Est-ce qu'il n'y a pas un danger de placer le plus important de sa vie après la mort ?
Que sait-on de l'être humain si on ne le replace pas dans son éternité, bien sûr, mais aussi dans son histoire, dans sa vie quotidienne, dans ce qui se passe ?
Aucun héritage n'est beau Mais n'est-ce pas survivre un peu ? Non, c'est mourir davantage.
Pour être malheureux, il faut savoir pourquoi il faut avoir assez de lucidité pour comprendre.
Le travail, c'est une belle invention, parce que tout le monde croit que c'est sacré.
L'homme ? Un magicien parfois, mais combien mesquin son pouvoir, petites ses réalisations.
On ne fraye jamais avec un homme célèbre, une personnalité comme ils disent, sans être tenté d'en profiter un peu.
Ecrire un roman, c'est savoir que chaque mot fait aussi partie d'un immense trésor.
Les parents ont une si pauvre psychologie de l'amour qu'on aurait le droit de croire qu'ils ont tous fait des mariages de raison.
Quand donc apprendrez-vous à mieux connaître l'avidité des hommes et à ne pas tomber dans le piège de la pitié ?
Si la société parfaite ne peut s'établir sans sacrifier la raison d'être de l'homme, sa solitude, c'est que la perfection est l'ennemie de l'homme.
La religion, comme l'art, est par-dessus tout un culte désintéressé.
Dans certains états d'âme, la beauté torture, et toute souffrance, même lumineuse, devient intolérable.
Dieu s'est fait homme : c'est là l'étalon de la perfection. La femme n'est qu'un lieu raté qui se souvient des dieux...
Je suis le genre de personne qui aime toujours faire quelque chose.
Le sport est bien affaire de frissons.
La volonté de Dieu est dans les événements.
L'âge de raison, l'âge des choses. L'âge de la première douleur qui se voit elle-même.
Ce n'est pas le hasard d'une bataille qui décide qu'on est vainqueur ou battu, mais une obscure prédestination.
Version humaine de l'ubiquité : faculté de n'être nulle part au même instant.
L'amour est une lutte contre la partie de soi-même que l'on voit réfléchie dans l'autre.
La dernière fois est toujours une fois de trop.
Et si le bonheur n'existe pas ? C'est que le malheur non plus n'existe pas. Et cela est un bonheur qui en vaut bien d'autres.
C'est le lot de l'âge et de la sagesse que de ramener les désirs à un niveau de satisfaction possible.
Avoir peur c'est aimer. Donner peur c'est haïr.
Le riche ne parle jamais d'argent. Celui qui en est privé en parle constamment.
Le raffinement vient à certains en même temps que l'argent.
Les parents ne devraient jamais se réjouir d'avoir des enfants trop sages. Ce n'est jamais qu'une façon de déserter.
Les Sceptiques sont un caillou dans la chaussure de l'humanité en marche vers la crédulité.
Intégrer, cela veut dire absorber en soi un peuple jusqu'à ce que rien ne subsiste de lui qu'un souvenir et les mensonges odieux des manuels d'histoire.
L'être stoïque sait que la vie moderne n'est qu'une série de moments pendant lesquels on attend de passer à la caisse.
Si l'on veut qu'une chose soit vite connue, il faut l'entourer de mystère et prier ceux qui la connaissent de n'en jamais parler.
Il faut apprendre à oublier. Sans ça, l'existence devient impossible.
Quand on aime la vie, c'est alors qu'elle même nous aime le plus, comme par un prodige d'entente.
L'amour est l'axe du monde, tout doit être en fonction de ce sentiment, celui-là même qui a poussé Dieu à créer l'univers.
Il y a des mots si opulents qu'ils vous délivrent par leur seul pouvoir.
Les technocrates ne vont guère au-delà du présent. Ils manquent de vision pour apprécier le passé et d'imagination pour voir l'avenir.
Les gens qu'on aime ne changent pas.
Juger la vie n'est pas la refuser, c'est au contraire l'accepter en plénitude.
Penser, aimer ! Puis agir suivant sa pensée et suivant son amour. Toute la vie est là.
Pourquoi faut-il donc ériger des barrières face à l'explosion de nos sentiments ; pourquoi l'être aimé ne pourrait-il pas lire en nous comme dans un livre ouvert les pensées nobles et généreuses qui nous animent ?
Si tous les parents choisissaient les noms de leurs enfants avec soin, le monde en serait changé. Un nom, c'est la moitié de la personnalité.
Le soliloque a ceci de beau que vous ne mentez qu'à vous-mêmes.
Remords. C'est une blessure qui ne guérit pas, un châtiment qui n'en finit jamais.
L'ironie : cette étincelle d'intelligence dont l'humain se réclama jadis pour s'autoriser à non plus seulement craindre Dieu mais aussi à lui sourire en coin.
Rendre leur mépris par la haine est encore une façon d'aimer ceux qui nous font du mal.
Le bonheur ? Le mot le plus répandu et pourtant le plus indéfinissable.
Lorsqu'on ne choisit pas, on ne peut aimer ni les choses ni les êtres. Au mieux peut-on les voir avec indifférence.
Il ne faut jamais se montrer trop empressé après une réconciliation.
L'un des grands avantages de vieillir est de se sentir de moins en moins coupable.