence, c'est de se diriger soi-même ; la sagesse, c'est de faire faire par d'autres ce que je rêve.
On écrit pour en finir avec soi-même mais dans le désir d'être lu, pas moyen d'échapper à cette contradiction.
Quand je fais quelque chose, c'est une question de découverte de soi. Je veux apprendre et découvrir mes propres limites.
Expliquer toute la nature est une tâche trop ardue pour un seul homme ou une seule époque. Il est plus sage de faire peu en étant sûr de soi et laisser le reste à ceux qui viendront après, que présumer de tout sans être sûr de rien.
Ce qu'on dit de soi est toujours poésie.
Chaque homme, même le plus laid, nourrit en soi une amorce et un secret par lequel il se relie directement à la beauté même.
Un acte de vertu, un sacrifice ou de ses intérêts ou de soi-même, est le besoin d'une âme noble, l'amour-propre d'un coeur généreux, est, en quelque sorte, l'égoïsme d'un grand caractère.
On ne devrait travailler que le soir quand on a pour soi l'excitation de toute la journée.
L'ordre pour l'ordre châtre l'homme de son pouvoir essentiel, qui est de transformer et le monde et soi-même.
L'amour n'impose qu'une part inutile de soi-même.
Quelquefois, hasarder des réponses est seulement une manière d'éclaircir pour soi-même des questions.
Mille victoires sur mille ennemis ne valent pas une seule victoire sur soi-même.
Pour être en harmonie avec les autres, il faut être en harmonie avec soi.
Avoir confiance en soi est si important, car la façon dont vous vous voyez est la façon dont les autres vous verront aussi.
La joie doit être l'un des pivots de notre vie. C'est le gage d'une personnalité généreuse. Parfois, c'est aussi un manteau qui revêt une vie de sacrifice et de don de soi.
C'est très mystérieux, la mort. On la porte en soi, on se l'imagine, on la caresse, puis subitement, quand elle est là, on ne la reconnaît plus.
Il n'y a rien de bon ou de mauvais en soi, c'est la pensée qui rend les choses telles.
Le métier d'officier consiste surtout à punir ceux qui sont au-dessous de soi et à être puni par ceux qui sont au-dessus.
Etre intelligent, c'est être méfiant, même à l'égard de soi-même.
On est toujours plus vieux que sa femme, surtout lorsqu'on a épousé une femme plus âgée que soi.
Être supérieur aux autres n'a jamais représenté un grand effort si l'on n'y joint pas le beau désir d'être supérieur à soi-même.
La liberté est pouvoir sur soi-même, et les richesses ne sont que pouvoir sur les autres.
Un homard, c'est autre chose qu'un poisson ! Vivre dans une carapace, autrement dit avoir ses os autour de soi, quel changement radical cela doit être dans la façon de comprendre la vie.
Personne ne connaît rien d'autre que soi-même.
La souffrance de l'emprisonnement réside dans le fait que l'on ne peut, à aucun moment, s'évader de soi-même.
Je ne connais qu'une distraction dans la vieillesse : être utile. C'est sortir de soi.
On parle toujours trop de soi-même à ceux qui ne nous comprennent pas.
Pas de connaissance de soi qui ne passe par le corps.
Est-ce que vieillir consiste à développer une parodie de soi ?
La conscience en réalité se trouve prise entre deux contradictions : ou le bien, sommé d'être bon à tout prix, se niera lui-même, ou le bien, plus soucieux de survivre sera provisoirement infidèle à soi.
La nature fournit tout ce qui est nécessaire, mais elle ne donne rien ; il faut se servir soi-même.
Tout s'accomplit au-dedans de soi. Le monde n'existe pas.
L'ami est rare, en soi. C'est plutôt une figure abstraite, une projection imaginaire ou une mythologie adaptée tant bien que mal à la vie ordinaire. L'ami n'existe pas, en fait, c'est un nom commode donné à quelques-uns.
Quel beau rêve dans l'époque, et au théâtre : n'être comme rien sauf soi.
La douleur est une chose que l'on n'a le droit d'infliger qu'à soi-même.
Perdre son temps avec soi-même est aussi une manière de s'aimer.
L'art de détacher de soi un être est infiniment plus difficile que l'art de se faire aimer.
La connaissance de soi est à la fois inutile et inappétissante. Qui souvent s'examine n'avance guère dans la connaissance de lui-même. Et moins on se connaît, mieux on se porte.
L'on n'estime guère dans les autres que les qualités que l'on croit posséder soi-même.
On n'a jamais rien à gagner à tenter de créer soi-même un événement. L'événement c'est comme la plomberie, une affaire de spécialiste.
C'est très couvrant de dire du mal de soi, surtout si l'on sait trouver les bonnes formules : elles vous habillent.
Il n'est pas de pire enfer que de se haïr soi-même.
Quand on se conduit mal, on ne blesse personne plus que soi-même.
C'est à soi-même que chacun prétend le moins ressembler. Chacun se propose un patron, puis l'imite.
La vraie réaction chrétienne à la souffrance et au chagrin n'est pas l'attitude de pitié de soi, de fatalisme ou de ressentiment; c'est l'esprit qui prend les difficultés de la vie comme une opportunité donnée par Dieu, et considère ses problèmes comme une confiance sacrée, et porte les épines comme une couronne.
Nous avons toujours une ancre qui tient ferme aussi longtemps qu'on ne la brise pas soi-même : c'est le sentiment du devoir.
Composer un livre, seul moyen de parler de soi sans assister à l'ennui des autres.
Etre libre, c'est se posséder soi-même.