En réalisant ses désirs, autrement dit en se réalisant soi-même, l'homme réalise l'absolu.
A vingt ans on ne doute de rien, surtout pas de soi-même !
Tout notre mal vient de ne pouvoir être seuls : de là le jeu, le luxe, la dissipation, le vin, les femmes, l'ignorance, la médisance, l'envie, l'oubli de soi-même et de Dieu.
Chacun a son Amérique à soi, et puis des morceaux d'une Amérique imaginaire qu'on croit être là mais qu'on ne voit pas.
Nous vivons dans un monde où des activités de plus en plus nombreuses et pressantes concurrencent toujours plus durement celle qui consiste à se préoccuper de la poésie, que ce soit dans les livres ou dans le rapport à soi.
On ne peut échapper au malheur et à la solitude qu'en sachant qu'il y a un homme plus malheureux et plus seul que soi.
Quand on fait quelque chose, on a contre soi, ceux qui voulaient le faire à votre place, ceux qui voulaient faire le contraire et ceux qui voulaient qu'on ne fasse rien du tout.
L'art, c'est de franchir une frontière pour aller à soi.
Les promesses de la soi-disant révolution du pluralisme et de la démocratie de Fidel Castro ont été et continuent d'être une fausse promesse et une trahison de tous les droits humains fondamentaux.
Il n'est, je le vois bien, si poltron sur la terre, Qui ne puisse trouver un plus poltron que soi.
Mener quelque chose ? C'est peut-être un but. Se mener soi-même paraît l'essentiel.
On s'oublie soi-même lorsqu'on s'endort. Et au réveil on se souvient de soi.
Le sens de soi, et la façon dont on l'associe, est peut-être le cadeau le plus précieux et poétique dans l'arsenal de sa vie et de son métier.
Ecrire, c'est penser contre soi.
Mourir : occasion posthume de faire parler de soi.
Lorsqu'on veut empêcher les horreurs d'une révolution, il faut la vouloir et la faire soi-même.
Les objectifs réalisables sont la première étape vers l'amélioration de soi.
Il en va toujours de même : chacun ne travaille que pour soi.
Tenter le mariage n'est pas grave en soi. Il y a de plus en plus de mariages à l'essai. Ce qui est plus grave, c'est qu'il n'existe pas encore de formule pour les "enfants à l'essai".
On ne se hait point soi-même ; mais on ne peut pas s'aimer.
Je suis maintenant tout à fait guéri de l'envie de chercher du plaisir dans la société, que ce soit à la campagne ou à la ville. Un homme sensé doit trouver une compagnie suffisante en soi-même.
Même si je ne suis qu'un prétendant à la sagesse, cela en soi est de la philosophie.
Etre heureux, c'est d'abord de jouir de soi-même.
C'est une chose cocasse que la vie - cette mystérieuse disposition d'une logique implacable dans un dessein futile. Le mieux que l'on puisse en espérer est une certaine connaissance de soi - qui vient trop tard - et une moisson de regrets inapaisables.
Comme nous le savons, le pardon de soi-même est le plus difficile de tous les pardons.
Est-il possible de détruire autrui sans détruire au moins une partie de soi ?
Dire je est incomparablement plus modeste que dire nous. Cela devrait aller de soi.
Mais la beauté de l'amour, c'est l'interpénétration de la vérité de l'autre en soi, de celle de soi en l'autre, c'est de trouver sa vérité à travers l'altérité.
Lire, c'est voir le monde par mille regards, c'est toucher l'autre dans son essentiel secret, c'est la réponse providentielle à ce grand défaut que l'on a tous de n'être que soi.
A force de changer de femme, on finit par changer soi-même !
On se fait rarement rire seul parce qu'on se surprend difficilement soi-même.
Il est bon quelquefois de s'aveugler soi-même. Et bien souvent l'erreur est le bonheur suprême.
La bonté des humains n'est qu'apparences. Derrière elles, on découvre le même vide que l'on sent en soi. Le froid d'une demeure vide. Où l'on ne peut vivre.
L'acteur qui étudie son rôle suppose un "soi" connu d'avance (qui n'existe pas).
Les amitiés procurent autant de plaisir à ses amis qu'à soi-même.
Pour faire illusion aux autres, il faut être capable de se faire illusion à soi-même, et c'est un privilège qui n'est donné qu'au fanatisme et au génie, aux fous et aux poètes.
Avant d'avoir abordé le monde, on est très exigeant. Pour soi-même et pour le monde.
On ne pardonne pas à un ami d'être l'envers de soi.
Il n'y a pas de répression de l'espoir ; à moins de l'étouffer soi-même.
Chacun de nous porte en soi, souvent ignorées, ses propres îles, refuges contre la bêtise, la laideur et la sourde contrainte d'un ordinaire non désiré.
Le devoir envers soi est le premier, le plus sacré ; c'est de lui que découlent les autres.
On n'est jamais aussi bien battu que par soi-même.
Le luxe des femmes est monté à de telles proportions, qu'il faut être bien riche pour en avoir une à soi. Il n'y a plus moyen que d'aimer les femmes des autres.
La torture des autres est peu auprès de celle qu'on subit soi-même.
C'est parfois sur le plus faible que soi qu'on doit prendre appui pour aller plus loin.
Ce qu'on aime dans un autre, c'est soi, c'est son plaisir, c'est le plaisir qu'on lui donne et qui est encore une forme du nôtre.
Il est plus aisé d'être sage pour les autres que pour soi-même.
Il neige au fond de soi, comme un hiver inaccessible où le léger l'emporte sur le lourd. La neige est douce au fond de l'eau.
On n'a pas le droit de garder pour soi un mot drôle. Il y a des mots mortels. Tant pis ! Les mots qui sont mortels font vivre du moins ceux qui les font.
La connaissance de soi est le commencement de la méditation.