Journal intime. Relation quotidienne de cette part de l'existence que l'on peut se confier à soi-même sans avoir à en rougir.
Ce n'est pas tous les jours qu'on peut se révéler à soi-même son courage.
Nous vivons dans un monde où des activités de plus en plus nombreuses et pressantes concurrencent toujours plus durement celle qui consiste à se préoccuper de la poésie, que ce soit dans les livres ou dans le rapport à soi.
La souffrance en soi est une absurdité, c'est seulement l'homme dans la souffrance qui peut prendre de la valeur ou se défaire.
Ne jamais parler de soi aux autres et leur parler toujours d'eux-mêmes : c'est tout l'art de plaire.
Ce qu'on désapprend des autres, on le réapprend aussitôt par soi-même et l'on n'a plus à se donner de mal pour le retenir : on le possède.
Autopsie : elle permet aux autres de découvrir ce qu'on n'a jamais pu voir en soi-même.
Les parents. Ils ont déjà pensé à tout. Pas moyen de réfléchir et de décider soi-même.
Le métier vient tout seul, malgré soi, avec l'exercice, et d'autant plus facilement qu'on pense à autre chose que le métier.
Aimer, c'est un jeu si subtil quand on se connaît à peine, soi-même...
Dire je est incomparablement plus modeste que dire nous. Cela devrait aller de soi.
A traîner son mal avec soi, on finit par ne plus savoir le guérir.
Pourquoi vouloir maîtriser ce que l'on fait malgré soi.
Vivre, ce n'est pas seulement faire pour soi, mais aussi ce que l'on fait pour les autres.
Mieux vaut mourir chez soi qu'ailleurs.
Peut-on être un père quand on n'a pas le sentiment d'en avoir eu vraiment un soi-même ?
Les ruptures ont ça de bon qu'on redevient soi-même.
La vision que l'on a de soi est toujours approximative : même si l'on a plus ou moins apprivoisé son physique, même si l'on veut bien se reconnaître quelques défauts et quelques qualités.
Si on n'était fidèle qu'à ceux qui le méritent, on ne le serait même pas à soi-même.
Les amitiés procurent autant de plaisir à ses amis qu'à soi-même.
Entrer en soi-même, c'est découvrir la subversion.
On ne possède pas les autre. On ne détient jamais le secret des autres avec soi.
Quand on se replie sur soi-même, on risque fort de ne plus voir où l'on va.
Ecrire : il le faut absolument pour sortir de soi-même.
L'ennui avec les interviews, c'est qu'il faut répondre du tac au tac à un journaliste tout ce qu'on n'a pas su se répondre à soi-même toute sa vie.
Tenter le mariage n'est pas grave en soi. Il y a de plus en plus de mariages à l'essai. Ce qui est plus grave, c'est qu'il n'existe pas encore de formule pour les "enfants à l'essai".
Ce qu'on aime dans un autre, c'est soi, c'est son plaisir, c'est le plaisir qu'on lui donne et qui est encore une forme du nôtre.
La meilleure anthologie est celle que l'on fait pour soi-même.
On s'irrite moins en fonction de l'offense reçue qu'en raison de l'idée qu'on s'est formée de soi.
On n'a pas le droit de garder pour soi un mot drôle. Il y a des mots mortels. Tant pis ! Les mots qui sont mortels font vivre du moins ceux qui les font.
Une certaine curiosité est une qualité d'homme aussi souveraine que fidélité à soi-même et disponibilité...
Quelque effort qu'on y mette, il est difficile de résister à soi-même.
Je suis maintenant tout à fait guéri de l'envie de chercher du plaisir dans la société, que ce soit à la campagne ou à la ville. Un homme sensé doit trouver une compagnie suffisante en soi-même.
Les hommes dont parle Matthieu n'étaient pas seulement des astronomes. Ils étaient des « savants », ils représentaient la dynamique de l'aller au-delà de soi, intrinsèque aux religions - une dynamique qui est recherche de la vérité, recherche du vrai Dieu et donc aussi une philosophie dans le sens originaire du mot.
Pour faire illusion aux autres, il faut être capable de se faire illusion à soi-même, et c'est un privilège qui n'est donné qu'au fanatisme et au génie, aux fous et aux poètes.
La plus grande victoire, c'est la victoire sur soi.
La connaissance de soi est le commencement de la méditation.
Peut-être la vie n'est-elle qu'une série d'expériences, inexplicables même pour soi ?
Le but d'entreprendre est là : changer le monde sans doute, mais déjà se changer soi, apprendre sur soi, de ses erreurs comme de ses bonnes décisions, de se réaliser à travers un projet qui fait sens et qui nous porte au quotidien.
Chacun est à soi-même le prochain.
La perfection totale de l'oeuvre qui est un tout, un univers en soi et qui vous fait écrier : "Il doit y avoir un Dieu ! C'est Dieu qui s'exprime par cette oeuvre !" C'est si totalement inexplicable, la perfection...
On se lasse de tout, de tous, même de soi-même. Non sans toutefois se plaindre de la brièveté de la vie.
Plus vous êtes engagé, plus vous perder votre conscience de soi.
Le sens de soi, et la façon dont on l'associe, est peut-être le cadeau le plus précieux et poétique dans l'arsenal de sa vie et de son métier.
Faire l'amour avec soi-même, c'est faire l'amour avec la vie.
C'est rassurant de ne plus dépendre de soi-même.
Lutter avec une personne qu'on a beaucoup aimé et qu'on aime toujours, c'est lutter avec soi-même.
On n'a pas d'autre maître que soi-même ; il faut que ce maître soit dur.
Il neige au fond de soi, comme un hiver inaccessible où le léger l'emporte sur le lourd. La neige est douce au fond de l'eau.
Pour une raison quelconque, tous les artistes ont des problèmes d'estime de soi.