L'être stoïque sait que la vie moderne n'est qu'une série de moments pendant lesquels on attend de passer à la caisse.
Le sport, activité noble qui, à l'instar du rire, de la philatélie, de la cuisine au bain-marie et du cybersexe, permet à l'humain de dépasser son animalité.
Le riche ne parle jamais d'argent. Celui qui en est privé en parle constamment.
Ceux qui pratiquent ouvertement la cruauté se vengent souvent des malheureuses conditions de leur existence.
Pour se faire excuser ses bassesses, ou pour les justifier, l'homme a besoin de savoir qu'il y a pire que lui.
Le raffinement vient à certains en même temps que l'argent.
Le soliloque a ceci de beau que vous ne mentez qu'à vous-mêmes.
Il faut savoir se satisfaire de l'accessoire parfois.
La mort, c'est personnel. Tout le monde meurt, mais les détails sont personnels. Au fond, c'est une question de détails.
L'ironie : cette étincelle d'intelligence dont l'humain se réclama jadis pour s'autoriser à non plus seulement craindre Dieu mais aussi à lui sourire en coin.
Une générosité qui s'alimente d'ambition engendre la vigilance.
Tout est immortel et rien ne sera oublié de ce qui fut.
Que sait-on de l'être humain si on ne le replace pas dans son éternité, bien sûr, mais aussi dans son histoire, dans sa vie quotidienne, dans ce qui se passe ?
Penser, aimer ! Puis agir suivant sa pensée et suivant son amour. Toute la vie est là.
L'argent ça achète tout sauf le vernis.
La richesse, le confort et, accessoirement, l'ineptie d'une nation se mesurent aux sujets de préoccupation de ses élites.
L'homme asservit tout ce qu'il touche, la nature, ses semblables, et davantage encore celui qu'il accable de son amour, homme ou femme.
L'un des grands avantages de vieillir est de se sentir de moins en moins coupable.
Ce qu'accomplissent les romanciers qui ont du génie consiste grosso modo à servir aux lecteurs ce qu'ils désiraient sans oser se l'avouer.
Si le battement d'aile d'un papillon peut déclencher un ouragan à l'autre bout de la planète, il vaudrait mieux se retenir et ne plus jamais éternuer.
L'amour est l'axe du monde, tout doit être en fonction de ce sentiment, celui-là même qui a poussé Dieu à créer l'univers.
Les artistes créateurs ne peuvent vraiment pas être aimés. Ils sont trop hauts, trop inaccessibles. Ils sont condamnés à la solitude.
Un homme seul ne peut rien, il lui faut l'appui de ses semblables pour arriver là où il doit aller.
Les assurances sont un exemple de service conçu pour faire le plus souvent possible le contraire de ce pour quoi il est conçu, à savoir dédommager.
Pour juger quelqu'un comme un génie il faut l'être un brin soi-même.
A quoi serviraient les expériences sans la perspective de les répéter ? La vie, au fond, est un nombre infini de variations sur un même thème.
On ne trompe pas l'impuissance : c'est elle qui ment en tendant une main incapable de recevoir.
Ne pas comprendre la langue du seul ami que l'on possède, ça fait peur.
Le cinéma est pour moi un art tridimensionnel. Avec ma caméra, j'ai le sentiment de sculpter l'espace.
On est responsable de l'époque où on vit, de la situation où on est. J'ai toujours cru qu'un intellectuel doit intervenir dans la société.
Les parents ont une si pauvre psychologie de l'amour qu'on aurait le droit de croire qu'ils ont tous fait des mariages de raison.
L'art est un leurre, la science est la base même et la condition sine qua non des progrès que notre société doit réaliser.
Le calme qui évoque la paix dans la nature, fait toujours présager, dans l'entourage des humains, quelque sinistre catastrophe, comme si leur état normal était l'agitation, le bruit et la fureur.
Il n'y a pas vraiment de littérature sans suggestion, sans sous-entendu.
Le mal est un art à ne pas mettre entre toutes les mains. Trop d'amateurs encombrent la carrière...
Au fond, tout le mystère de la poésie est d'être attentif au monde.
Le travail, c'est une belle invention, parce que tout le monde croit que c'est sacré.
Ecrire est un grand amour. L'amour est le cycle de la parole.
Il y a une avarice de la sympathie : on l'accorde de préférence à ceux qui la recherchent plutôt qu'à ceux qui la méritent.
La personne qui achète un billet de loterie le lundi en vue d'un tirage le vendredi a deux fois plus de «chances» de mourir avant le tirage que de gagner le gros lot.
Nous restons bien davantage le produit de notre éducation ou de notre milieu que nous ne devenons l'être de nos désirs...
L'amour a quelque chose de sinistre et de désespérant. Plus on aime, plus on devient injuste, quelle étrange loi !
La vie ne vaut pas la peine d'être vécue ailleurs.
Est-ce qu'il n'y a pas un danger de placer le plus important de sa vie après la mort ?
On croit que la solitude est la meilleure façon de se connaître, c'est une erreur que la vie se charge, tôt ou tard de réfuter.
Remords. C'est une blessure qui ne guérit pas, un châtiment qui n'en finit jamais.
Et si le bonheur n'existe pas ? C'est que le malheur non plus n'existe pas. Et cela est un bonheur qui en vaut bien d'autres.
J'aime mon métier autant que je le déteste.
Le talent ne suffit pas, il faut lui annexer le temps et l'argent.
Un amant trop généreux ouvre la voie à trop grande liberté.