La modestie n'est souvent que dépit contre soi. On se diminue par fureur d'être déjà trop peu.
On se met en peine de savoir comment est fait le monde, et l'on ne s'inquiète pas de savoir comment on est fait soi-même.
Aimer, c'est un jeu si subtil quand on se connaît à peine, soi-même...
Si on n'était fidèle qu'à ceux qui le méritent, on ne le serait même pas à soi-même.
Lumière pure, lumière pour elle-même, et pour ce vide en soi, pour s'inventer présent, désert et nu, offert au risque d'un soleil pâle tombant en frêle éternité dans une minute parfaite,entre deux averses ou bien tout un matin d'été.
Il faut aimer les gens, non pour soi, mais pour eux.
Je ne crois pas à la réparation. Je dirais plutôt qu'on apprend à vivre avec soi.
Pour trouver Dieu en réalité, il faut descendre jusqu'à cette profondeur de soi où l'homme n'est plus qu'image de Dieu ; là même où au jaillissement de soi, il ne se trouve plus que Dieu.
Avoir du talent, c'est avoir foi en soi-même, en ses propres forces.
Le bon conseil que l'on donne à l'oreille d'un ami n'est-il pas plus efficace, bien souvent, qu'un discours étayé de directives que l'on se garde bien de suivre soi-même.
Le repentir est un jugement que l'on porte sur soi-même.
Le réel, au fond, n'existe qu'en soi. Il est foisonnant mais il foisonne pour rien si vous n'allez pas vous frotter à lui de la manière la plus violente ou la plus amoureuse, ce qui revient au même.
Pourquoi vouloir maîtriser ce que l'on fait malgré soi.
On n'a pas d'autre maître que soi-même ; il faut que ce maître soit dur.
Quand on n'a pas commis de faute, on ne peut pas être absolument sûr de soi. Tandis que lorsqu'on a bien vu les conséquences d'une bêtise, on ne s'expose plus à la recommencer !
On obtient le bonheur dans la mesure où on ne l'attend que de soi.
Une île, ça avait quelque chose de magique ; le mot seul frappait l'imagination. On perdait contact avec son univers quotidien - une île, c'était un monde en soi. Un monde dont on risquait parfois - qui sait ? - de ne jamais revenir.
Journal intime. Relation quotidienne de cette part de l'existence que l'on peut se confier à soi-même sans avoir à en rougir.
Ce qu'on désapprend des autres, on le réapprend aussitôt par soi-même et l'on n'a plus à se donner de mal pour le retenir : on le possède.
A traîner son mal avec soi, on finit par ne plus savoir le guérir.
Comme l'idée de devoir s'obnubile et se perd, quand on fouille sa conscience et qu'on découvre avec horreur que l'être humain ramène toujours tout à soi et ne cherche en somme qu'à se béatifier.
La vision que l'on a de soi est toujours approximative : même si l'on a plus ou moins apprivoisé son physique, même si l'on veut bien se reconnaître quelques défauts et quelques qualités.
Ecrire : il le faut absolument pour sortir de soi-même.
Faire l'amour avec soi-même, c'est faire l'amour avec la vie.
Autopsie : elle permet aux autres de découvrir ce qu'on n'a jamais pu voir en soi-même.
Il faut se dégager soi-même de la prison des affaires quotidiennes et publiques.
On n'est jamais ruiné quand on a bien à soi toute sa vie et tout son amour. Nous marcherions dans l'or que nous n'aurions aucun bonheur, si nous ne nous aimions pas.
C'est la marque d'un petit esprit de s'en prendre à autrui lorsqu'il échoue dans ce qu'il a entrepris ; celui qui exerce sur soi un travail spirituel s'en prendra à soi-même ; celui qui achèvera ce travail ne s'en prendra ni à soi ni aux autres.
Tout notre mal vient de ne pouvoir être seuls : de là le jeu, le luxe, la dissipation, le vin, les femmes, l'ignorance, la médisance, l'envie, l'oubli de soi-même et de Dieu.
Quand on se replie sur soi-même, on risque fort de ne plus voir où l'on va.
Partout on s'emmène soi-même. Alors partir sans vouloir un ailleurs. Partir pour se trouver. Dans le silence, dans l'espace. Juste au dessus du temps, juste au-delà des peines. Partir sans oublier. Pour regarder plus haut, faire semblant de se laisser aller au vent. Pour inventer le sens du fil qui nous attache.
Le style personnel consiste à se sentir soi-même, à savoir ce en quoi on croit et à porter ce qu'on aime.
Tout vivant est un en-soi qui existe en l'autre.
Je crois en l'importance de rechercher la connaissance de soi. Plus je me connais, plus je me sens autonome.
Il est bon quelquefois de s'aveugler soi-même. Et bien souvent l'erreur est le bonheur suprême.
Qui dit activité dit faire quelque chose et la méditation consiste avant tout à ne pas faire, tout en étant présent à soi-même, vigilant, intensément éveillé.
J'ai toujours un espoir parce que je crois en l'homme. C'est peut-être stupide. La voie de l'homme est d'accomplir l'humanité, de prendre conscience de soi-même.
Une certaine curiosité est une qualité d'homme aussi souveraine que fidélité à soi-même et disponibilité...
On se lasse de tout, de tous, même de soi-même. Non sans toutefois se plaindre de la brièveté de la vie.
Quelque effort qu'on y mette, il est difficile de résister à soi-même.
Nous vivons une époque où il faut savoir rire de soi d'abord avant de rire des autres.
C'est rassurant de ne plus dépendre de soi-même.
La simple possession d'une arme à feu est, en soi, une envie de tuer, non seulement à dessein, mais par accident, par folie, par peur, par bravade.
La souffrance en soi est une absurdité, c'est seulement l'homme dans la souffrance qui peut prendre de la valeur ou se défaire.
Chacun a son Amérique à soi, et puis des morceaux d'une Amérique imaginaire qu'on croit être là mais qu'on ne voit pas.
L'humilité, cet a priori de la mésestime de soi.
Il y a des moments où on ne peut pas continuer sans rire de soi-même !
Le travail est une récompense en soi.
On ne peut échapper au malheur et à la solitude qu'en sachant qu'il y a un homme plus malheureux et plus seul que soi.
La coïncidence d'un affaiblissement avec un agrandissement, tout homme a pu l'observer en soi.