Vivre, quelle souffrance, et quelle souffrance sans partage !
Il est étonnant comme le temps passe vite quand on ne fait rien. Pourvu qu'on ne soit pas libre. Je veux dire pourvu qu'un "devoir" vous force à rester en place. Autrement, ça ne tient plus.
Tromper une amitié en partant avec la caisse c'est aussi pire que de tromper une liaison !
On ne fuit jamais assez loin et on ne se fuit jamais assez longtemps ! Car toujours vous rejoint l'inadmissible.
Un génie qui boit trop est un ivrogne.
Si tu veux connaître l'essence d'une civilisation ou d'une époque, vois comment on y assassine son prochain.
Il y a un espoir souverain dans les yeux des jeunes filles.
De tous les attributs, la beauté est la plus sûre inspiratrice de l'amour.
Partir un peu, c'est mourir moins vite.
La morale n'entend que le langage des faits.
Les adeptes du calumet (sans doute parce qu'ils marmonnent) disent des choses plus sensées, plus profonds que la moyenne des gens.
Le renoncement est admirable, encore faut-il connaître ce à quoi on renonce.
D'une manière générale, l'humain éprouve peu de plus vifs plaisirs que celui d'apprendre une nouvelle à quelqu'un.
Toutes les routes sont bonnes pourvu qu'on les suive jusqu'au bout.
Je regarde en arrière, et j'ai quelques films, et je suis heureux.
Il n'y a pas de création sans épreuve...
Après l'enfance, en même temps qu'on prend possession de la vie, elle nous quitte...
Tout désir, même celui de parler, est un désir de vivre.
Tu n'as qu'une vie, emploie-la à rendre légère celle de tes voisins.
La colle en tube, ça colle tout, excepté les bouchons de tube.
L'amour trouve trop difficile de pardonner le moindre manquement à l'amour.
Refuser d'aimer, c'est déjà aimer dans une certaine mesure.
Si ténus et si vagues que soient nos rapports avec autrui, on réalise par la suite l'erreur qui nous ferme une porte.
C'est justement ça, vivre, c'est avoir des problèmes et les résoudre...
Chaque page d'un livre est une ville. Chaque ligne est une rue. Chaque mot est une demeure.
Si tous les gens qui s'aiment se mariaient, ça ferait du beau ! Tous ces divorces en perspective. Et toute une morale à refaire. L'Eglise n'y tiendrait plus.
Il n'est nul besoin d'apparence pour aimer. C'est une foi qui accepte de ne pas interroger.
Nous avons parfois le devoir d'être heureux.
C'est trop beau, le bonheur, pour que cela puisse se prolonger au-delà de quelques moments privilégiés.
Un livre est un monde, un monde fait, un monde avec un commencement et une fin.
Toute vanité souffre de la désaffection amoureuse dans la mesure même où on l'a flattée
Quand je rêve de toi, je me console de toi en te préférant à toi, en te reprenant comme tu étais aux premiers temps, chaude et frissonnante, triomphante et perdue.
La création sert à masquer le réel bien plus qu'elle ne le change.
L'homme pense pour retenir la pensée qui d'elle-même se dissout.
En se plaignant du peu qu'on a on ne l'augmente pas. On se le gâte, on le perd.
Le temps est démesuré quand on est petit et qu'on attend.
Les yeux des femmes posent toujours la même question : est-ce qu'on me désire ?
Que doit penser Dieu des bigots qui pensent savoir ce qu'Il pense ?
L'amour n'est-il pas le dieu du temps perdu ?
Jamais on n'échappe à la réalité tant qu'on est lucide.
Le chanteur aveugle s'imagine que tout le monde est sourd.
Nous voulons tellement manquer de temps qu'il est devenu ringard de laisser paraître qu'on en a.
Les hommes ne parleraient pas tant du ciel, si ce port fantôme les attendait vraiment au terme de leur odyssée. Le ciel n'a de réalité que celle de notre mal qui l'appelle.
En soi les buts de l'écrivain sont louables, mais il faut avoir du génie pour les réaliser et ça c'est quelque chose d'immatériel que Dieu seul peut donner selon son bon plaisir.
Quand les problèmes arrivent, c'est votre famille qui vous soutient.
La bonté des humains n'est qu'apparences. Derrière elles, on découvre le même vide que l'on sent en soi. Le froid d'une demeure vide. Où l'on ne peut vivre.
La peine de ma vie c'est d'en avoir fait.
Les âmes sont ainsi. Elles se vendraient pour posséder un corps mais n'ont rien de plus urgent à faire que de quitter à la moindre défaillance celui qui leur a donné asile et nourriture.
Ce n'était qu'un minute à passer. Elle est passée. Vous en vivez une autre qui passe déjà. N'est-ce pas simple ? S'abandonner à la minute, celle qu'on vit, sans s'effrayer de celle qui vient ?
Il est plus aisé, et éminemment plus scientifique, de traquer le passé que d'esquisser l'avenir.