La liberté est pouvoir sur soi-même, et les richesses ne sont que pouvoir sur les autres.
Est-ce que vieillir consiste à développer une parodie de soi ?
Savez-vous bien que c'est qu'aimer ? C'est mourir en soi pour revivre en autrui.
Je ne connais qu'une distraction dans la vieillesse : être utile. C'est sortir de soi.
Quand on se conduit mal, on ne blesse personne plus que soi-même.
Il faut aimer ses amis comme on aime ses enfants, pour eux et non pour soi. Le moi cause les malheurs et les chagrins.
Toute société est basée sur l'aristocratie, car celle-ci, la vraie, est exigence à l'égard de soi-même et sans cette exigence toute société meurt.
Chez les miens, on a toujours jeûné le ramadan. C'était naturel, ça allait de soi, on n'en faisait pas toute une histoire. De nos jours, il ne suffit plus de jeûner, il faut aussi montrer à tout le monde que l'on jeûne, et il faut surveiller de près ceux qui ne jeûnent pas.
Chacun est l'ennemi de soi-même.
Qui livre un plus rude combat que celui qui s'efforce de se vaincre soi-même ?
On ne peut composer qu'avec soi-même, on est son propre matériau.
Se connaître soi-même. Après quoi, il devient impossible de coexister avec soi.
Pas de connaissance de soi qui ne passe par le corps.
Quand je fais quelque chose, c'est une question de découverte de soi. Je veux apprendre et découvrir mes propres limites.
Tous ces gens sympas qui disent que je vais être champion du monde ne me feront pas avancer plus vite, il faut y croire soi-même.
Tout s'accomplit au-dedans de soi. Le monde n'existe pas.
Mille victoires sur mille ennemis ne valent pas une seule victoire sur soi-même.
Le métier d'officier consiste surtout à punir ceux qui sont au-dessous de soi et à être puni par ceux qui sont au-dessus.
La nature fournit tout ce qui est nécessaire, mais elle ne donne rien ; il faut se servir soi-même.
On n'a jamais rien à gagner à tenter de créer soi-même un événement. L'événement c'est comme la plomberie, une affaire de spécialiste.
Au théâtre, personne n'obtient rien de ce qu'il veut, ni des acteurs, ni du décorateur, ni du public, ni de soi-même. Et ça peut finir par de l'enthousiasme.
Nul, moralement, ne peut être jugé que par Dieu, s'il existe, ou par soi, et cela fait une existence suffisante.
Un acte de vertu, un sacrifice ou de ses intérêts ou de soi-même, est le besoin d'une âme noble, l'amour-propre d'un coeur généreux, est, en quelque sorte, l'égoïsme d'un grand caractère.
Aimer, c'est servir un autre que soi-même et en faire un maître.
La vraie réaction chrétienne à la souffrance et au chagrin n'est pas l'attitude de pitié de soi, de fatalisme ou de ressentiment; c'est l'esprit qui prend les difficultés de la vie comme une opportunité donnée par Dieu, et considère ses problèmes comme une confiance sacrée, et porte les épines comme une couronne.
Rien n'est impossible pour l'homme qui n'a pas à le faire soi-même.
Chaque homme, même le plus laid, nourrit en soi une amorce et un secret par lequel il se relie directement à la beauté même.
L'oeuvre qu'on portait en soi paraît toujours plus belle que celle qu'on a faite.
C'est à soi-même que chacun prétend le moins ressembler. Chacun se propose un patron, puis l'imite.
Quel beau rêve dans l'époque, et au théâtre : n'être comme rien sauf soi.
Il est difficile d'avoir tort quand on a fait soi-même les questions et les réponses.
C'est très couvrant de dire du mal de soi, surtout si l'on sait trouver les bonnes formules : elles vous habillent.
Expliquer toute la nature est une tâche trop ardue pour un seul homme ou une seule époque. Il est plus sage de faire peu en étant sûr de soi et laisser le reste à ceux qui viendront après, que présumer de tout sans être sûr de rien.
Battre les records, c'est l'idée fixe d'un véritable sportif, et il y a là comme une usurpation par le corps de cette vocation spirituelle du chrétien : se dépasser soi-même.
On ne force pas le secret. Ou le secret vient comme de lui-même à soi, ou bien le secret vous est interdit.
L'inconvénient de vivre longtemps est que la dernière image de soi que le monde ait vue est celle d'un vieillard.
Toute punition revêt de la méchanceté ; toute punition en soi participe du mal.
Nous avons toujours une ancre qui tient ferme aussi longtemps qu'on ne la brise pas soi-même : c'est le sentiment du devoir.
La conscience en réalité se trouve prise entre deux contradictions : ou le bien, sommé d'être bon à tout prix, se niera lui-même, ou le bien, plus soucieux de survivre sera provisoirement infidèle à soi.
Qui a le droit avec soi peut aller le front haut.
Dans le monde, on épouse une femme, on vit avec une autre, et l'on n'aime que soi.
Toutes les idées qui triomphent courent à leur perte, et les autres ne valent que par ce que l'on y aura mis soi-même de fièvre et d'espérance.
On écrit pour en finir avec soi-même mais dans le désir d'être lu, pas moyen d'échapper à cette contradiction.
La joie doit être l'un des pivots de notre vie. C'est le gage d'une personnalité généreuse. Parfois, c'est aussi un manteau qui revêt une vie de sacrifice et de don de soi.
L'ordre pour l'ordre châtre l'homme de son pouvoir essentiel, qui est de transformer et le monde et soi-même.
L'ami est rare, en soi. C'est plutôt une figure abstraite, une projection imaginaire ou une mythologie adaptée tant bien que mal à la vie ordinaire. L'ami n'existe pas, en fait, c'est un nom commode donné à quelques-uns.
Le grand amour, quand il n'y a plus de distance, quand on n'a même plus besoin de poser une question parce que la réponse est déjà en soi et en l'autre.
Perdre son temps avec soi-même est aussi une manière de s'aimer.
L'avantage d'être un causeur brillant ne vaut pas celui d'être replié sur soi-même.
Il y a des gens qui n'ont ni droit ni raison d'être heureux, comme si le bonheur existait indépendamment de soi.