Quand on donne un baiser à quelqu'un, c'est qu'on avait envie d'être embrassé soi-même.
Un amour est un voyage aux confins de soi-même.
Il faut une grande hardiesse pour oser être soi : c'est surtout dans nos temps de décadence que cette qualité est rare.
L'amour dont la vertu n'est point le fondement se détruit de soi-même, et passe en un moment.
Qu'il est bon de se dévêtir de soi jusqu'à ne plus se reconnaître pour aller vers celui qui vous aime !
Lorsqu'on respecte autrui, comme son environnement, on se respecte aussi soi-même.
Rien n'est estimable en soi, ni l'or, ni les perles, ni les soieries les plus fines. Un objet, si parfait soit-il, n'a de valeur que par le souvenir qu'il incarne.
Lorsqu'on crie désespérément à l'intérieur de soi, est-ce qu'il y a quelqu'un qui nous entend ?
Ce n'est pas tant l'argent gagné qui compte : mais la somme de lâchetés, de renoncements et de trahisons de soi-même qu'on a dû accomplir pour parvenir à l'empocher. C'est ça l'argent cher.
Comme de toute chose, il y a un secret du vin ; mais c'est un secret qu'il ne garde pas. On peut le lui faire dire : il suffit de l'aimer, de le boire, de le placer à l'intérieur de soi-même. Alors il parle. En toute confiance, il parle.
Les hommes peuvent mourir de faim par manque de réalisation de soi autant qu'ils le peuvent par manque de pain.
L'action politique est de soi impure parce qu'elle est action de l'un sur l'autre et parce qu'elle est action à plusieurs.
La sexualité, c'est quelque chose que l'on a à l'intérieur de soi, une espèce de dynamique, de mouvement, de perpétuelle pulsion qui s'oriente vers un premier plaisir qui est le plaisir du corps propre.
Ils nous faut écouter l'oiseau au fond des bois, le murmure de l'étè, le sang qui monte en soi...
Les moqueries et les insultes sont comparables à de la pluie ; elles ne sont pas dangereuses en soi, cependant personne n'aime se faire mouiller.
L'essentiel n'est pas d'acquérir ce qui nous manque - la sagesse, la maîtrise de soi, l'amour universel, la supra-conscience - mais de faire disparaître ce qui est en trop.
Il faut n'aimer que Dieu et ne haïr que soi.
Vieillir mal - et il est rare qu'on vieillisse bien - c'est sentir monter en soi la haine contre cet étranger qui s'installe et prend peu à peu la place du jeune homme ou de la jeune fille qu'on a à peine eu le temps d'être.
Marcher ne serait rien en soi, fût-ce pendant près de mille kilomètres, s'il ne fallait emporter un certain nombre de choses indispensables.
La passion, la douleur, sont des éléments qui contiennent un peu d'absolu, qui font qu'il y a plus que le soi de tous les jours.
L'amour, c'est l'oubli de soi.
La douleur est un feu que chacun alimente en soi.
La sexualité est un état d'esprit - un état d'être confortable. Il s'agit de s'aimer soi-même dans ses moments les plus difficiles.
La solitude est utile. Il faut parfois ne parler qu'avec soi-même. On entend alors de dures vérités ou d'agréables mensonges selon qu'on s'analyse ou qu'on s'imagine.
La prudence exige qu'on ne s'entoure que d'êtres qui n'ont pas besoin de soi.
C'est une drôle de chose que la vie - ce mystérieux arrangement d'une logique sans merci pour un dessein futile. Le plus qu'on puisse en espérer, c'est quelque connaissance de soi-même - qui vient trop tard - une moisson de regrets inextinguibles.
Pour un être conscient, exister consiste à changer, changer à se mûrir, se mûrir à se créer indéfiniment soi-même.
Toute connaissance vient de soi et non des autres.
Dès que l'on pénètre le bouddhisme, on sent s'éveiller en soi une sensation d'euphorie permanente comparable à celle que l'on ressent après avoir bu un vin délicat.
L'ordre de la pensée est de commencer par soi, et par son auteur et sa fin.
Les moments où l'on ne peut pas mentir sont précisément ceux où l'on ment le plus et surtout à soi-même.
La foi n'est pas seulement religieuse. La foi est surtout une fidélité à soi-même.
A vivre au milieu des fantômes, on devient fantôme soi-même et le monde des démons n'est plus celui des étrangers mais le nôtre, surgi non de la nuit mais de nos entrailles.
Autant le mensonge est pardonnable, autant est intolérable l'individu qui ment à soi-même.
Haïr, c'est se punir soi-même.
L'absence de ceux que nous aimons est le moi de soi - un bannissement mortel.
On est fidèle à soi-même, et c'est tout.
Une chose à ne jamais oublier en sortant de chez soi - un cigare.
Entrer en soi-même, c'est découvrir la subversion.
Dès que l'on parle de poux, tout le monde cherche à les attraper, si l'on craint soi-même d'en être un, comment faire ?
Je ne sais ce que c'est des principes, sinon des règles qu'on prescrit aux autres pour soi.
L'homme vrai n'a pas de sexe car il doit être son sexe. Dès que le sexe devient organe, il me devient étranger, il m'abandonne d'acquérir ainsi l'autonomie arrogante d'un objet enflé et plein de soi. Cette enflure du sexe devenu objet séparé est une sorte de castration.
Nul ne descend en soi tant qu'il demeure esclave du passé ou de l'avenir.
Son meilleur ami c'est d'abord soi-même. Mes rêves traversent les nuits, s'étendent sur mes plaines. Près des montagnes de soucis où je vide ma haine j'essaye d'croire en la vie mais j'y arrive à peine.
On aime mieux dire du mal de soi-même que de n'en point parler.
Le bonheur est la seule chose que l'on puisse donner sans l'avoir soi-même.
On porte en soi le germe de ses hontes, de ses lâchetés, de ses démissions, on les lègue aussi sûrement que les gènes.
Supprime en toi la haine et la peur, qui empêchent d'aller librement vers soi-même et vers les autres.
Il appert que, en mieux ouvert, le fait d'être placé en détention domiciliaire sous surveillance électronique et d'être soumis ou ordonné à une exigence de traçabilité (c'est-à-dire le sentiment d'être surveillé quotidiennement et de devoir rendre constamment des comptes faisant écho à l'affect) entraîne la réapparition des murs carcéraux en soi et autour de soi.
Sans conscience de soi, nous sommes comme des bébés dans les berceaux.