Qui ne vit que pour soi n'est pas digne de vivre.
Oui, l'amour est "extase", mais extase non pas dans le sens d'un moment d'ivresse, mais extase comme chemin, comme exode permanent allant du je enfermé sur lui-même vers sa libération dans le don de soi, et précisément ainsi vers la découverte de soi-même, plus encore vers la découverte de Dieu.
La dissimulation nous enseigne toujours la dissimulation, et la seule question est de savoir si nous serons les maîtres ou les victimes de cet art. Question à laquelle l'amour de soi a tôt fait de répondre.
Malgré soi, on est de son siècle.
Car la vraie liberté s'ignore. Elle semble aller de soi. On n'en prend conscience que lorsqu'on la perd ; et dès qu'on en prend conscience, c'est qu'on l'a perdue.
La chose que tout le monde devrait comprendre, c'est que la clé du bonheur est d'être heureux pour soi-même.
Qu'on ne prétende jamais, auprès d'un aîné, que c'est "pour lui" (ou elle) que les parents en mettent un autre au monde. Combien d'enfants sont ainsi sauvagement rendus responsables d'un indésirable frère ou soeur qu'ils avaient soi-disant réclamé, alors qu'ils avaient besoin d'un camarade de jeu de leur âge.
Se posséder soi-même : voilà l'un des plus grands biens.
On a peu d'estime pour soi-même quand on la refuse aux autres.
Trouver Dieu, c'est se trouver soi-même.
Quand un metteur en scène a fini son film, il ne lui appartient plus. Ce qui reste à la fin, c'est comment le film est passé à travers soi.
Je pense à cet étrange exercice de soumission et de liberté qui consiste à persister de vouloir en sachant qu'on n'est maître ni de soi ni du monde.
L'admirable avantage d'être politicien c'est de toujours pouvoir se convaincre qu'en avançant soi-même on fait automatiquement progresser le peuple.
Être trop mécontent de soi est une faiblesse, être trop content de soi est une sottise.
La plus importante et la plus négligée de toutes les conversations, c'est la conversation avec soi-même.
L'université est un lieu d'étude important, mais pas une école pour écrivains. L'apprentissage littéraire se passe entre soi et soi, ou entre soi et les êtres dont l'âme provient de la même racine.
Ah ! celui-là vit mal qui ne vit que pour soi !
Lorsque l'on fait du bien aux autres, on se nourrit soi-même.
On peut seulement craindre que cette culture de la conscience, ce noble souci de sa dignité ne donnent à un être une trop haute idée de sa personne morale, et par là une vision de soi-même disproportionnée avec sa place dans le monde.
Tu as beau le nier, mais qui demeure en soi entend Dieu lui parler, même en dehors du temps en dehors de l'espace.
Le mot -enthousiasme- vient de la Grèce antique et signifiait : - Avoir les dieux en soi.
Le grand don de la conversation consiste moins à la déployer soi-même qu'à la tirer des autres. Celui qui quitte votre entreprise satisfait de lui-même et de sa propre intelligence est parfaitement satisfait de vous.
Si l'on se forme soi-même suivant les conseils qu'on donne aux autres, alors, bien dirigé, on peut diriger autrui. En effet, il est difficile de se maîtriser.
Parfois, vous devez tout laisser aller - purgez-vous. Si vous n'êtes pas satisfait de quoi que ce soit - quoi que ce soit qui vous abatte - éliminez-le. Parce que vous découvrirez que lorsque vous êtes libre, votre véritable créativité, votre vrai soi sort.
On a l'air de craindre les autres, et l'on ne craint que soi-même.
La politesse est d'abord un cadeau qu'on se fait à soi-même.
C'est bien souvent en allant au fond de soi que l'on refait surface.
Accepter que l'être qui a été et sera encore pour soi un refuge et un bien devienne parfois une chaîne, peut-être est-ce l'unique moyen de rendre au couple une certaine grandeur ?
La guerre, le commerce sont les deux activités principales de l'homme sur terre, deux manières sûres d'étendre son nom bien au-delà de soi.
Seules importent les vérités qu'on (re)découvre soi-même.
Mais on supporte moins facilement pour autrui ce qu'on accepte assez convenablement pour soi-même.
Les Français se transforment en gamins hargneux dès qu'ils se trouvent trop nombreux dans un espace restreint, et plutôt qu'essayer collectivement d'imposer un ordre à la situation, tout vire soudain au chacun pour soi.
La plupart des intolérants se recrutent parmi les ignorants de soi.
On est quelquefois aussi différent de soi-même que des autres.
On ne possède pas les autre. On ne détient jamais le secret des autres avec soi.
Car au-delà de la difficulté de se communiquer, il y a la suprême difficulté d'être soi.
D'être mécontent de soi-même, c'est faiblesse ; d'être content, c'est folie.
Se sentir soi-même - se penser soi-même - sensation active. On place l'organe de la sensation, comme l'organe de la pensée, sous son emprise.
Le bonheur lié au sentiment d'être aimé a pour consistance majeure le fait de se trouver soudain nanti, par l'entremise de l'amour obtenu, d'un soi propre, d'une identité personnelle.
On ne réussit qu'en étant soi-même, pas en imitant les autres.
Aimer, c'est rompre avec soi-même.
Le mot "connerie" a dérivé loin de ses racines physiologiques et il a plus de force que le mot "bêtise" ou "stupidité". Mais juger de la connerie des autres supposerait qu'on est soi-même dénué de toute connerie. Donc, son usage doit inciter à l'auto-examen préalable.
Manger un fruit, c'est faire entrer en soi un bel objet vivant, étranger, nourri et favorisé comme nous par la terre ; c'est consommer un sacrifice où nous nous préférons aux choses.
Qu'est-ce qu'une opinion ? Une limite imposée à soi-même.
La mode est un tel conte de fées et c'est un tel fantasme. Et il s'agit de métamorphose et d'une sorte de changement de soi et de jouer un rôle que vous voulez que les gens voient.
Ce qu'il y a d'admirable dans l'amour, c'est qu'en s'occupant de l'autre, on s'occupe encore de soi.
Il est des êtres pour qui la réussite, toujours, va de soi et pour qui l'insuccès demeure inconcevable. La comtesse de Castiglione était de ceux-là.
Une façon de prendre, qui seraitDe cesser d'être soi dans l'acte de prendre,Une façon de dire, qui feraitQu'on ne serait plus seul dans le langage.
Se voir soi-même (autrement que dans un miroir).
Toutes les choses sont entièrement de nous. Il n'y a pas de plus grand délice que de découvrir cela en se cultivant soi-même.