La femme est un mot qui se forme à distance.
Gardez foi en vous-mêmes, et vous garderez foi en la littérature. Comme toute valeur, la littérature ne vit que de foi.
Les jeunes gens n'ont souvent pas d'autres armes que leur silence et leurs mépris.
La souffrance d'autrui, même lorsqu'on connaît la cause, est une porte verrouillée de l'intérieur contre laquelle on ne peut que frapper discrètement pour que l'autre sache qu'il n'est pas seul.
La supériorité ne s'impose pas ; elle s'exerce.
Il y a une avarice de la sympathie : on l'accorde de préférence à ceux qui la recherchent plutôt qu'à ceux qui la méritent.
Rien n'est plus dangereux qu'un réformateur dont l'impiété apparente cache une violente émotivité religieuse.
Au royaume des petits caractères, les microscopes sont rois. Et nous vivons, condamnés à la myopie par la loi, dans une société de notes de bas de page.
Nous restons bien davantage le produit de notre éducation ou de notre milieu que nous ne devenons l'être de nos désirs...
Au fond, tout le mystère de la poésie est d'être attentif au monde.
La vie ne se passe pas sur la terre, mais dans ma tête.
Le père n'existe pas : c'est l'homme qui dépend de son enfant mais jamais le contraire.
Ceux qui pratiquent ouvertement la cruauté se vengent souvent des malheureuses conditions de leur existence.
Il y a des prix qu'on reçoit, il y a ceux qu'on mérite.
Noircir du papier et rapporter ce que font ou accomplissent les autres. Le métier de journaliste, c'est cela en somme.
Il y a des secrets qu'une femme ne peut confier qu'à une femme, des secrets de sensibilité.
On va toujours trop loin pour les gens qui vont nulle part
Nos désirs nous cachent le visage même du mensonge que nous vivons.
Les étudiants. Ils discourent sur tout mais n'ont d'idées sur rien. Ils sont vides comme des urnes et ils veulent donner à boire à tout le monde.
La huitième forme de suicide est celle qui consiste à vider sa vie de toute amitié.
Les artistes créateurs ne peuvent vraiment pas être aimés. Ils sont trop hauts, trop inaccessibles. Ils sont condamnés à la solitude.
En amour comme en autre chose, il faut se soumettre. La passion du coeur, c'est une chose que tu peux conduire mais que tu ne peux empêcher d'être, à certains moments.
Ce qu'accomplissent les romanciers qui ont du génie consiste grosso modo à servir aux lecteurs ce qu'ils désiraient sans oser se l'avouer.
Il n'y a pas d'événements heureux ou malheureux. Il y a des gestes plus ou moins beaux.
Pour juger quelqu'un comme un génie il faut l'être un brin soi-même.
L'homme asservit tout ce qu'il touche, la nature, ses semblables, et davantage encore celui qu'il accable de son amour, homme ou femme.
Il faut avoir peu d'ambition et encore moins d'idéal pour se sentir à l'aise dans l'enseignement.
Il y a toujours quelqu'un à qui vous pouvez faire plaisir en mentant.
Les gens de la terre : ils comprennent avec leur coeur et ils ont confiance en la nature humaine
On croit que la solitude est la meilleure façon de se connaître, c'est une erreur que la vie se charge, tôt ou tard de réfuter.
La force n'a aucun pouvoir contre le mensonge.
Il n'y a pas de patrie, dans le sens d'un endroit d'où on vient et où on était si bien. La patrie c'est le paradis perdu.
Les vrais secrets ne sont-ils pas ceux qui refusent qu'on les confie, quand même on voudrait s'en décharger.
Tout est immortel et rien ne sera oublié de ce qui fut.
Un amant trop généreux ouvre la voie à trop grande liberté.
Vouloir le bien, que ce soit dans l'amitié ou dans l'amour, est encore la première vérité du coeur.
L'amour a quelque chose de sinistre et de désespérant. Plus on aime, plus on devient injuste, quelle étrange loi !
Le ridicule ne s'exprime qu'au premier âge d'une passion.
Le mal est un art à ne pas mettre entre toutes les mains. Trop d'amateurs encombrent la carrière...
Une générosité qui s'alimente d'ambition engendre la vigilance.
Pour se faire excuser ses bassesses, ou pour les justifier, l'homme a besoin de savoir qu'il y a pire que lui.
Les jours passés sont un délaissement. Ils attendrissent.
La vie ne vaut pas la peine d'être vécue ailleurs.
On n'a pas trop d'une vie pour se comprendre. Le défaut, c'est de vouloir descendre en profondeur.
Il n'y a pas vraiment de littérature sans suggestion, sans sous-entendu.
A un pauvre il lui faut peu de chose pour que ce lui soit de l'extraordinaire.
On pleure infiniment plus en son coeur que dans les yeux ou sur les joues. Les larmes du dedans rongent. Les autres, paraît-il, soulagent plutôt qu'elles ne rongent.
On est responsable de l'époque où on vit, de la situation où on est. J'ai toujours cru qu'un intellectuel doit intervenir dans la société.
La richesse, le confort et, accessoirement, l'ineptie d'une nation se mesurent aux sujets de préoccupation de ses élites.
Et si c'est cela la vie : retrouver son enfance, alors, à ce moment-là, lorsque la vieillesse l'a rejointe un beau jour, la petite ronde doit être presque finie, la fête terminée.