La création est de la part de Dieu un acte non pas d'expansion de soi, mais de retrait, de renoncement. Dieu et toutes les créatures, cela est moins que Dieu seul.
Les professeurs sont faits pour les gens qui n'apprendraient rien tout seuls. Le savoir qui compte est celui qu'on se donne soi-même, par curiosité naturelle, passion de savoir.
Ne songer qu'à soi et au présent, source d'erreur dans la politique.
Parler beaucoup de soi peut être un moyen de se dissimuler.
Je ne suis qu'un exécutant, je me borne à traduire. Mais on ne traduit que son trouble : c'est toujours de soi-même qu'on parle.
Le diable implique la négation de soi en même temps qu'un immense égocentrisme.
Il faut petit à petit apprendre à dire les choses comme si tout allait de soi. C'est d'ailleurs le secret pour paraître posséder un quelconque talent en tant qu'écrivain...
Le suicide n'est pas une fin en soi. C'est la fin de soi !
Il n'y a pas d'amour heureux, chacun ou chacune porte en soi l'image brisée de cette impossibilité, comme une déchirure, le cri étouffé d'un oiseau blessé.
La foi en soi est le point de départ d'une véritable vie d'homme.
A force d'oublier, on se sépare de soi, c'est une mutilation ; il ne nous reste plus alors que notre pauvre petit présent...
Il faut écrire pour soi, c'est ainsi que l'on peut arriver aux autres.
Le triomphe de l'art est de conduire à autre chose que soi.
Quand on commet une indiscrétion, l'on se croit quitte en recommandant à la personne d'être plus discrète qu'on ne l'a été soi-même.
On rit mal des autres, quand on ne sait pas d'abord rire de soi-même.
Etre en paix avec soi-même est le plus sûr moyen de commencer à l'être avec les autres.
Comment peut-on aimer sans croire en soi-même, sans être soi-même ?
La méditation nous permet d'entrer en relation avec une plus large dimension de soi.
Si l'on veut s'approcher des enfants, il faut parfois devenir enfant soi-même.
Dans l'âge mûr, on peut encore recevoir dans ses bras une femme qui tombe, mais on ne peut plus la faire tomber soi-même.
Dire qu'on aime, n'est-ce pas vouloir soumettre l'autre, en même temps que soi-même ? Un forme d'esclavage, somme toute, entretenue par les mots ?
Il y a certaine volupté à s'accuser soi-même. Dès que nous nous blâmons, il nous semble que personne d'autre n'a plus le droit de le faire.
Faire l'amour, en soi, ne libère pas les femmes. La question, c'est de savoir de quelle sexualité les femmes doivent se libérer pour la vivre bien.
L'homme qui n'aime que soi ne hait rien tant que d'être seul.
Encore une fois, penser à soi avec abstraction des choses naturelles, c'est ne penser à rien.
A force de penser à ce que les autres pensent de nous, on en oublie de se penser soi-même.
La solitude est très belle... quand on a près de soi quelqu'un à qui le dire.
Toutes les histoires d'amour sont des projections. A travers l'autre on est amoureux d'une partie de soi qu'on n'a pas exploitée, la partie perdue de soi-même.
La vraie insouciance, c'est de laisser les autres s'inquiéter pour soi.
On fait des règles pour les autres et des exceptions pour soi.
L'amour est un art, telle une quête de soi vers l'autre.
La compétence passe par l'estime de soi.
La première règle de la guerre est de faire soi-même ce que l'on exige de ses hommes.
L'apocalypse est au commencement de soi puisque la fin précède toute naissance.
La vie n'est en soi ni bien ni mal : c'est la place du bien et du mal selon que vous la leur faites.
Se voir soi-même c'est être clairvoyant.
Ce qui est marrant c'est que la personne narcissique se crée tous les prétextes de pouvoir être narcissique, elle usera toujours de faux à travers vous tout en manipulant autour de soi à obtenir ce qu'elle veut de façon pathologique et impropre à vous salir sans qu'elle puisse s'en soucier.
Il n'est pas d'ennemi plus dangereux, ni pire, qu'un soi-disant ami qui contre nous conspire.
Pourquoi donc en voudrais-je à un homme d'avoir plus d'amour pour soi que pour moi ?
Faire preuve de bonne volonté envers soi-même et envers les autres, c'est un minimum de participation aux événements.
La vraie liberté, c'est de pouvoir toute chose sur soi.
L'avenir contient de grandes occasions. Il révèle aussi des pièges. Le problème sera d'éviter les pièges, de saisir les occasions et de rentrer chez soi pour six heures.
Marcher, c'est retrouver son instinct primitif, sa place et sa vraie position, son équilibre mental et physique. C'est aller avec soi, sans autre recours que ses jambes et sa tête. Sans autre moteur que celui du coeur, celui du moral.
Le besoin d'entendre affirmer par d'autres tout le bien qu'on pense de soi trahit le faible crédit qu'on accorde à sa propre opinion.
Le jaloux croit témoigner, par ses larmes et ses cris, de la grandeur de son amour. Il ne fait qu'exprimer cette préférence archaïque que chacun a pour soi-même.
Je n'aime pas le travail, nul ne l'aime ; mais j'aime ce qui est dans le travail l'occasion de se découvrir soi-même.
Etre fidèle, c'est assurer la continuité de la vie, c'est affirmer sa vérité, garantir son attachement à soi-même.
La vie la plus belle est celle que l'on passe à se créer soi-même, non à procréer.
Est-ce que cela ne vous semble pas bizarre de ne pouvoir être autre chose que soi, jusqu'à son dernier souffle, et même au-delà, dit-on.
On ne révèle jamais le fond de soi-même, sauf quand on pleure ses parents.