Dans une musique, c'est l'ensemble mystérieux de l'intimité des mesures et du secret des notes qui attire et nous charme.
Nos désirs nous cachent le visage même du mensonge que nous vivons.
L'égalité a détruit le charme d'être grand. Tous les hommes ont voulu être grands ensemble, et dans ce nivellement universel, on nous a rapetissés.
Il y a des mots si opulents qu'ils vous délivrent par leur seul pouvoir.
On ne recommence jamais. Recommencer, ce n'est que croire au quotidien des choses, aussi bien dire à l'établissement définitif de soi-même dans sa propre médiocrité.
La vie est un labeur et il est heureux qu'il en soit ainsi. Travailler, créer avec amour, voilà qui est réaliser une partie du vieux rêve de l'humanité.
On reconnaît l'aristocrate à la pudeur, au respect qu'il a pour la pudeur d'autrui.
Ce qu'il faut à l'écrivain, comme au peintre, au musicien, c'est l'infini de la vie et l'errance...
La solitude est vraiment la mère de bien des choses. Elle peut même être la mère de l'amour.
Dire non sans donner la raison ! N'est-ce pas affirmer dans l'être ? Sa raison, c'est soi.
Il y a des prix qu'on reçoit, il y a ceux qu'on mérite.
L'argent reste encore la meilleure mesure du succès d'une entreprise, parce qu'il est l'indice de la réalisation d'un rêve.
L'homme ? Un magicien parfois, mais combien mesquin son pouvoir, petites ses réalisations.
Quand on a la passion de lire comment ne pas avoir en même temps la passion d'écrire ?
La volonté n'a rien à faire dans l'amour. On ne choisit pas celle qu'on aime.
Pour la plupart des gens, la lecture, c'est du temps perdu. Et, chose autrement grave, du temps perdu avec ennui.
Autrefois les fous, victimes de Dieu, souffraient de délire religieux. Aujourd'hui, victimes du bonheur obligatoire, ils souffrent de leur sexe.
Méfie-toi des choses qui sont tellement évidentes qu'elles ne laissent rien de plus à l'imagination.
On juge toute sa vie puis on comprend qu'il faut s'abstenir de juger.
Travail et amour, c'est deux roues énormes sur lesquelles roule le chariot du monde.
Tout éveil de l'esprit n'est qu'un retour à l'âge divin.
Mieux vaut profiter des expériences faites par d'autres que de les faire soi-même. Mieux vaut croire que voir.
La loi morale est collective comme les ordonnances policières ou civiles. Et comme pour toutes les lois collectives, l'interpréter c'est déjà l'enfreindre.
Pour être malheureux, il faut savoir pourquoi il faut avoir assez de lucidité pour comprendre.
Le soliloque a ceci de beau que vous ne mentez qu'à vous-mêmes.
Le sport, activité noble qui, à l'instar du rire, de la philatélie, de la cuisine au bain-marie et du cybersexe, permet à l'humain de dépasser son animalité.
On ne devient pas humble en prétendant l'être.
C'est tout autant un crime de tuer l'âme et la raison de vivre de quelqu'un que de lui tuer le corps.
Il ne faut jamais se montrer trop empressé après une réconciliation.
Ce serait donc ça le plaisir ? La tendresse et les muscles mêlés, ensemble, se liant et déliant ?
Nulle solitude n'est plus grande que celle, peuplée hier, qui s'offre aujourd'hui vidée de ses présences.
Entrer dans l'enseignement, c'est un peu comme entrer dans l'enfer. Il est difficile d'en sortir.
Les artistes créateurs ne peuvent vraiment pas être aimés. Ils sont trop hauts, trop inaccessibles. Ils sont condamnés à la solitude.
Rien n'est plus dangereux qu'un réformateur dont l'impiété apparente cache une violente émotivité religieuse.
La femme est un mot qui se forme à distance.
On est toujours un peu étranger dans la vie et très seul.
La supériorité ne s'impose pas ; elle s'exerce.
Il n'est pas de sourire plus pur que celui de l'enfant qui se jette dans les bras de sa mère ou de son père.
La facilité que nous possédons de nous abuser sur notre propre compte ne peut se corriger que par le dépit, la peine que nous éprouvons à chacune de nos déceptions.
Le bonheur et la chance vont de pair.
Le désir qu'on a des autres se mesure autant à l'admiration qu'ils nous montrent qu'à celle que nous leur vouons.
Gardez foi en vous-mêmes, et vous garderez foi en la littérature. Comme toute valeur, la littérature ne vit que de foi.
Lorsqu'on les vit, ce sont les instants les plus doux qui paraissent les plus longs. Le souvenir diminue leur durée.
L'amour en un dieu imaginaire varie selon la somme de nos satisfactions et insatisfactions comme un moulin à vent tournique ses ailes quand Dieu le veut.
L'être stoïque sait que la vie moderne n'est qu'une série de moments pendant lesquels on attend de passer à la caisse.
Ce n'est pas le hasard d'une bataille qui décide qu'on est vainqueur ou battu, mais une obscure prédestination.
L'homme doit prendre conscience de ses abîmes pour mieux les contourner.
On croit parfois que la vie change les êtres. Non, elle ne fait que les révéler.
La mort de ma mère, ça m'a détruit...
Il ne faut jamais dire que l'espoir est mort. Ça ne meurt pas, l'espoir.