Poussée à bout la solitude n'est que la face voilée de la multitude.
Il faut toujours vouloir vivre parce que c'est beau aussi.
Combien faudra-t-il ajouter de siècles à ceux qui sont derrière nous pour ne plus avoir honte de nos sensations ?
Chaque homme, pour peu qu'il soit disert et qu'il aime les femmes, porte en lui ses mille et une nuits.
S'occuper de quelqu'un, c'est une ivresse. Mais ce n'est qu'une phase pour aller ailleurs.
Après l'enfance, en même temps qu'on prend possession de la vie, elle nous quitte...
Si tu veux connaître l'essence d'une civilisation ou d'une époque, vois comment on y assassine son prochain.
Rien de plus pathétique que le dérisoire.
Les souvenirs sont souvent aussi trompeurs que ceux et celles qui les nourrissent.
La misère rend ingénieux.
Le socialisme ! Quelle lubie ! La nature s'est chargée de régler son cas en prodiguant partout des inégalités.
On ne se résigne jamais. On décide de se taire, c'est tout.
En fait, la vie et la mort ne sont que la même personne.
A traîner son mal avec soi, on finit par ne plus savoir le guérir.
Il y a quelque chose d'humiliant à être homme et à ne pas lutter contre le malheur.
La pauvreté s'encombre rarement de principes et surtout de contingences.
La poésie a été inventée pour donner un visage honorable à la mort.
Que peut-il nous arriver de pire que d'être ce que nous sommes.
On dort les uns contre les autres. On vis les uns avec les autres. On se caresse, on se cajole, On se comprend, on se console, Mais au bout du compte, on se rend compte Qu'on est toujours tout seul au monde.
S'attaquer aux fumeurs est devenu le chic du chic de la rectitude politique. Cela s'appelle de l'opportunisme.
On n'est jamais ruiné quand on a bien à soi toute sa vie et tout son amour. Nous marcherions dans l'or que nous n'aurions aucun bonheur, si nous ne nous aimions pas.
Il en est des bêtes comme des hommes, on ne peut pas en aimer plusieurs.
L'amour ne sert jamais à transformer les autres. Il n'est que l'instrument de notre propre transformation.
Etre vieux c'est quand le passé envahit toute la place et qu'il ne reste plus d'espace à l'avenir. Etre vieux, c'est devenir une chose du passé dans un présent sans avenir...
On voudrait parfois que le monde et le temps s'arrêtent pour nous permettre de les rattraper.
Nous avons tous les moyens d'être prospères. Nous devons trouver l'équilibre entre notre richesse et nos besoins.
Se connaître, n'est-ce pas le but de la conversation ?
Combien de coeurs ont eu mal simplement parce qu'ils ne surent pas se rassasier de ce qui en aurait fait déborder d'autres.
On se croit rarement capable de mauvaises choses qu'on finit souvent par faire.
On ne feuillette pas le temps, c'est lui qui effeuille nos vies.
Toutes les routes sont bonnes pourvu qu'on les suive jusqu'au bout.
L'homme le plus sage n'est jamais suffisamment prévenu contre sa propre vanité.
C'est passionnant pour les gens de définir qui ils sont en relation avec ce que j'écris, que ce soit en l'aimant ou en le détestant.
Il n'y a pas de création sans épreuve...
Seule la marge d'erreur ou d'ignorance qui se glisse dans l'évaluation de deux individus l'un par l'autre détermine vraiment la marge d'absence qui s'établit entre eux.
Ceux qui prétendent vivre totalement au jour le jour sont de fieffés menteurs.
Un écrivain qui n'est pas libre, est-ce un écrivain ?
Plus un amour est grand plus il exige que rien d'essentiel ne lui soit sacrifié.
On a beau dire, le malheur, ça rapproche... Ça donne du poids aux êtres, aux choses...
C'était mon rêve de jouer pour les Canadiens de Montréal - c'était l'équipe de mon père.
L'enfer est en nous. Nous le portons au fond de nous-mêmes et nous le subissons chacun à notre manière.
Les femmes, très jeunes, savent beaucoup mieux que les hommes maîtriser leurs émotions et savent mieux deviner l'impossible et l'illusoire.
Comment oublier cette certitude d'être indispensable à tous, et cela sans orgueil !
A quoi sert l'artiste sinon à procurer du plaisir ?
La langue c'est notre vraie race, notre vraie patrie.
La vie se prête, ne se rend pas. Elle se perd comme un livre que l'on confie et que l'on ne revoit jamais.
Une maladie, un deuil, on en parle... mais un chagrin d'amour scelle les mots au bord des lèvres comme si une incompréhensible pudeur devait les retenir nous empêchant de les communiquer aux autres.
On tue les autres, tous, un petit peu. Sur terre, c'est ce qu'on fait ; on tue le coeur des autres...
Chassez la contrariété, elle reviendra vous hanter à la une des journaux.
Il n'est pas difficile de parler avec un être humain, d'embrasser un être humain, de se marier avec un être humain, de mettre au monde un être humain. Ce qui est difficile et seul intéressant, c'est d'avoir un être humain.