La jeunesse - tandis qu'on la traverse - c'est une éternité.
Toutes les lectures qu'on aime ne sont rien d'autre que des prétextes à projection.
Faculté merveilleuse de la vieillesse que de se fermer l'esprit à tout souvenir désagréable.
L'amour est l'activité la plus stimulante dans laquelle les humains s'impliquent. Vous savez, quand nous avons le sentiment que nous ne pouvons pas vivre sans amour. Cette vie a peu de sens sans l'amour.
C'est une suite de preuves dans la vie. On vit en se prouvant les décisions, en se prouvant les actes.
Il convient de se taire sur les choses importantes devant ceux qui ne sont point faits pour les entendre.
La véritable intensité, comme la beauté, n'est pensable que dans les parages de la mort.
Dans le fond, les habitants de la Grande-Bretagne devraient s'appeler les Grands-Bretons.
On s'engage souvent par manque de courage intellectuel. Prendre un parti, c'est démissionner du sien.
Pendant trois ans, mon mari n'a pas pu boire une gorgée d'eau.
On n'a jamais autant parlé, ne serait-ce que pour affirmer qu'on ne peut plus rien dire.
On assassine des gens, et la police ne se montre que quand tout est fini. Si c'est cela la civilisation, je vous demande un peu ce qu'est la barbarie.
L'oraison mène à tout, à condition de pouvoir en sortir indemne.
Les hommes qui se disent couverts d'amis me font peur, je crains toujours qu'ils ne veuillent ajouter mon nom à leur liste.
Nous ne sommes rien et c'est ce qui fait que nous sommes quelque chose.
Nos instincts, ceux qu'en nous-mêmes nous condamnons, ne sont vaincus que le jour où nous les avons épuisés par la satisfaction car à travers eux s'éteint aussi graduellement la cause qui les a fait naître.
Progrés : Distance de plus en plus brève entre les choses qui s'inventent et les mêmes qui s'éventent.
Dans un monde parfait, il n'y aurait pas de censure, car il n'y aurait pas de jugement.
L'incommunicabilité ? C'est pas qu'on ne communique pas assez. On communique trop et mal.
Peut-être y a-t-il deux sortes d'amour : celui qui attend et celui qui donne ?
N'abusons de rien, sauf de la modération.
Les romans ne renferment pas la vie, ils n'en racontent que la surface ridée, comme celle d'un lac.
L'erreur est humaine, même pour les machines.
Ce qu'il y a de tragique dans bien des philosophies, c'est qu'on n'admet pas de finir.
Le passé du monde n'est que poussière...
Coups de poing sur la table, roulement d'yeux, tapages de pieds, blasphèmes, sont les arguments de ceux qui n'en n'ont pas.
Dieu masque des choses beaucoup plus que les choses ne lui servent de masque.
L'analyse tue la vie.
Comme sa gamme est plus riche, le malheur nous attire plus que le bonheur.
Tout homme est rare et inimitable par ce que la vie a fait de lui ou lui d'elle ; sait-on comment tout cela se juxtapose, se mêle et se pénètre ?
Meurt-on pour rien ? Hélas !
L'amour est une guillotine où l'homme ne doit pas perdre la tête, s'il veut que la femme perde la sienne.
C'est capricieux le bonheur. Ça demande, exige beaucoup pour ce que ça donne.
Il n'y a pas de sots métiers. Mais que d'absurdes !
La parole, cette forme désuète de communication.
Je n'ai qu'un visage et je n'ai pas fait ce visage, mais j'ai le choix entre trente grimaces.
L'échec des autres réconforte toujours un peu.
L'austérité des gares, c'est comme une interdiction de voyager !
La gloire amène la folie jusqu'au génie.
Rien n'est petit dans l'amour.
L'avantage des restaurants, c'est qu'on peut toujours prétexter un rendez-vous important pour mettre fin à une rencontre ennuyeuse.
Un créateur n'a que faire de l'amour, sa tâche le requiert sans partage.
Y a-t-il donc vraiment, tel que le disent les fanatiques du destin réglé par les astres, une ordonnance préalable de tout ce que nous sommes et de tout ce que nous serons ?
Aimer c'est se choisir quelqu'un et se faire prendre par lui.
Les femmes, presque toutes, ont besoin de dire qu'elles aiment ou de se le faire accroire.
On est toujours le folklore de quelqu'un d'autre.
Quand on a de l'imagination, on jouit bien plus en esprit qu'en réalité.
Mourir. Cette innombrable transformation de soi.
L'histoire est un roman d'aventures, sanglant certes, mais toujours grand ouvert.
Les idiots ont autant de mérite à parler sans intelligence que les jolies et les beaux à vivre sans difformités.