On a beau dire, le malheur, ça rapproche... Ça donne du poids aux êtres, aux choses...
Etre vieux c'est quand le passé envahit toute la place et qu'il ne reste plus d'espace à l'avenir. Etre vieux, c'est devenir une chose du passé dans un présent sans avenir...
Foule : immense théâtre ambulant où chacun désespère d'obtenir un rôle qui lui permette d'en sortir.
Un écrivain qui n'est pas libre, est-ce un écrivain ?
Après tout, c'est peut-être cela la sagesse : l'impossibilité d'imaginer.
Il n'est pas difficile de parler avec un être humain, d'embrasser un être humain, de se marier avec un être humain, de mettre au monde un être humain. Ce qui est difficile et seul intéressant, c'est d'avoir un être humain.
Il en est des bêtes comme des hommes, on ne peut pas en aimer plusieurs.
Les hommes aiment se ranger. L'autorité a des droits imprescriptibles, qui font partie de sa nature essentielle. Lorsqu'elle s'affirme, la force de sa personnalité est telle que tout homme ne peut que s'incliner.
Presque tous les humains, au fond, sont nos amis, pourvu qu'on leur laisse la chance, qu'on se remette entre leurs mains et qu'on leur laisse voir le moindre signe d'amitié.
Il n'y a pas de création sans épreuve...
Quand tu vas voir du divertissement et qu'il y a de l'obscénité, c'est de l'obscénité ; quand tu vas voir de l'obscénité et qu'il y a de l'obscénité, c'est du divertissement.
Nous, les Américains du Nord, nous avons un présent et un avenir, les Européens, eux, ont un passé. C'est une force.
Les mots ça fait vivre quand on n'a personne.
On tue les autres, tous, un petit peu. Sur terre, c'est ce qu'on fait ; on tue le coeur des autres...
Qu'est-ce que le monde deviendrait s'il pouvait un jour donner une réponse à toutes les questions qu'il se pose ? Aussi longtemps qu'il faudra chercher, la vie sera supportable...
Il faut savoir faire l'amour sans se laisser aller à aimer.
Comment oublier cette certitude d'être indispensable à tous, et cela sans orgueil !
Nous ne devrions, toute notre vie, que prendre du champ pour bien sauter dans l'éternité.
Personne ne niera que la vie est horrible, que c'est une suite d'angoisses sans fin. Il n'y a qu'une façon de passer à travers, c'est de ne pas y penser.
Un livre meurt quand le lecteur n'a pas à l'inventer à mesure qu'il le lit.
Nous sommes ainsi faits que nous ne possédons d'autres facteurs de continuité et de cohérence que les instincts de notre personnalité.
Il ne faut pas vouloir dévorer la vie.
Chaque page d'un livre est une ville. Chaque ligne est une rue. Chaque mot est une demeure.
L'amour n'est-il pas le dieu du temps perdu ?
L'enfer est en nous. Nous le portons au fond de nous-mêmes et nous le subissons chacun à notre manière.
La langue c'est notre vraie race, notre vraie patrie.
La vie n'est-elle pas un sauve-qui-peut ?
Chassez la contrariété, elle reviendra vous hanter à la une des journaux.
La pub peut tuer. C'est d'ailleurs l'un de ses objectifs : tuer le citoyen responsable, annihiler ses mécanismes de défense, le convaincre que le sens vient de l'objet, qu'il n'en a pas assez, qu'il n'en aura jamais assez.
La douleur est la monnaie de toute félicité.
Le dernier mot dans une affaire est toujours un chiffre.
La littérature mène à tout pourvu qu'on ne s'en serve pas.
Le seul paradis qu'on puisse espérer, c'est celui qu'on crée pour les autres...
Penses-tu qu'on peut vivre sans croire ? - Oui. A condition de vivre pour quelqu'un.
C'était mon rêve de jouer pour les Canadiens de Montréal - c'était l'équipe de mon père.
Espérer, c'est surtout douter.
A quoi sert l'artiste sinon à procurer du plaisir ?
Ce n'est pas de mourir qu'il faut craindre, mais de vieillir.
Si l'enfer existe, c'est une salle d'attente avec des magazines de l'année passée.
Si le philosophe n'est pas heureux, il n'est pas vraiment philosophe.
On ne sait jamais l'étendue du tort que l'on fait.
J'aurais aimé être moins disciplinée [...] Sortir, fumer un peu en me disant que ce n'est pas grave. Comme Adèle.
On ne peut pas réparer la chair qui a été blessée, on ne se console pas de l'absence de nos morts.
La peur n'a de fin que quand on l'assume.
C'est toujours ceux qu'on aime qui sont pris pour endurer les malheurs qu'on enferme et les défauts qu'on ne peut plus cacher.
Que doit penser Dieu des bigots qui pensent savoir ce qu'Il pense ?
Le jour où l'humanité sera libérée de ses complexes, quel ennui sur la terre !
Être intelligent et aller loin, c'est en gros être capable de faire les mêmes choses qu'un peu tout le monde, mais différemment.
Il n'y a que deux voies qui comptent : l'amour et la pensée.
La mort, un méchant quart d'heure à passer, et puis libre !