Les Sceptiques sont un caillou dans la chaussure de l'humanité en marche vers la crédulité.
Une générosité qui s'alimente d'ambition engendre la vigilance.
Si la vérité fait mal, alors vivons dans la douleur plutôt que dans les chimères.
Il est tellement difficile de vivre avec l'être de son choix. Le temps use nos sentiments les plus aigus.
Ecrire un roman, c'est savoir que chaque mot fait aussi partie d'un immense trésor.
La peine, ça se vit seul.
Si la société parfaite ne peut s'établir sans sacrifier la raison d'être de l'homme, sa solitude, c'est que la perfection est l'ennemie de l'homme.
Les parents ne devraient jamais se réjouir d'avoir des enfants trop sages. Ce n'est jamais qu'une façon de déserter.
Le sport est bien affaire de frissons.
On ne fraye jamais avec un homme célèbre, une personnalité comme ils disent, sans être tenté d'en profiter un peu.
Il y a toujours une disproportion immense entre le désir et son objet. L'illusion nous porte à trop demander à la vie.
Juger la vie n'est pas la refuser, c'est au contraire l'accepter en plénitude.
La souffrance d'autrui, même lorsqu'on connaît la cause, est une porte verrouillée de l'intérieur contre laquelle on ne peut que frapper discrètement pour que l'autre sache qu'il n'est pas seul.
Nous ne tenons jamais la vie : c'est elle qui nous tient ; nous ne la quittons pas : c'est elle qui nous lâche.
La religion, comme l'art, est par-dessus tout un culte désintéressé.
Il faut faire partie d'un groupe. Seul, vous ne valez rien. Que vous apparteniez, cela vous grandit et rassure en même temps ceux qui, loin, ne peuvent aller vérifier votre qualité.
Je suis le genre de personne qui aime toujours faire quelque chose.
La grandeur comme la gloire n'est qu'un complexe, une illusion de l'esprit.
La volonté de Dieu est dans les événements.
Aucun héritage n'est beau Mais n'est-ce pas survivre un peu ? Non, c'est mourir davantage.
Nous sommes plusieurs, et même plus, à chérir le temps d'avant l'angoisse, d'avant le danger qui surgit partout, à aimer avoir été petits.
Le grand espace éloigne les êtres. On ne vit une intimité complète que dans le cercle restreint d'un lieu aimé.
Ceux qui pratiquent ouvertement la cruauté se vengent souvent des malheureuses conditions de leur existence.
On ne naît pas en naissant. On naît quelques années plus tard, quand on prend conscience d'être.
La richesse, le confort et, accessoirement, l'ineptie d'une nation se mesurent aux sujets de préoccupation de ses élites.
Le critique a toujours le mérite imbécile de se prendre au sérieux. Il n'a d'ailleurs souvent que celui-là.
Jamais la mort ne sera aussi belle que la vie que l'on a perdue !
Il ne faut pas avoir de patience, même de celle dont on s'arme. Patience n'est qu'un habit de lenteur.
Le riche ne parle jamais d'argent. Celui qui en est privé en parle constamment.
Un coq a beau gratter, ça ne donne rien si la poule ne ramasse pas.
Un homme seul ne peut rien, il lui faut l'appui de ses semblables pour arriver là où il doit aller.
Je trouve mes seules vraies joies dans la solitude. Ma solitude est mon palais. C'est là que j'ai ma chaise, ma table, mon lit, mon vent et mon soleil. Quand je suis en exil, je suis assise en pays trompeur.
Pourquoi faut-il donc ériger des barrières face à l'explosion de nos sentiments ; pourquoi l'être aimé ne pourrait-il pas lire en nous comme dans un livre ouvert les pensées nobles et généreuses qui nous animent ?
Il faut avoir peu d'ambition et encore moins d'idéal pour se sentir à l'aise dans l'enseignement.
Tout est immortel et rien ne sera oublié de ce qui fut.
Que sait-on de l'être humain si on ne le replace pas dans son éternité, bien sûr, mais aussi dans son histoire, dans sa vie quotidienne, dans ce qui se passe ?
Pour se faire excuser ses bassesses, ou pour les justifier, l'homme a besoin de savoir qu'il y a pire que lui.
L'homme asservit tout ce qu'il touche, la nature, ses semblables, et davantage encore celui qu'il accable de son amour, homme ou femme.
Nous restons bien davantage le produit de notre éducation ou de notre milieu que nous ne devenons l'être de nos désirs...
Le sens de l'émerveillement est un gage de bonheur car la vie, pour peu qu'on sache lui forcer la main, ne refuse jamais à l'homme les occasions de s'émerveiller.
Pour juger quelqu'un comme un génie il faut l'être un brin soi-même.
Les parents ont une si pauvre psychologie de l'amour qu'on aurait le droit de croire qu'ils ont tous fait des mariages de raison.
Ce qu'accomplissent les romanciers qui ont du génie consiste grosso modo à servir aux lecteurs ce qu'ils désiraient sans oser se l'avouer.
Intégrer, cela veut dire absorber en soi un peuple jusqu'à ce que rien ne subsiste de lui qu'un souvenir et les mensonges odieux des manuels d'histoire.
Tout le monde est à la recherche d'un père. Pour l'adorer ou pour le tuer.
L'amour a ce don particulier de transformer notre univers en béatitudes, et nous croyons, à ce moment-là, posséder toutes les aptitudes du monde au bonheur.
L'ironie : cette étincelle d'intelligence dont l'humain se réclama jadis pour s'autoriser à non plus seulement craindre Dieu mais aussi à lui sourire en coin.
On ne fait pas son bonheur avec la place que l'on occupe, mais avec son caractère.
Où la passion rôde, la compétition guette. Ou serait-ce l'inverse ?
Penser, aimer ! Puis agir suivant sa pensée et suivant son amour. Toute la vie est là.