Les quinquagénaires sont des impatients. Comme si l'approche de la vieillesse nous donnait des ailes. Des ailes qui ne procurent pas l'assurance de voler bien haut.
Etre nus, c'est ne plus rien se cacher, c'est ne même plus avoir besoin de mots car le corps parle de lui-même, dans cet ailleurs de l'enfance qui n'est plus que la simplicité quand elle sait s'habiter.
Exister sans témoins appréciables, c'est vivre à vide.
Il y a des jugements dans la vie qui jugent celui qui les prononce.
Notre coeur n'est pas brave. Un très long et très grand bonheur l'accable bien plus que le malheur.
On trouvera toujours quelqu'un pour nous mettre sous le nez nos erreurs de jeunesse.
On devrait avoir la sagesse de rejeter les idéologies qui ne procurent pas ipso facto félicité et allégresse.
Les gens qui n'écrivent pas ont sur l'écriture des idées toutes faites.
La femme que l'on a aimée résume-t-elle toute notre conception de l'amour ?
Le début de la sagesse : être, savoir, sans besoin de le crier.
Une fortune est plus à l'abri dans une tête que dans un sac.
Le meilleur moyen d'éviter la propagande, les mensonges, les faussetés, c'est de cesser de lire.
Si le Christ avait pu prévoir ce qu'on lui ferait dire après son départ, il n'aurait jamais osé parler en paraboles.
Les chemins qui vont droit devant soi s'escaladent.
C'est là ce qu'on appelle l'âge mûr de l'homme : vivre des provisions amassées en route.
Sans doute l'oeuvre naît-elle du tourment d'être homme ; mais encore faut-il à ce tourment l'illusion du moins de la durée...
Ce qui compte c'est d'être vivant et le savoir.
Seuls les chats ne baissent pas les yeux quand ils ont fait du mal.
L'ego est un monstre fascinant.
Tout passe, hormis ce que les hommes ont sauvé de l'oubli par le marbre ou par le parchemin !
Le triomphe accompli dénature continuellement nos véritables sources de joie.
Il arrive parfois qu'un homme ait besoin de rendre à sa femme toute liberté, parce qu'il a grand désir de reprendre la sienne.
Le ridicule ne s'exprime qu'au premier âge d'une passion.
N'exigez pas de votre enfant qu'il vous dise toujours la vérité : au mieux, vous en ferez un effronté.
Le signe qu'on vieillit, c'est quand on a de plus en plus besoin de la confiance des autres.
Les choses prennent la couleur de nos contrariétés.
La mort ne vient qu'à l'heure choisie par l'âme.
Quand on ne ressemble pas aux autres, on ne leur plaît pas.
C'est cela une honnête femme : une dinde qui marche, fascinée par l'idée qu'elle se fait de son honneur.
La vérité dépasse peut-être la fiction en cela qu'elle est infiniment plus décevante.
On cherche à se changer car on pense que c'est plus facile que de s'accepter.
La beauté même, et la perception qu'on en a, est source de mélancolie.
Pour apprendre à aimer, il faut avoir haï.
Ce qu'il y a de plus pénible dans l'écriture : la sécheresse, l'intervalle entre deux livres, comme un hiatus dans sa propre durée intérieure. On se croirait en suspens.
Il y a toujours quelqu'un à qui vous pouvez faire plaisir en mentant.
La pub nous traque, nous matraque, nous a à l'usure, finit toujours par obtenir qu'on lui dise "oui" juste pour avoir la paix.
C'est un crime que d'être névrosée, quand on y ajoute l'insolence.
Le monde conserve encore assez de beauté pour en garder l'espérance.
Entre gens de même sincérité, point besoin de serments. Il suffit d'une phrase fermement dite.
Un remède trop connu perd invariablement de son efficacité.
Ce n'est que rétrospectivement que la vie paraît douce. Elle ne nous semble vivable que lorsque le moment présent est supportable.
Les plaisirs s'épuisent à mesure qu'on les vit, et ils renaissent autrement sous une forme dont on n'aurait jamais pu soupçonner la douceur non plus que la richesse.
Qu'est-ce qui est le pire : mourir trop jeune, ou vivre trop vieux ?
Il y a des sentiments qu'on ne peut exprimer avec des mots.
Un indécis mou est un électeur qui n'est pas sûr de ne pas être décidé.
L'amour, ça ne se mesure pas. - Donc ça ne se compare pas.
Peut-on survivre à la passion ? Quelle question ! Il faut se demander si on peut s'achever soi-même sans elle.
Comment n'êtes-vous pas révolté par la douleur humaine ? Cette sorte de placidité serait-elle la sagesse ?
Si c'est bon c'est merveilleux, si c'est mauvais c'est de l'expérience.
Heureux le touriste qui a tout vu avant l'arrivée des touristes !