Vivre un échec est pire que lutter.
Un Canadien français, c'est un type qui donne son coeur à la France, son argent à l'Angleterre, son sang à la Croix-Rouge... et son vote à tort et à travers.
C'est là ce qu'on appelle l'âge mûr de l'homme : vivre des provisions amassées en route.
Comme il y a des fièvres qui viennent et partent au rythme du voyage, il y a des paroles et des pensées qui jugent et condamnent au rythme de la vie.
C'est cela une honnête femme : une dinde qui marche, fascinée par l'idée qu'elle se fait de son honneur.
La pub nous traque, nous matraque, nous a à l'usure, finit toujours par obtenir qu'on lui dise "oui" juste pour avoir la paix.
Le croyant ne peut concevoir d'autre paix que la sienne puisqu'elle donne un sens à toutes choses. La foi résout tout pour qui la possède.
Rares sont les hommes qui additionnent les bonheurs. C'est à peine s'ils peuvent s'approcher d'une femme à la fois.
Inconsciemment, tous ensemble, nous avons mis des siècles à inventer l'irresponsabilité.
On a beau ne pas être superstitieux, on craint toujours les malédictions des gens.
Chaque fois que j'atteins le fond du désespoir, je commence à sourire.
Si le Christ avait pu prévoir ce qu'on lui ferait dire après son départ, il n'aurait jamais osé parler en paraboles.
Les hommes meurent, tout le temps ; ils sont fatigants. Les livres ne meurent jamais.
On ne réalise jamais ses rêves les plus profonds. Au mieux on, on ne fait que les effleurer, sans doute pour que cela devienne plus amer au fond de soi.
En grandissant, un enfant s'use.
Les femmes jouent souvent en dehors du foyer un rôle utile. Toutefois, il ne faudrait pas, que sous prétexte d'une égalité d'ailleurs chimérique et contre nature, elles s'immiscent partout à la place des hommes.
Le côté honteux de l'écriture c'est lorsque le succès ne vient pas la couronner. Le succès n'est rien que la permission de continuer.
On essaie en vain de rattraper sa vie. Le passé, présence hallucinante qui fut quand on veut la rejoindre.
Les plaisirs s'épuisent à mesure qu'on les vit, et ils renaissent autrement sous une forme dont on n'aurait jamais pu soupçonner la douceur non plus que la richesse.
Fanatique - Héros qui, pour le triomphe de ses préjugés, est prêt à faire le sacrifice de votre vie.
Le pouvoir confère une certaine assurance.
Chacun de nous n'est-il pas le gardien vigilant de sa propre tristesse ?
Créer, n'est-ce pas singer l'oeuvre de Dieu ?
Ce qui est sans partage dans sa vie ne laisse pas de quoi se ressouvenir.
Les plus grands jeux inventés par l'homme simulent la vie et la mort à s'y méprendre.
Ne fais jamais de dettes ni pitié. Mais envie.
Les hommes ne se donnent la peine de se faire beaux que lorsqu'ils vont mourir. Comme s'ils voulaient être encore plus regrettés...
La mort ne vient qu'à l'heure choisie par l'âme.
Ce n'est pas l'expérience qui compte, c'est le mensonge bien organisé.
L'ego est un monstre fascinant.
Qu'est ce que je veux au juste, la connaissance ou la liberté ? L'une est-elle possible sans l'autre ?
Les hommes ont d'étranges pudeurs, quand il s'agit de leurs affaires de coeur. Ils ne disent rien et s'étonnent ensuite de n'être pas compris.
Le signe qu'on vieillit, c'est quand on a de plus en plus besoin de la confiance des autres.
Il en faut pas en demander beaucoup à ceux qui sont fascinés par le lustre de leurs souliers.
Comment n'êtes-vous pas révolté par la douleur humaine ? Cette sorte de placidité serait-elle la sagesse ?
Entre gens de même sincérité, point besoin de serments. Il suffit d'une phrase fermement dite.
Si c'est bon c'est merveilleux, si c'est mauvais c'est de l'expérience.
La beauté même, et la perception qu'on en a, est source de mélancolie.
Une grande douleur, un grand amour, s'effacent-ils vraiment ?
Il faudrait être sot pour croire que l'on meurt à cause d'une déficience qui nous est personnelle, ce sont les autres qui nous tuent par leur entêtement à vivre...
C'est quand on est jeune qu'on doit en profiter pour faire les choses sans penser. Après on passe son temps à penser aux choses qu'on n'a pas pu faire.
Il est facile de supprimer de soi l'espoir et l'ambition. Ceci accompli, on supprime la peur qui est sûrement la raison essentielle du combat de l'homme dans sa vie de tous les jours.
Heureux le touriste qui a tout vu avant l'arrivée des touristes !
La vie peut être plaisante. Il suffit de s'en donner la peine !
Ce n'est que rétrospectivement que la vie paraît douce. Elle ne nous semble vivable que lorsque le moment présent est supportable.
Pour connaître la paix, il faut un enthousiasme à toute épreuve, ne rien comprendre de ce qui se produit autour de soi...
Ce qui compte c'est d'être vivant et le savoir.
Le monde conserve encore assez de beauté pour en garder l'espérance.
Les chemins qui vont droit devant soi s'escaladent.
Ce qu'il y a de plus pénible dans l'écriture : la sécheresse, l'intervalle entre deux livres, comme un hiatus dans sa propre durée intérieure. On se croirait en suspens.