Le calme qui évoque la paix dans la nature, fait toujours présager, dans l'entourage des humains, quelque sinistre catastrophe, comme si leur état normal était l'agitation, le bruit et la fureur.
Gardez foi en vous-mêmes, et vous garderez foi en la littérature. Comme toute valeur, la littérature ne vit que de foi.
Il faut avoir peu d'ambition et encore moins d'idéal pour se sentir à l'aise dans l'enseignement.
La souffrance d'autrui, même lorsqu'on connaît la cause, est une porte verrouillée de l'intérieur contre laquelle on ne peut que frapper discrètement pour que l'autre sache qu'il n'est pas seul.
La religion, comme l'art, est par-dessus tout un culte désintéressé.
Pourquoi faut-il donc ériger des barrières face à l'explosion de nos sentiments ; pourquoi l'être aimé ne pourrait-il pas lire en nous comme dans un livre ouvert les pensées nobles et généreuses qui nous animent ?
Nos désirs nous cachent le visage même du mensonge que nous vivons.
On ne fraye jamais avec un homme célèbre, une personnalité comme ils disent, sans être tenté d'en profiter un peu.
L'être stoïque sait que la vie moderne n'est qu'une série de moments pendant lesquels on attend de passer à la caisse.
La supériorité ne s'impose pas ; elle s'exerce.
Penser, aimer ! Puis agir suivant sa pensée et suivant son amour. Toute la vie est là.
Le soliloque a ceci de beau que vous ne mentez qu'à vous-mêmes.
Le sport est bien affaire de frissons.
Les Sceptiques sont un caillou dans la chaussure de l'humanité en marche vers la crédulité.
Tout n'existe que par la foi ! La vie elle-même n'est rien, sinon ce qu'on la fait.
La mort, c'est personnel. Tout le monde meurt, mais les détails sont personnels. Au fond, c'est une question de détails.
Le raffinement vient à certains en même temps que l'argent.
L'amour est l'axe du monde, tout doit être en fonction de ce sentiment, celui-là même qui a poussé Dieu à créer l'univers.
Pour se faire excuser ses bassesses, ou pour les justifier, l'homme a besoin de savoir qu'il y a pire que lui.
L'un des grands avantages de vieillir est de se sentir de moins en moins coupable.
L'ironie : cette étincelle d'intelligence dont l'humain se réclama jadis pour s'autoriser à non plus seulement craindre Dieu mais aussi à lui sourire en coin.
L'homme asservit tout ce qu'il touche, la nature, ses semblables, et davantage encore celui qu'il accable de son amour, homme ou femme.
Au-delà de toute sainteté règne l'innocence astucieuse et cruelle des bêtes et des fous.
Ceux qui pratiquent ouvertement la cruauté se vengent souvent des malheureuses conditions de leur existence.
Le cinéma est pour moi un art tridimensionnel. Avec ma caméra, j'ai le sentiment de sculpter l'espace.
Il n'y a pas vraiment de littérature sans suggestion, sans sous-entendu.
Au fond, tout le mystère de la poésie est d'être attentif au monde.
La richesse, le confort et, accessoirement, l'ineptie d'une nation se mesurent aux sujets de préoccupation de ses élites.
Une générosité qui s'alimente d'ambition engendre la vigilance.
Que sait-on de l'être humain si on ne le replace pas dans son éternité, bien sûr, mais aussi dans son histoire, dans sa vie quotidienne, dans ce qui se passe ?
Les artistes créateurs ne peuvent vraiment pas être aimés. Ils sont trop hauts, trop inaccessibles. Ils sont condamnés à la solitude.
Un homme seul ne peut rien, il lui faut l'appui de ses semblables pour arriver là où il doit aller.
Les assurances sont un exemple de service conçu pour faire le plus souvent possible le contraire de ce pour quoi il est conçu, à savoir dédommager.
La personne qui achète un billet de loterie le lundi en vue d'un tirage le vendredi a deux fois plus de «chances» de mourir avant le tirage que de gagner le gros lot.
Est-ce qu'il n'y a pas un danger de placer le plus important de sa vie après la mort ?
Et si le bonheur n'existe pas ? C'est que le malheur non plus n'existe pas. Et cela est un bonheur qui en vaut bien d'autres.
Les jours passés sont un délaissement. Ils attendrissent.
Pour juger quelqu'un comme un génie il faut l'être un brin soi-même.
Ecrire est un grand amour. L'amour est le cycle de la parole.
Nous restons bien davantage le produit de notre éducation ou de notre milieu que nous ne devenons l'être de nos désirs...
Il y a une avarice de la sympathie : on l'accorde de préférence à ceux qui la recherchent plutôt qu'à ceux qui la méritent.
Le mal est un art à ne pas mettre entre toutes les mains. Trop d'amateurs encombrent la carrière...
Le talent ne suffit pas, il faut lui annexer le temps et l'argent.
La vie ne vaut pas la peine d'être vécue ailleurs.
Tout est immortel et rien ne sera oublié de ce qui fut.
Vouloir le bien, que ce soit dans l'amitié ou dans l'amour, est encore la première vérité du coeur.
Ce qu'accomplissent les romanciers qui ont du génie consiste grosso modo à servir aux lecteurs ce qu'ils désiraient sans oser se l'avouer.
L'argent ça achète tout sauf le vernis.
Les femmes font la conservation, de là vient leur intuition car elles expérimentent ainsi d'avance.
L'amour a quelque chose de sinistre et de désespérant. Plus on aime, plus on devient injuste, quelle étrange loi !