Le moi est haïssable. Aimer le prochain comme soi-même, c'est tout dire.
Entrer en soi-même, c'est découvrir la subversion.
L'amour est un risque terrible car ce n'est pas seulement soi que l'on engage. On engage la personne aimée, on engage aussi ceux qui nous aiment sans qu'on les aime, et ceux qui l'aiment sans qu'elle les aime.
On se met en peine de savoir comment est fait le monde, et l'on ne s'inquiète pas de savoir comment on est fait soi-même.
Par rapport à soi-même, chacun est dans le vrai, chacun est au centre de la vérité.
Si on n'était fidèle qu'à ceux qui le méritent, on ne le serait même pas à soi-même.
On obtient le bonheur dans la mesure où on ne l'attend que de soi.
Chacun a son Amérique à soi, et puis des morceaux d'une Amérique imaginaire qu'on croit être là mais qu'on ne voit pas.
Le plus souvent, les problèmes que l'on a avec les autres, ne sont que le reflet de ceux que l'on a avec soi-même.
Le bon conseil que l'on donne à l'oreille d'un ami n'est-il pas plus efficace, bien souvent, qu'un discours étayé de directives que l'on se garde bien de suivre soi-même.
Aimer, c'est un jeu si subtil quand on se connaît à peine, soi-même...
Je ne crois pas à la réparation. Je dirais plutôt qu'on apprend à vivre avec soi.
Une île, ça avait quelque chose de magique ; le mot seul frappait l'imagination. On perdait contact avec son univers quotidien - une île, c'était un monde en soi. Un monde dont on risquait parfois - qui sait ? - de ne jamais revenir.
On n'est jamais si fortement tenté de croire aux dieux que lorsqu'on devient dieu soi-même. Mais celui qui fait croire en lui a tout à gagner et le dieu tout à perdre.
Comme l'idée de devoir s'obnubile et se perd, quand on fouille sa conscience et qu'on découvre avec horreur que l'être humain ramène toujours tout à soi et ne cherche en somme qu'à se béatifier.
Le repentir est un jugement que l'on porte sur soi-même.
Pour trouver Dieu en réalité, il faut descendre jusqu'à cette profondeur de soi où l'homme n'est plus qu'image de Dieu ; là même où au jaillissement de soi, il ne se trouve plus que Dieu.
Tout vivant est un en-soi qui existe en l'autre.
Autopsie : elle permet aux autres de découvrir ce qu'on n'a jamais pu voir en soi-même.
C'est une chose cocasse que la vie - cette mystérieuse disposition d'une logique implacable dans un dessein futile. Le mieux que l'on puisse en espérer est une certaine connaissance de soi - qui vient trop tard - et une moisson de regrets inapaisables.
Quand on n'a pas commis de faute, on ne peut pas être absolument sûr de soi. Tandis que lorsqu'on a bien vu les conséquences d'une bêtise, on ne s'expose plus à la recommencer !
Journal intime. Relation quotidienne de cette part de l'existence que l'on peut se confier à soi-même sans avoir à en rougir.
Lumière pure, lumière pour elle-même, et pour ce vide en soi, pour s'inventer présent, désert et nu, offert au risque d'un soleil pâle tombant en frêle éternité dans une minute parfaite,entre deux averses ou bien tout un matin d'été.
Avoir du talent, c'est avoir foi en soi-même, en ses propres forces.
Tout notre mal vient de ne pouvoir être seuls : de là le jeu, le luxe, la dissipation, le vin, les femmes, l'ignorance, la médisance, l'envie, l'oubli de soi-même et de Dieu.
Pourquoi vouloir maîtriser ce que l'on fait malgré soi.
A traîner son mal avec soi, on finit par ne plus savoir le guérir.
Faire l'amour avec soi-même, c'est faire l'amour avec la vie.
Ce qu'on désapprend des autres, on le réapprend aussitôt par soi-même et l'on n'a plus à se donner de mal pour le retenir : on le possède.
On n'a pas d'autre maître que soi-même ; il faut que ce maître soit dur.
On n'est jamais ruiné quand on a bien à soi toute sa vie et tout son amour. Nous marcherions dans l'or que nous n'aurions aucun bonheur, si nous ne nous aimions pas.
Partout on s'emmène soi-même. Alors partir sans vouloir un ailleurs. Partir pour se trouver. Dans le silence, dans l'espace. Juste au dessus du temps, juste au-delà des peines. Partir sans oublier. Pour regarder plus haut, faire semblant de se laisser aller au vent. Pour inventer le sens du fil qui nous attache.
Le style personnel consiste à se sentir soi-même, à savoir ce en quoi on croit et à porter ce qu'on aime.
La coïncidence d'un affaiblissement avec un agrandissement, tout homme a pu l'observer en soi.
Quand on se replie sur soi-même, on risque fort de ne plus voir où l'on va.
C'est la marque d'un petit esprit de s'en prendre à autrui lorsqu'il échoue dans ce qu'il a entrepris ; celui qui exerce sur soi un travail spirituel s'en prendra à soi-même ; celui qui achèvera ce travail ne s'en prendra ni à soi ni aux autres.
Ecrire : il le faut absolument pour sortir de soi-même.
On se lasse de tout, de tous, même de soi-même. Non sans toutefois se plaindre de la brièveté de la vie.
La simple possession d'une arme à feu est, en soi, une envie de tuer, non seulement à dessein, mais par accident, par folie, par peur, par bravade.
C'est rassurant de ne plus dépendre de soi-même.
Il y a des moments où on ne peut pas continuer sans rire de soi-même !
Je crois en l'importance de rechercher la connaissance de soi. Plus je me connais, plus je me sens autonome.
La souffrance en soi est une absurdité, c'est seulement l'homme dans la souffrance qui peut prendre de la valeur ou se défaire.
La vision que l'on a de soi est toujours approximative : même si l'on a plus ou moins apprivoisé son physique, même si l'on veut bien se reconnaître quelques défauts et quelques qualités.
On ne peut échapper au malheur et à la solitude qu'en sachant qu'il y a un homme plus malheureux et plus seul que soi.
On ne se hait point soi-même ; mais on ne peut pas s'aimer.
Il est bon quelquefois de s'aveugler soi-même. Et bien souvent l'erreur est le bonheur suprême.
L'humilité, cet a priori de la mésestime de soi.
Nous vivons dans un monde où des activités de plus en plus nombreuses et pressantes concurrencent toujours plus durement celle qui consiste à se préoccuper de la poésie, que ce soit dans les livres ou dans le rapport à soi.
Le travail est une récompense en soi.